LES CHEVALIERS ET LES ABBÉS
i certitude qu'ils ont tout au [ilus six mois à vivre ; ils se deâsë^ c chent , la fièvre les prend , ils vont à l'hôpital , et on ne les t*ec voit plus, k
Cre cljfPûlifrô rt les àbbfo.
J'ai déjà cité deux fois ces deux catégories gourmandes que le temps a détruites.
Comme elles ont disparu depuis plus de trente ans, la plus grande partie de la génération actuelle ne les a pas vues.
Elles reparaîtront probablement vers la fin de ce siècle ;
mais comme un pareu phénomène exige la coïncidence de bien
SSa VARIÉTÉS.
des futurs contingents » je crois que bien peu , parmi ceux qui vivent actuellement « seront témoins de cette palingénésie.
11 faut donc qu'en ma qualité de peintre de mœurs je leur donne le dernier coup de pinceau ; et pour y parvenir plus commodément, j'emprunte le passage suivant à un auteur qui n*a rien à me refuser.
c Régulièrement » et d*après l'usage , la qualification de chevalier n'aurait dû s'aœorder qu'aux personnes décorées d'un ordre, ou aux cadets des maisons titrées ; mais beaucoup de ces chevaliers avaient trouvé avantageux de se donner l'accolade à euxmêmes (1), et si le porteur avait de l'éducation et une bonne tournure, telle était l'insouciance de cette époque que personne ne s'avisait d'y regarder.
< Les chevaliers étaient généralement beaux garçons , ils portaient l'épée verticale , le jarret tendu , la tête haute et le nez au vent ; ils étaient joueurs, libertins , tapageurs, et faisaient partie essentielle du train d'une beauté à la mode.
< Ils se distinguaient encore par un courage brillant et une facilité excessive à mettre Tépée à la main. Il suffisait quelquefois de les regarder pour se faire une affaire. »
C'est ainsi que finit le chevalier de S..., l'un des plus connus de son temps.
Il avait cherché une querelle gratuite à un jeune homme tout nouvellement arrivé de Charolles, et on était allé se battre sur les derrières de la Chaussée-d'Ântin, presque entièrement occupée alors par des marais.
A la manière dont le nouveau venu se développa sous les armes, S... vit bien qu'il n'avait pas à faire à un novice : il ne se mit pas moins en devoir de le tâler ; mais au premier mouvement qu'il fit, le Charollais partit d'un coup de temps , et le coup fut tellement fourni que le chevalier était mort avant d'être tombé. Un de ses amis , témoin du combat, examina longtemps en silence une blessure si foudroyante et la route que l'épée avait parcourue : < Quel < beau coup de quarte dans les armes , dit-il tout-à-coup , en s'en
(1) Self created.