DU JEUNE
mais il est très avantageux sous le rapport des mœurs. Les mœurs s* adoucissent au spectacle ; on s'instruit au café par la lecture des journaux ; et on échap{>e certainement aux querelles, aux maladies et à l'abrutissement, qui sont les suites infaillibles de la fréquentation des cabarets.
JÙi l'4(put0mfnt.
ii9.
R entend par épuisement un état de faiblesse , de langueur et d'accablement causé par des .circonstances antécédentes , et qui rend plus difficile l'exercice des fonctions vitales. On peut, en n'y comprenant pas l'épuisement causé par la privation des aliments» en compter trois espèces.
L'épuisement causé par la fatigue musculaire, l'épuisement causé par les travaux de l'esprit , et l'épuisement causé par les excès génésiques.
Un remède commun aux trois espèces d*épuisement est la cessation immédiate des actes qui ont amené cet état , sinon maladif, du moins très voisin de la maladie.
DE L'ÉPUISEâlENT.
Traltemeiit.
PRBS ce préliminaire indispensable, la gastronomie est là, toujours prête à présenter des ressources. A rhomme excédé par Texercice trop prolongé de !lses forc6s musculaires , elle offre un bon potage , I du vin généreux , de la viande faite et le sommeil. Au savant qui s'est laissé entraîner par les charmes de son sujet, un exercice au grand air pour rarralchir son cerveau, le bain pour détendre ses fibres irritées , la volaille , les légumes herbacés et le repos.
Enfin nous apprendrons , par l'observation suivante , ce qu'elle peut faire pour celui qui oublie que la volupté a ses limites, et le plaisir ses dangers.
le preffiDsseur.
iSl.
/allai un jour faire visite à un de mes meilleurs amis l(M. Rubat) ; on me dit qu'il était malade, et effec- ^tivement je le trouvai en robe de chambre auprès rde son feu , et en attitude d'affaissement. Sa physionomie m'effraya : il avait le visage pâle . les [ yeux brillants et sa lèvre tombait de manière à laisser voir les dents de la mâchoire inférieure , ce qui avait quelque ehose de hideux.
Je m'enquis avec intérêt de la cause de ce changement subit ; il hésita , je le pressai , et après quelque résistance : t Mon ami , • dit-il en rougissant , tu sais que ma femme est jalouse , et que € cette manie m'a fait passer bien des mauvais moments. Depuis € quelques jours , il lui en a pris une crise effroyable, el c'est en
c voulant lui prouver qu'elle n* a rien perdu de mon affection et c qu'il ne se Tait à son préjudice*, aucune dérivation du tribut conc jugal , que je me suis mis en cet état. — Tu as donc oublié , lui c dis-je , et que tu as quarante-cinq ans , et que la jalousie est un € mal sans remède ? Ne sais-tu pas furenê quid fenUnapoêsit ? » Je tins encore quelques autres propos galants , car j'étais en colère.
c Voyons, au surplus, continuai-je : ton pouls est petit, dur, € concentré ; que vas-lu faire ? — Le docteur , me dit-il , sort d'ici ;
< il a pensé que j'avais une fièvre nerveuse , et a ordonné une sai- € gnée pour laquelle il doit incessamment m'envoyer le chînir- « gien. — Le chirurgien! m'écriai-je, garde-t'en bien, ou tues c mort; chasse-le comme un meurtrier, et dis-lui que je me suis c emparé de toi, corps et âme. Au surplus , ton médeciiîconnaitc il la cause occasionnelle de ton mal? — Hélas ! non , une mauc vaise honte m'a empêché de lui faire une confession entière. — f Eh bien , il faut le prier de passer chez toi. Je vais te faire une
< potion appropriée à ton état ; en attendant prends ceci. • Je lui présentai un verre d'eau saturée de sucre , qu'il avala avec la confiance d'Alexandre et la foi du charbonnier.
Alors je le quittai et courus chez moi pour y mixtionner , fonctionner et élaborer un magister réparateur qu'on trouvera dans les Yariéiés (1) , avec les divers modes que j'adopcai pour me hâter; car, en pareil cas , quelques heures de retard peuvent donner lieu à des accidents irréparables.
Je revins bientôt armé de ma potion , et déjà je trouvai du mieux : la couleur reparaissait aux joues , l'œil était détendu ; mais la lèvre pendait toujours avec une effrayante difformité.
Le médecin ne tarda pas à reparaître ; je l'instruisis de ce que j'avais fait et le malade fit ses aveux. Son front doctonil prit d'abord un aspect sévère ; mais bientôt nous regardant avec un air où il y avait un peu d'ironie : c Vous ne devez pas être étonné , dit-il à t mon ami , que je n'aie pas deviné une maladie qui ne convient c ni à votre âge ni à votre état, et il y a de votre part trop de
(1) Voyez à la fin du volume, n« 10.