LES CHEVALIERS ET LES ABBÉS
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c allant , et que ce jeune homme a la main bien placée ! défunt n'eut pas d'autre oraison funèbre.
Au commencement des guerres de la révolution , la plupart de ces chevaliers se placèrent dans les bataillons, d'autres émigrèrent, le reste se perdit dans la foule. Ceux qui survivent, en petit nombre, sont encore reconnaissables à l'air de tête ; mais ils sont maigres et marchent avec peine ; ils ont la goutte.
Quand il y avait beaucoup d'enfants dans une famille noble , on en destinait un à l'église : il commençait par obtenir les bénéfices simples qui fournissaient aux frais de son éducation; et dans la suite, il devenait prince , abbé, commendataire ouévêque, selon qu'il avait plus ou moins de dispositions à l'apostolat.
C'était là le type légitime des abbés ; mais il y en avait de faux ; el beaucoup déjeunes gens qui avaient quelque aisance, et qui
ne se souciaient pas (le courir les chances de la chevalerie» 8e donnaient le tilre à* Mi en venant à Paris.
Riep n'était plus commode : avec une légère altération dans la toilette , on se donnait tout-à-coup l'apparence d'un bénéficier : on se plaçait au niveau de tout le monde ; on était lété , caressé , couru ; car il n*y avait pas de maison qui n'eût son abbé.
Les abbés étaient petits » trapus , rondelets , bien mis , câlins * complaisants , curieux , gourmands , alertes , insinuants ; ceux qui restent ont tourné à la graisse ; ils se sont faits dévots.
Il n'y avait pas de sort plus hf ureiix que celui d'un riche prieur ou d'un abbé commcndataire ; ils avaient de la considération , de l'argent ; point de supérieurs , et rien à faire.
Les chevaliers se rptrouveront si la paix f st jongi^e , cpmme pn peut l'espérer ; mais à moins d'un grand changement dans l'admis