‹ Physiologie du goût (volume 3)Chapitre 87 sur 109 · LES CHEVALIERS ET LES ABBÉS · texte numérisé non relu

LES CHEVALIERS ET LES ABBÉS

i certitude qu'ils ont tout au [ilus six mois à vivre ; ils se deâsë^ c chent , la fièvre les prend , ils vont à l'hôpital , et on ne les t*ec voit plus, k

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J'ai déjà cité deux fois ces deux catégories gourmandes que le temps a détruites.

Comme elles ont disparu depuis plus de trente ans, la plus grande partie de la génération actuelle ne les a pas vues.

Elles reparaîtront probablement vers la fin de ce siècle ;

mais comme un pareu phénomène exige la coïncidence de bien

SSa VARIÉTÉS.

des futurs contingents » je crois que bien peu , parmi ceux qui vivent actuellement « seront témoins de cette palingénésie.

11 faut donc qu'en ma qualité de peintre de mœurs je leur donne le dernier coup de pinceau ; et pour y parvenir plus commodément, j'emprunte le passage suivant à un auteur qui n*a rien à me refuser.

c Régulièrement » et d*après l'usage , la qualification de chevalier n'aurait dû s'aœorder qu'aux personnes décorées d'un ordre, ou aux cadets des maisons titrées ; mais beaucoup de ces chevaliers avaient trouvé avantageux de se donner l'accolade à euxmêmes (1), et si le porteur avait de l'éducation et une bonne tournure, telle était l'insouciance de cette époque que personne ne s'avisait d'y regarder.

< Les chevaliers étaient généralement beaux garçons , ils portaient l'épée verticale , le jarret tendu , la tête haute et le nez au vent ; ils étaient joueurs, libertins , tapageurs, et faisaient partie essentielle du train d'une beauté à la mode.

< Ils se distinguaient encore par un courage brillant et une facilité excessive à mettre Tépée à la main. Il suffisait quelquefois de les regarder pour se faire une affaire. »

C'est ainsi que finit le chevalier de S..., l'un des plus connus de son temps.

Il avait cherché une querelle gratuite à un jeune homme tout nouvellement arrivé de Charolles, et on était allé se battre sur les derrières de la Chaussée-d'Ântin, presque entièrement occupée alors par des marais.

A la manière dont le nouveau venu se développa sous les armes, S... vit bien qu'il n'avait pas à faire à un novice : il ne se mit pas moins en devoir de le tâler ; mais au premier mouvement qu'il fit, le Charollais partit d'un coup de temps , et le coup fut tellement fourni que le chevalier était mort avant d'être tombé. Un de ses amis , témoin du combat, examina longtemps en silence une blessure si foudroyante et la route que l'épée avait parcourue : < Quel < beau coup de quarte dans les armes , dit-il tout-à-coup , en s'en

(1) Self created.

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