‹ Physiologie du lionChapitre 3 sur 17 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

La Fashion et la véritable Aristocratie.

En 1815 le retour des Bourbons caressa T anglomanie renaissante des promesses les plus flatteuses ; elle espéra s’assimiler cette foule de marquis, de comtes, de futurs pairs, que les Cosaques nous apportaient en croupe, cette cohue tourbillonnante de héros redevenus à la mode que réclamait la vie fashion ablc et l’oisiveté des salons. Elle rêva des heureux

disciples du comte de Lauraguais ; mais autres temps autres mœurs. Pour contrebalancer l’influence d’une opulente bourgeoisie, l’aristocratie devint intelligente ; elle affecta surtout de paraître morale, pour échapper aux dénonciations de la publicité, cet Asmodée infatigable , qui va partout soulevant de ; sa tête de démon curieux et ricaneur les rideaux des salons et les portières des petits j appartenons. Forcée de lutter dans la car- | rière des emplois publics, d’utiliser ses capi- | taux dans de hautes et lucratives industries, elle abandonna les folies renouvelées du marquis de Brunoy, les roueries, les façons d’agir compromettantes, aux prodigues abandonnés et à cette foule d’intrigans obscurs qui s’enrichissent des folies qu’ils ont partagées.

De façon que le dandysme actuel se résume, malheureusement comme toutes les classes de la hiérarchie sociale, en deux espèces d’hommes : les exploiteurs, marquis sans nom, financiers sans argent , braves sans épée et dons Juans sans maîtresses, qui spéculent sur le luxe de leurs amis ;

Et les exploités , malheureux jeunes gens

qui dépensent l’argent, et quelquefois l’honneur de leur famille, en élégantes folies.

Or l’aristocratie, connaissant les intrigues des uns et l’influence pernicieuse des autres , marie ses enfans jeunes , pour les soustraire à la contagion de leurs exemples et de leurs leçons.

Page 1