Bazin, in litteris
3. Bretonnière, Étude sur le vol plané (L’Aéronaute, juillet 4889).
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la direction de son vol, l'oiseau crée artificiellement des variations de l'intensité du vent.
Supposons, en effet, qu'un oiseau reçoive le vent par Le côté droit et vole en décrivant des zigzags dans un plan horizontal. Chaque fois que l'oiseau infléchira son vol vers la droite, la quantité de chemin qu'il fera contre le vent en augmentera la vitesse relative; inversement, cette vitesse diminuera lorsque l'oiseau, changeant de direction, cédera plus ou moins au vent. Ces rafales artificielles devront avoir des effets analogues à ceux qui viennent d'être décrits.
Mais c’est surtout dans le vol par orbes, que l'oiseau obtient une grande inégalité de la vitesse relative du vent, car dans le cercle qu'il décrit il vole, tour à tour, avec vent debout et avec vent arrière.
$ 194. Mécanisme du vol par orbes. — Dans la partie de son orbe où il vole vent arrière, l'oiseau voilier résiste par son inertie à l’entrainement. Tant que le vent a, sur l'oiseau, un excès de vitesse suffisant, celui-ci est soutenu et, suivant l’intensité de la force ascensionnelle qui agit sur lui, peut monter, garder sa hauteur ou descendre légèrement.
Avant d'avoir subi un entrainement qui lui fasse trop perdre de hauteur, l'oiseau accomplit un mouvement tournant. Comme on l’a vu plus haut $ 194, il revient contre le vent, avec une vitesse de sens contraire ; la vitesse relative du vent s’en trouve accrue * et, avec elle, la force qui soulèvera l'oiseau. A l’entrainement que le vent tend à lui faire subir, il oppose maintenant, non seulement son inertie, mais aussi la force vive que le vent lui a communiquée. Cette force vive, l’oiseau aura intérêt à la dépenser tout entière, avant de faire un nouveau mouvement
1. Quand l'oiseau est animé d’une vitesse propre, la vitesse relative du vent, par rapport à lui, est la somme algébrique des vitesses de l'air et de l'oiseau. Ainsi, par un vent de 15 mètres, un oiseau qui a subi un entrainement de 10 mètres n’éprouve plus qu'un vent relatif de 5 mètres par seconde; mais si l'oiseau retourne cette vitesse de 10 mètres contre le vent de 145 mètres, il en résultera un vent relatif de 25 mètres à la seconde.
tournant, et à aborder sans vitesse la portion de son orbe où il va avoir, de nouveau, vent arrière.
Dans le vol en orbes, le travail moteur du vent semmagasine,
comme dit Mouillard, dans la masse de l'oiseau qui n’a plus
qu'à employer son inertie ou sa force vive, dans tel ou tel sens, pour se soutenir ou pour s'élever sans se laisser entraîner. Du reste, il n’est pas à craindre que le vent le plus violent entraîne bien loin l'oiseau, tant que celui-ci pourra effectuer son mouvement tournant, car l'entrainement lui-même crée la force vive par laquelle 1l sera compensé”.
Telle est, en somme, la théorie qui se dégage des récents tra-: vaux sur le vol à voile et particulièrement des belles études de Basté?. Cet auteur a même cherché à donner l'évaluation numérique du travail dépensé par l'oiseau, dans les différents actes du vol à voile.
4. Cette théorie me semble échapper entièrement au reproche qu'on a fait aux premières explications du vol à voile, d’impliquer en quelque sorte le mouvement perpétuel. Dans le vol à voile, en effet, il existe une source naturelle de travail moteur,le vent; l'oiseau en utilise les effets par différentes manœuvres. On ne peut pas plus comparer au mouvement perpétuel les actes du vol plané, que ceux d’un enfant qui, monté sur une escarpolette, s’imprime à lui-même un balancement indéfini en déplaçant, à des instants opportuns, le centre de gravité de son corps. Les ressources de l'oiseau chasseur ressemblent de tous points au balancement du corps sur une escarpolette; de même que ces balancements, les ressources peuvent sans doute être indéfiniment entretenues par des déplacements du centre de gravité du corps par rapport au centre de pression de l'air sous les ailes. Enfin, s’il règne un vent assez fort, il est probable que, par des changements d'inclinaison des ailes, l'oiseau pourra aussi entretenir son mouvement de balancement.
Supposons, en effet, qu’assis sur une escarpolette et recevant de face un vent régulier, nous tenions entre les mains deux palettes à larges surfaces. Si nous présentons au vent la surface de ces palettes, nous serons plus ou moins portés en arrière; retournons alors les palettes de facon qu'elles n'offrent au vent que leur tranche : une oscillation de l’escarpolette nous fera revenir en avant et dépasser la verticale. À ce moment, présentons de nouveau la surface des palettes au vent, nous serons renvoyés en arrière plus loin que tout à l'heure; un nouveau changement d'orientation nous fera revenir en avant avec une force croissante, et ainsi de suite.