‹ Physiologie du goût (volume 3)Chapitre 50 sur 109 · SOS · texte numérisé non relu

SOS

Sur les rêve».

A diète n'a pas une moindre influence sur le sommeil et sur les rêves.

Celui qui a besoin de manger ne peut pas ' dormir; les angoisses de son estomac le tien- [^ nent dans un réveil douloureux , et si la faiblesse et l'épuisement le forcent à s'assoupir, ce sommeil est léger, inquiet et interrompu.

Celui qui , au contraire , a passé dans son repas les bornes de la discrétion , tombe immédiatement dans le sommeil absolu : s'il a rêvé, il ne lui reste aucun souvenir, parce que le fluide nerveux s'est croisé en tous sens dans les canaux sensitifs. Par la même raison son réveil est brusque : il revient avec peine à la vie sociale; et quand le sommeil est tout-à-fait dissipé, il se ressent encore longtemps des fatigues de la digestion.

On peut donc donner comme maxime générale , que le café repousse le sommeil. L'habitude affaiblit et fait même totalement disparaître cet inconvénient; mais il a infailliblement lieu chez tous les Européens , quand ils commencent à en prendre. Quelques aliments, au contredire, provoquent doucement le sommeil : tels $ont ceux où le lait domine, |a famille entière des laitues , la volajlle , le pourpier, la fleur d'oranger, et surtout la pomme de reinette, quand on la mange immédiatement avant de se coucher.

Suite.

97. — L'expérience, assise sur des millions d'observations , a appris que la diète détermine les rêves. En général, tous les aliments qui sont légèrement exoitants font

rêver : telles sont les viandes noires , les pigeons , le canard , le gibier, et surtout le lièvre.

On reconnaît encore cette propriété aux asperges , au céleri , aux truffes , aux sucreries parfumées , et particulièrement à la vanille.

Ce serait une grande erreur de croire quil faut bannir de nos tables les substances qui sont ainsi somnifères; car les rêves qui en résultent sont en général d'une nature agréable, légère, et prolongent notre existence, même pendant le temps où elle parait suspendue.

Il est des personnes pour qui le sommeil est une vie à part , une espèce de roman prolongé, c'est-à-dire que leurs songes ont une suite, qu'ils achèvent dans la seconde nuit celui qu'ils avaient commencé la veille , et voient en dormant certaines physionomies qu'ils reconnaissent pour les avoir déjà vues, et que cependant ils n'ont jamais rencontrées dans le monde réel.

WiémuUmt.

'homme qui a réfléchi sur son existence physique , et qui la conduit d'après les principes que nous développons, celui-là prépare avec sagacité son repos, son sommeil et ses rêves.

Il partage son travail de manière à ne jamais s'excéder ; il le rend plus léger en le variant avec discernement, et ralraîchit son atlilude par de courts intervalles de repos, qui le soulagent sans interrompre la continuité, qui est quelquefois un devoir.

Si , pendant le jour , un repos plus long lui est nécessaire, il ne s'y livre jamais que dans l'aUitude

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