XII PRÉFACE
a été fait pour la fonction de presque toutes les machines. Mais les essais qui ont été tentés jusqu'ici, pour donner une théorie mathématique du vol, étaient prématurés. En effet, tout calcul, sous peine de conduire à des résultats erronés, doit être basé sur des données précises, empruntées à l'observation ou à l’expérience; or ces éléments faisant presque entièrement défaut en ce qui concerne le vol des oiseaux, on doit considérer les calculs faits jusqu'ici comme très peu dignes de confiance. Cette opinion est d’ailleurs celle de mathématiciens très autorisés.
Il est même probable que pendant longtemps encore cette
question, comme la plupart des problèmes que poursuivent Les physiologistes, s'éclairera surtout par l’expérimentation. Supposons, en effet, les mouvements de l'oiseau parfaitement connus ; nous ne posséderons encore que la cinématique du vol, mais l'explication mécanique de ces mouvements exigera en outre une parfaite connaissance de la résistance que les ailes rencontrent dans l'air. Or les recherches des physiciens sur la résistance de l'air n’ont encore été faites que dans des conditions très simples; elles ont porté sur des plans minces, rigides, de formes géométriques bien définies : ces plans étaient toujours orientés de la même manière, par rapport à la direction de leur mouvement : enfin leur vitesse était uniforme. Ces mesures de la résistance de l’air ne peuvent s'appliquer, sans de nombreuses corrections, aux mouvements de l'aile d’un oiseau. En effet, au lieu d’un plan mince et d’étendue constante, nous avons affaire à une surface gauche, de forme très compliquée, dont l’étendue varie suivant le degré de déploiement de l'aile, et dont la forme, au lieu d’être immuable, se modifie sous l'influence des résistances qu’elle éprouve. En outre, cette surface est animée d’un mouvement varié, et son inclinaison par rapport à la direction de ce mouvement est incessamment changeante.
On pourrait citer des exemples semblables, à propos de tous