VIII PRÉFACE
chemin dans les airs. Les «aviateurs », comme ils s'appellent euxmêmes, ont mis leurs efforts en commun. En France et à l’étranger, ils ont formé des Sociétés qui publient d'importants travaux. Dans ces bulletins, à côté d'études relatives à l’aérostation ou à la météorologie, on trouve des observations curieuses faites par des voyageurs sur le vol de certaines espèces d'oiseaux, des expériences sur la résistance de l'air, d'ingénieuses théories sur le mécanisme du vol; on assiste au perfectionnement graduel des machines destinées à soutenir dans l'air des corps pesants, et l’on arrive à partager l'enthousiasme de ceux qui saluent déjà la réalisation prochaine de la locomotion de l’homme dans l'air.
Une formule chère aux aviateurs est la suivante : « l'oiseau vole, donc l'homme volera. » [Il y aurait, à cet égard, quelques réserves à faire; car les genres de locomotion les plus parfaits que l’homme ait réalisés sont en général obtenus par des moyens assez différents de ceux de la Nature. Il n’en est pas moins intéressant de chercher comment l'oiseau peut se soutenir dans l'air par la seule intervention des forces mécaniques.
En s’associant à l’œuvre des aviateurs, le physiologiste se place toutefois à un point de vue spécial. Pour lui, le mécanisme du vol doit offrir des caractères communs avec les autres formes de la locomotion animale. L'analogie anatomique des organes locomoteurs de l'oiseau avec ceux des animaux terrestres ou aquatiques implique l'existence d’analogies physiologiques ; il faut les mettre en lumière.
L’anatomie comparée et la physiologie expérimentale doivent se prêter un mutuel secours, pour éclairer le mécanisme de la locomotion aérienne. On entrevoit déjà le moment où les différents caractères que présente le vol dans les diverses espèces
d'oiseaux s’expliqueront par certaines particularités de leur con-
formation physique.