‹ Physiologie du goût (volume 3)Chapitre 58 sur 109 · MÉDITATION XXIII. DE LA MAIGREUR · texte numérisé non relu

MÉDITATION XXIII. DE LA MAIGREUR

carpes, les écrevisses, les huîtres; d'où je déduis la maxime générale : Tout ce qui mange peut t' engraisser^ pourvu que les aliments soient bien et convenablement choisis.

Du 3em\t.

Béflnitloii.

116. — Le jeûne est une abstinenôe volontaire d*aliraents dans un but moral ou religieux.

Quoique le jeûne soit contraire à un de nos penchants , ou plutôt de nos besoins les plus habituels, il est cependant de la plus haute antiquité.

Orl^lue du Jeûne.

ïf^ oiti comment les auteurs en expliquent rétablis- ^\ sèment.

Dans les afflictions particulières , disent-ils, un père, une mère, un enlant chéri, venant à mourir dans une famille , toute la maison était en deuil: on le pleurait, on lavait son corps, on Tembaumait, on lui faisait des obsèques conformes à son rang. Dans ces oc-

casions , on ne songeait guère à manger : on jeûnait sans s'en apercevoir.

De même, dans les désolations publiques, quand on était affligé d'une sécheresse extraordinaire, de pluies excessives, de guerres cruelles, de maladies contagieuses, en un mot, de ces fléaux où la force et l'industrie ne peuvent rien, on s'abandonnait aux larmes, on iipputait toutes ces désolations à la colère des dieux; on s'humiliait devant eux , on leur offrait les roorti6cations de l'abstinence. Les malheurs cessaient, on se persuada qu'il fallait en attribuer les causes aux larmes et au jeûne , et on continua d'y avoir recours dans des conjonctures semblables.

Ainsi, les hommes affligés de calamités publiques ou particulières se sont livrés à la tristesse, et ont négligé de prendre de la nourriture ; ensuite ils ont regardé cette abstinence volontaire comme un acte de religion.

Ils ont cru qu'en macérant leur corps quand leur âme était désolée , ils pouvaient émouvoir la miséricorde des dieux ; et cette idée saisissant tous les peuples, leur a inspiré le deuil, les vœux, les prières, les sacrifices, les mortifications et l'abstinence.

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