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LUTTE INT MERS EME IP PNREE EI PIE

encore le même effet, en déplaçant son centre de gravité. Car, en supposant que l’action du vent sous les ailes tende à faire tourner l'oiseau et à le culbuter en avant, un simple déplacement du centre de gravité en arrière empêchera cet effet de se produire.

Il semble donc que le bateau à voile et l'oiseau voilier soient dans des conditions tout à fait comparables; alors l’expression de vol à voile, bien loin de consacrer une erreur, rend fort bien compte du mécanisme de ce genre de vol. Du reste, des officiers de marine, qui ont étudié le vol à voile, ont assuré qu'on trouverait, dans les manœuvres de la navigation voilière, d’utiles éléments pour éclairer le mécanisme du vol.

Goupil cite des faits intéressants qui montrent que, suivant sa courbure ou son degré de tension, la voile d’une barque éprouve, de la part du vent, des impulsions différemment dirigées'. L’aile de l'oiseau doit éprouver des effets semblables

suivant sa courbure et sa tension.

4. Goupil (lor. cit., p. 27). Soient en projection horizontale (fig. 160, n°s 4 et 2) des voiles triangulaires, dont la pointe est tournée vers le bas de la figure. Deux flèches semblablement orientées expriment la direction du vent.

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Fig. 160. — Influence de la courbure des voiles sur la direction de la résultante R de l’action du vent (d'après Goupil).

Si la voile est peu tendue, comme au n° 1, l'action du vent aura pour résultante une poussée suivant R; si la même voile est plus tendue, comme en 2, la résultante R sera autrement dirigée.

Le même auteur rapporte des expériences dans lesquelles, en faisant agir un courant d'air sous une surface en forme de calotte, il aurait obtenu, sur cette surface, une poussée directement orientée contre le vent (loc. cit., p.29).

$ 190. Premiers essais d'une théorie du vol à voile. — Si l’on admet, avec la plupart des auteurs, la réversibihité des actions de l'aile contre l’air et de l’air contre l'aile, c’est-à-dire si l’on suppose que les choses se passent de la même façon, quand un oiseau se meut dans un air calme avec une certaine vitesse, ou quand, immobile, il est frappé par un vent de même vitesse, on est en droit de comparer les manœuvres du vol à voile à celles du vol plané.

Or, du moment où il est prouvé que, suivant l’angle de ses ailes avec la direction de son vol, l'oiseau peut faire prédominer l’une ou l’autre des deux composantes de la résistance de l’air

($ 139), on peut supposer que, si la force du vent est suffisante, l'oiseau pourra voler par la seule action de ce vent. En effet,

en inclinant convenablement ses aïles, il pourra, d'une part, gagner beaucoup de hauteur en subissant peu d'entrainement, puis ayant acquis cette hauteur, la dépenser, avec une nouvelle orientation de ses ailes, en regagnant contre le vent plus de chemin que ne lui en aura fait perdre l'entraînement subi. C'est avec un raisonnement de ce genre, que d’Esterno, en 1864, essayait déjà d'établir la théorie du vol à voile *. D'Esterno ne pense pas que l’oiseau puisse faire du vol à

1. D'Esterno, Du vol des oiseaux, 1864, p. 40, concoit ainsi la transformation de hauteur en vitesse.

« Supposons, dit-il, que l'oiseau se laisse glisser sans battements sur l'air cälme, en transformant 4 mètre de hauteur en 8 mètres de translation. Prenons un oiseau qui parcoure 1 kilomètre à la minute, soit à peu près 8 mètres en une demi-seconde; lançons cet oiseau dans un vent de 8 mètres en une demi-seconde et coupant à angle droit la marche de l'oiseau. Supposons que ce vent soulève l'oiseau de 2 mètres pendant qu'il l’entraine de 8 mètres. L'oiseau n’éprouve pas le besoin de s'élever, il faut donc qu'il dépense, pour chaque demi-seconde, les 2 mètres de hauteur qu'il acquiert. Qu'en fera-t-il? Il transformera 1 mètre de hauteur en 8 mètres de marche contre le vent, pour contrebalancer l'effet égal d'entrainement que le vent fait contre lui : il lui restera à dépenser 1 mètre de hauteur qu'il transformera également en 8 mètres de translation et avec lequel il produira 8 mètres de progression utile dans le sens où il veut aller. Ainsi, comme résultat définitif, le vol à voile lui donnera, toutes pertes déduites, une marche de 4 kilomètre à la minute. »

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voile contre le vent, autrement qu'en dépensant sa vitesse acquise. D'autres auteurs sont plus hardis. Mouillard ($ 10) a vu certains oiseaux, partant de l’immobilité, s'élever, sans un coup d'ailes, en gagnant sur le vent contre lequel ils progressaient. Pour Audubon!, la Frégate tient tête à la tempête et se balance Ù 5

sans reculer. D’après le même auteur, le Pétrel fulmar monte contre le vent, en affrontant la violence de l’ouragan*. J'ai vu moi-même des Goélands voler à voile contre un vent très violent; ils progressaient alors avec une grande lenteur, moins de deux mètres par seconde. De l’aveu de tous les auteurs qui ont observé l'ascension directe de l’oiseau contre le vent, ce phénomène exige une forte brise pour se produire. Quand le vent est faible, l'oiseau, suivant Mouillard, s'élève en décrivant des orbes.

Une trajectoire circulaire permettrait donc d'utiliser, pour le vol à voile, un vent trop faible pour permettre les trajectoires rectilignes. Cest en décrivant ses orbes que l’Aïgle se soutient dans l'air raréfié des grandes hauteurs : Humboldt l’a vu voler ainsi à une altitude de 7300 mètres.

Davidson, en 1874, essayait d'expliquer le vol en orbes, en supposant que l'oiseau gagne de la hauteur dans la partie des cercles qu'il parcourt contre le vent, et qu'il n’en perd pas dans le parcours exécuté sous le vent?.

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