‹ Physiologie du goût (volume 3)Chapitre 97 sur 109 · CHANSON · texte numérisé non relu

CHANSON

DE DÉMOGARES AU FESTIN DE DENIAS.

Cette chanson est tirée du Voyage du jeum AnarchanU : cette raison suffit.

RavoQs , chantons Bacchus ,

II se plaît à nos danses, il se plaît à nos chants ; il étouffe Tenvie , la haine et les chagrins. Aux Grâces séduisantes, aux Amours enchanteurs, il donna la naissance.

Aimons , buvons; chantons Bacchus.

L*avenir n*est point encore ; le présent [n*est bientôt plus; le seul instant de la Tie est rinstant de la jouissance.

Aimons , buvons \ chantons Bacchus.

Sages de nos folies, riches de nos plaisirs, foulons aux pieds la terre et ses vaines grandeurs; et dans la douce ivresse que des moments si beaux font couler dans nos âmes,

B uvons, chantons Bacchus.

(Voyage dti jew/B Anachartis en Grèce, tom. ii, ckap. ftl.)

Celle-ci est de Motin , qui, dit on , fit le premier en France des chansons à boire. Elle est du vrai bon temps de Tivrognerie , et ne manque pas de verve.

Aii:

Oue j*aîme en tout temps la taverne !

Que librement je m*y gouverne !

Elle n*a rien d*égal à soi ; Ty vois tout ce que je demande :

POÉTFQUE. m

Et les torchoDS y sont pour moi De une toile de Hollande.

Pendant que le chaud nous outrage, On ne trouve point de bocage Agréable et frais comme elle est ; Et quand la firoidure m*y mène.

Un malheureux fagot m*y plaît Plus que tout le bois de Vincenne.

Ty trouve à souhait toutes choses;

Les chardons m*y semblent des roses,

Et les tripes des ortolans;

L*on n*y combat jamais qn*au verre.

Les cabarets et les brelans

Sont les paradis de la terre.

G*e8t Bacchus que nous devons suivre; Le nectar dont il nous enivre A quelque chose de divin, Et quiconque a cette louange D*ôtre homme sans boire du vin , S*il en buvait , serait un ange.

Le vin me rit, Je le caresse; (Test lui qui bannit ma tristesse , Et réveille tous mes esprits :

Nous nous aimons de même force.

Je le prends, après J*en suis pris; Je le porte , et puis il m*emporte.

Quand j*ai mis quarte dessus pinte, Je suis gai , Toreille me tinte, Je recule au lieu d*avancer:

Avec le premier je me frotte , Et je fais, sans savoir danser.

De beaux entrechats dans la crotte.

Pour moi«ju8qQ*à ce que je meure.

Je veux que le vin blanc demeure, Avec le clairet dans mon corps, Pourvu que la paix les assemble :

Car je les jetterai dehors, S*ils ne 8*accordent bien ensemble.

La suivante est de Racan , un de nos plus anciens poètes ; elle

402 VARtËTÉS.

est pleine de grâce et de philosophie , a sef vt de modèle à beaucoup d'autres , et paratt plus jeûne que son extrait de naissance.

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