‹ Physiologie du goût (volume 2)Chapitre 74 sur 179 · OBSERVATION GÉNÉRALE · texte numérisé non relu

OBSERVATION GÉNÉRALE

Pour qu'une éprouvette produise certainement son effet, il est nécessaire qu'elle soit comparativement en large proportion : l'expérience, fondée sur la connaissance du genre humain, nous a appris que la rareté la plus savoureuse perd son influence quand elle n'est pas en proportion exubérante, car le premier mouvement qu'elle imprime aux convives est justement arrêté par la crainte qu'ils peuvent avoir d'être mesquinement servis ou d'être, dans certaines positions, obligés de refuser par politesse : ce qui arrive souvent chez les avares fastueux.

J'ai eu plusieurs fois occasion de vérifier l'effet des

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éprouvettes gastronomiques ; j'en rapporte un exemple qui suffira.

J'assistais à un diner de gourmands, de la quatrième catégorie, où nous ne nous trouvions que deux profanes, mon ami... R... et moi.

Après un premier service de haute distinction, on servit entre autres choses un énorme coq vierge 2 de Barhezieux, truffé à tout rompre, et un gihraltar de foie gras de Strasbourg.

(Jette apparition produisit sur l'assemblée un effet marqué, mais difficile à décrii'e, à peu près comme le rire silencieux indiqué par Cooper, et je vis bien qu'il y avait lieu ù observation.

Effectivement toutes les conversations cessèrent par plénitude des cœurs ; toutes les attentions se fixèrent sur l'adresse des prosecteurs ; et quand les assiettes de distribution eurent passé, je vis se succéder tour à tour, sur toutes les physionomies, le feu du désir, l'extase de la jouissance, le repos parfait de la béatitude.

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