‹ Physiologie du goût (volume 3)Chapitre 56 sur 109 · US · texte numérisé non relu

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" A maigreur n'est pas un grand désavantage pour ;lcs hommes ; ils n'en ont pas moins de vigueur , |:^ ol sont beaucoup plus dispos. Le père de la jeune cdame dont je viens de faire mention , quoique tout aussi maigre qu'elle , était assez fort pour |)rc ndre avec les dents une chaise pesante, et la en la faisant passer par-dessus sa tète. Mais elle est un malheur effroyable pour les femmes ; car pour elles la beauté est plus que la vie, et la beauté consiste surtout dans la rondeur des foimes et la courbure gracieuse des lignes. La toilette la plus recherchée, la couturière la plus sublime, ne peuvent masquer certaines absences , ni dissimuler certains angles ; et on dit assez communément que , à chaque épingle qu'elle ôte » une femme maigre , quelque belle qu'elle paraisse, perd quelque chose de ses charmes.

Q-j Avec les chétives il n'y a point de remède , ou plutôt il faut que la Faculté s'en mêle , et le régime peut êtrç si long que la guérison arrivera bien tard.

Mais pour les femmes qui sont nées maigres et qui ont l'estomac bon , nous ne voyons pas qu'elles puissent être plus difficiles à engraisser que les poulardes ; et s'il faut y mettre un peu plus de temps , c'est que les femmes ont l'estomac comparativement plus petit , et ne peuvent pas être soumises à un régime rigoureux et ponctuellement exécuté comme ces animaux dévoués.

Cette comparaison est la plus douce que j'aie pu trouver ; il m'en fallait une , et les dames la pardonneront , à cause des intentions louables dans lesquelles le chapitre est médité.

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