DE LA MAIGREUR. SS
Prédestlnailoii naiarelle.
Ta nature , variée dans ses œuvres , a des moules pour la maigreur comme pour l'obésité.
Les personnes destinées à être maigres sont construites dans un système allongé. Elles ont les mains et les pieds menus, les jambes grêles, la région du coccyx peu étoffée, les côtes apparentes, le nez aquilin, les yeux en amande , la bouche grande, le menton pointu et les cheveux bruns.
Tel est le type général : quelques parties du corps peuvent y échapper ; mais cela arrive rarement.
On voit quelquefois des personnes maigres qui mangent beaucoup. Toutes celles que j*ai pu interroger m* ont avoué qu elles digéraient mal, quelles... et voilà pourquoi elles restent dans le même état.
Les chétifs sont de tous les poils et de toutes les formes. On les distingue en ce qu'ils n'ont rien de saillant , ni dans les traits ni dans la tournure ; qu'ils ont les yeux morts , les lèvres pâles , et que la combinaison de leurs traits indique l'inénergic, la faiblesse, quelque chose qui ressemble à la souffrance. On pourrait presque dire d'eux qu'ils ont l'air de n'être pas finis , et que chez eux le flambeau de la vie n'est pas encore tout4*fait allumé.
BéfflMie IncriMMiiit.
ii5. -— Toute femme maigre désire engraisser : c'est un vœu que nous avons recueilli mille fois; c'est donc pour rendre un der« nier hommage à ce sexe tout-puissant que nous allons chercher à remplacer par des formes réelles ces appas de soie ou de coton qu'on voit exposés avec profusion dans les magasins de nouveautés , au grand scandale des sévères , qui passent tout effarouchés.
tt6 MÉDITATION XXIII.
et se détounient de ces chimères avec autant et plus de soin que si la réalité se présentait à leurs yeux.
Tout le secret pour acquérir de Tembonpoint consiste dans un régime convenable : il ne faut que manger et choisir ses aliments.
Avec ce régime , les prescriptions positives relativement au repos et au sommeil deviennent à peu près indifférentes, et on n'en arrive pas moins au but qu'on se propose. Car si vous ne faites pas d'exercice , cela vous disposera à engraisser ; si vous en faites vous engraisserez encore, car vous mangerez davantage; et quand l'appétit est savamment satisfait , non-seulement on répare , mais encore on acquiert quand on a besoin d'acquérir.
Si vous dormez beaucoup , le sommeil est incrassant ; si vous dormez peu, votre digestion ira plus vite, et vous mangerez davantage.
Il ne s'agit donc que d'indiquer la manière dont doivent toujours se nourrir ceux qui désirent arrondir leurs formes ; et cette tâche ne peut être difficile , après les divers principes que nous avons déjà établis.
Pour résoudre le problème, il faut présenter à l'estomac des aliments qui l'occupent sans le fatiguer, et aux puissances assimilatives des matériaux qu'elles puissent tourner en graisse.
Essayons de tracer la journée alimentaire d'un sylphe ou d'une sylphide à qui l'envie aura pris de se matérialiser.
Règle générale On mangera beaucoup de pain frais et fait dans la journée ; on se gardera bien d'en écarter la mie.
On prendra avant huit heures du matin , et au lit, s'il le fout, un potage au pain ou aux pâtes , pas trop copieux , afin qu'il passe vite , ou , si on veut , une tasse de bon chocolat.
A onze heures , on déjeûnera avec des œufs frais, brouillés ou sur le plat, des petits pâtés , des côtelettes, et ce qu'on voudra; l'essentiel est qu'il y ait des œufs. La tasse de cafô ne nuira pas.
L'heure du dtner aura été réglée de manière à ce que le déjeuait passé avant qu'on se mette à table ; car nous avons coutume de dire que quand l'ingestion d'un repas empiète sur la digestion du précédent , il y a malversation.
DE LA MAIGREUR. ni
Après le déjleuner » on fera un peu d'exercice : les hommes , si Tétai qu'ils ont embrassé le permet, car le devoir avant tout ; les dames iront au bois de Boulogne , aux Tuileries , chez leur couturière , chez leur marchande de modes , dans les magasins de nouveautés, et chez leurs amies, pour causer de ce qu'elles auront vu. Nous tenons pour certain qu'une pareille causerie est éminemment médicamenteuse , par le grand contentement qui l'accompagne.
A dîner, potage, viande et poisson à volonté ; mais on y joindra les mets au riz, les macaronis , les pâtisseries sucrées , les crèmes douces , les charlottes , etc.
Au dessert, les biscuits de Savoie, babas, et autres préparations qui réunissent les fécules, les œufs et le sucre.
Ce régime , quoique circonscrit en apparence , est cependant susceptible d'une grande variété ; il admet tout le règne animal ; et on aura grand soin de changer l'espèce, l'apprêt et î'assaisonnement des divers mets farineux dont on fera usage et qu'on relèvera par tous les moyens connus, afin de prévenir le dégoût, qui opposerait un obstacle invincible à toute amélioration ultérieure.
On boira de la bière par préférence, sinon des vins de Bordeaux ou du midi de la France.
On fuira les acides, excepté la salade, qui réjouit le cœur. On sucrera les fruits qui en sont susceptibles, on ne prendra pas de bains trop froids ; on tâchera de respirer de temps en temps l'air pur de la campagne ; on mangera beaucoup de raisin dans la saison ; on ne s'exténuera pas au bal à force de danser.
On se couchera vers onze heures dans les jours ordinaires, et pas plus tard qu'une heure du matin dans les extra.
En suivant ce régime avec exactitude et courage, on aura bientôt réparé les distractions de la nature ; la santé gagnera autant que la beauté; la volupté fera son profit de l'un et de l'autre, et des accents de reconnaissance retentiront agréablement à l'oreille du professeur.
On engraisse les moutons , les veaux , les bœufe , la volaille, les