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Fig. 10. — Tajectoire de l'oiseau remontant à voile contre le vent, mais pliant et ouvrant tour à tour les ailes (d’après Basté).

Ces oscillations ne s'observent pas dans la phase de planement sous le vent, phase qui est du reste beaucoup plus rapide. En résumé, l'oiseau qui vole à voile doit être considéré dans trois situations distinctes, suivant qu'il reçoit le vent d'avant, d’arrière ou de côté.

Le phénomène le plus étrange est assurément la progression ccntre le vent. On vient de voir l'espèce de tangage qui sert à

MaREY. — Vol des oiseaux. 2

cette sorte de progression. Basté signale un autre vol pratiqué par le Naucler et dans lequel l'oiseau serre les ailes pour avancer en glissant contre le vent et en perdant de la hauteur, puis les ouvre pour reprendre son niveau primitif en reculant un peu. De ces manœuvres résulterait une trajectoire sinueuse de cette forme :

Fig. 11. — Oscillations de l'oiseau remontant à voile contre le vent (d'après Basté).

Parfois l'oiseau gagne de la hauteur par ces deux actes successifs, mais sans translation contre le vent. La figure 12 représente sa trajectoire en projection verticale.

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Fig. 12. — Ascension contre le vent, interrompue par des glissements descendants (d’après Basté).

Quand il a vent arrière, le voilier est rapidement entraîné et tend à perdre de la hauteur, mais, dans la vitesse même que le vent lui imprime, il trouve, d'après Basté, le moyen de remonter aisément au niveau primitif. En effet, en changeant, par un mouvement tournant, la direction de son vol, il arrive bientôt

à orienter sa vitesse en sens contraire de celle du vent, ce qui

fait plus que doubler la force ascensionnelle que l'air exerce sous ses ailes".

Enfin, avec le vent de côté, l’oiseau glisse sur l'air en perdant peu de sa hauteur, car il reste peu de temps dans cette situation. Il incline son corps de façon que l’air agisse à la fois sur.ses deux ailes.

Il n'y avait lieu pour le moment que de citer quelques-unes des descriptions de Basté. Il était intéressant de rapprocher les évolutions des oiseaux voiliers de celles des rameurs si bien décrites par Huber. Ce rapprochement montre des traits communs entre ces deux genres de vol : la transformation de la vitesse en hauteur et de la hauteur en vitesse s’observe de part d'autre. Ce qu'il y a de spécial au vol à voile, c’est l’action du vent : quand l'oiseau le reçoit de face, il en fait de la hauteur, et de cette hauteur il tire sa vitesse contre le vent. par une orientation appropriée de ses ailes.

Les études qui viennent d’être résumées ont duré de longues années; l’auteur était dans les conditions les plus favorables pour observer les diverses espèces d'oiseaux voiliers en différents climats et dans toutes sortes de conditions atmosphériques. Mas, réduit à la simple vue pour estimer l’amplitude, la direction et la vitesse des différentes évolutions du vol, il n'a pu qu'en donner une représentation approchée.

$ 17. Observation de Bakounine. — Malgré la grande confance que doivent inspirer les observations de Basté,.il faut cependant en signaler d’autres qui les contredisent sur certains points. Bakounine a publié, dans le journal /’Aéronaute, le résultat d'expéditions qu'il a entreprises dans les Carpathes pour surprendre certains détails du vol plané des Aigles. S’élevant sur le flanc des monts jusqu'à la hauteur où planent ces oiseaux, il les a vus décrire leurs orbes et a noté avec soin la direction du vent. Or, Bakounine croit avoir observé que le cercle parcouru

1. On voit que l’auteur soutient formellement l'opinion que les physi-

ciens traitent de paradoxale ; on trouvera plus tard les calculs sur lesquels il se base.

par l'oiseau n’était pas contenu dans un plan horizontal, mais que l’Aigle s'élevait quand il avait vent arrière, et s'abaissait au contraire quand il volait contre le vent. Pour Basté, on vient de le voir, l'oiseau s'élève au contraire quand 1l avance contre le vent.

La contradiction entre ces deux opinions s'explique par l'insuffisance des moyens d'observation. Bakounime croit s'être élevé précisément au niveau où volaient les Aigles. Mais sil s'est trouvé quelque peu au-dessus ou au-dessous de ce niveau, la perspective a dû le tromper sur la hauteur de l’oiseau dans les deux diamètres opposés de son parcours circulaire.

S 18. Insuffisance de l'observation; projet d'expériences sur le vol à voile. — Depuis longtemps convaincu de l'insuffisance de l’observation simple pour juger la véritable trajectoire que suit dans les airs un oiseau en planant, j'ai proposé une méthode qui lèverait tous les doutes, mais que je n'ai pu employer, n’ayant jamais rencontré les circonstances favorables.

Cette méthode était basée sur l'emploi de deux chambres noires, sur le verre dépoli desquelles deux observateurs suivraient en même temps le parcours de l'oiseau voilier. Depuis lors, les applications de la photographie à l'étude des mouvements ont donné des solutions bien plus parfaites dont 1l sera

question plus loin.

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