‹ Physiologie du goût (volume 3)Chapitre 94 sur 109 · BONHEUR EN YOTÀGE. SH · texte numérisé non relu

BONHEUR EN YOTÀGE. SH

par qoelqiKS coaplels inédits ; j*en fis même un en impromplu, el qui fol fort applaodî suivant Tusage ; le voici :

An : du maréchai fBrramt.

Qull (9t doux pour les Toyageur»

De trooTer d*aimables boTeurs : Cest une Tiaie (i) béatitode.

Entouré d*aussi boD& enfants.

Mi foi je passerais céans , Libre de toute inquiétude ,

Quatre jours ,

Quinze jours,

Trente jours.

Une année, Et bénirais ma destinée.

Si je rapporte oe couplet , ce n'est pas que je le crois excellent, j'en ai fait , grâce au ciel ! de meilleurs , et j'aurais refait celui-là si j^avais voulu; mais j'ai préféré lui laisser sa tournure d'impromptu afin que le lecteur convienne que celui qui , avec un comité révolutionnaire en croupe, pouvait se jouer ainsi, celui-là, dis-je» avait bien certainement la léte et le cœur d'un Français.

Il y avait bien quatre heures que nous étions à table , et on commençait à s'occuper de la manière de finir la soirée ; on allait faire une longue promenade pour aider la digestion , et en rentrant on ferait une partie de béte hombrée pour attendre le repas du soir qui se composait d'un plat détruites en réserve , et des reliefs du dîner encore très désirables.

A toutes ces propositions je fus obligé de répondre par un refus le soleil penchantversl'horizon m'avertissait de partir. Ces messieurs insistèrent autant que la politesse le permet , et s'arrêtèrent quand je leur assurai que je ne voyageais pas tout-à-fait pour mon plaisir.

On a déjà deviné qu'ils ne voulurent nas entendre parler de mon

(1) 11 y a ici une faute que nous conservons par respect pour le texte de Tauteur, le passage qui suit le couplet fait voir d'ailleurs que nous ne faisons en cela qu0 iuivre son intention.

écot: ainsi, sans me faire de questions importunes, ils voulurent me voir monter à cheval , et nous nous séparâmes après avoir bit et reçu les adieux les plus affectueux.

Si quelqu'un de ceux qui m'accueillirent si bien existe encore ,

et que ce livre tombe entre ses mains, je désire qu il sache, qu'après

plus de trente ans, ce chapitre a été écrit avec la plus vive gratitude.

Un bonheur ne vient jamais seul , et mon voyage eut un succès

que je n'aurais presque pas espéré.

Je trouvai, à la vérité, le représentant Prôt fortement prévenu contre moi : il me regarda d'un air sinistre ; et je crus qu'il allait me faire arrêter ; mais j'en fus quitte pour la peur, et après quelques éclaircissements, il me sembla que ses traits se détendaient un peu. Je ne suis point de ceux que la peur rend cruels , et je crois que cet homme n'était pas méchant ; mais il avait peu de capacité et ne savait que faire du pouvoir redoutable qui lui avait été confié : c'étail un enfant armé de la massue d'Hercule,

M. Amondru, dgnt je retrace ici le nom avec bien du plaisir» eut véritablement quelque peine à lui faire accepter un souper oii il était convenu que je me trouverais ; cependant il y vint et me reçut d'une manière qui était bien loin de me satisfaire.

Je fus un peu moins mal accueilli de madame Prôt , à qui j'allai présenter mon hommage. Les circonstances où je me présentais admettaient au moins un intérêt de curiosité,

Dès les premières phrases, elle me demanda si j'aimais la musique. Oh bonheur inespéré ! elle paraissait en iaire ses délices, ei comme je suis moi-même très bon musicien , dès ce moment dos cœurs vibrèrent à l'unisson.

Nous causâmes avant souper , et nous fimes ce qu'on appelle une main à fond. Elle me parla des traités de composition» je les connaissais tous ; elle me parla des opéras les plus à la mode, je les savais par cœur ; elle me nomma les auteurs les plus connus, je les avais vus pour la plupart. Elle ne finissait pas , paroe^ que depuis longtemps elle n'avait rencontré personne avec qui traiter ce chapitre , dont elle parlait en amateur, quoique j'aie su depuis qu elle avait professé comme maîtresse de chant.

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