L'Aéronaute, n° de septembre, octobre et novembre
L'auteur distingue trois manœuvres dans le vol à voile :
1° Le planement circulaire avec entraînement dans le sens du courant aérien ;
2° Le planement sur place ;
3° Le planement elliptique sans entraïnement.
$ 14. Planement circulaire avec entraînement. — Le premier type est connu de tout le monde, c’est celui qu'emploient les rapaces voiliers de nos pays. Basté représente par la figure suivante la trajectoire de l'oiseau et la direction du vent. La partie de la courbe dans laquelle l'oiseau est entrainé vent arrière représente un parcours plus long que celle où il remonte
Fig. 7. — Planement circulaire avec entrainement (d'après Basté). La flèche à gauche de la figure montre la direction du vent et le sens de l'entrainement de l'oiseau. A l'extrémité droite des cercles, une pointe de flèche exprime la position de la tête de l'oiseau.
contre le vent. Dans la figure, cette dernière portion est représentée par un trait plein, tout le reste du parcours étant ponctué.
L'auteur cite neuf observations de ce genre de vol, portant sur diverses espèces: Nauclers, Urubus et Goélands. L’entrainement est de 15 à 20 mètres par seconde; il est plus grand pour le Goéland que pour les deux autres espèces mieux douces que lui pour le vol à voile.
Dans son mouvement tournant, l'oiseau incline Le corps du côté de l’intérieur du cercle qu'il décrit et dont le diamètre est de 15 à 20 mètres.
Quand, dans son planement circulaire, l'oiseau gagne de la hauteur, c’est surtout pendant qu'il vole contre le vent; quand il a vent arrière, au contraire, comme il subit un entrainement
plus rapide, le plan dans lequel il se meut est très peu incliné
sur l'horizon.
$ 45. Planement sur place. — L'oiseau est presque toujours à une grande hauteur quand il exécute ce genre de vol; s’il parait réellement immobile, c’est que l'observateur, placé d'ordinaire beaucoup au-dessous de lui, ne peut juger des déplacements qui se produisent dans le sens vertical et dont voici la description
d’après Basté :
L'oiseau étant en M (fig. 8), le bec au vent, incline le plan
Fig. 8. — Planement sur place, vu en projection verticale (d'après Basté).
de ses ailes dans la direction représentée par la ligne 1; il est dès lors soulevé par le vent et légèrement entrainé, et arrive à la position 2, puis en 3, etc.; en 5 il change l’inclinaison du plan de ses ailes, pique dans le vent et descend en se portant en avant à la position 6, puis en 7; enfin, arrivé au bas de sa trajectoire, l'oiseau, changeant de nouveau le plan de ses ailes, recommence à monter en se laissant légèrement entrainer par le vent.
S 16. Planement elliptique sans entraînement. — On à vu que, dans le premier type de vol à voile, l'oiseau ne peut pas parcourir contre le vent un espace aussi étendu que lorsqu'il est au
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vent. Or, pour que l’ellipse parcourue soit fermée sur ellemême (fig. 9), il faut que les deux parcours, sous et contre le vent, soient égaux. L'oiseau emploie pour cela un artifice qui
Fig. 9. — Planement elliptique sans entrainement (d'après Basté).
rappelle celui qui vient d’être décrit dans le planement sur place, il monte et descend tour à tour, éprouvant dans sa translation contre le vent une sorte de tangage que Basté représente par la figure suivante :