Mouillard, loc. cit., p
s’en étaient assurés en étudiant la respiration de l'oiseau qui n’est presque pas accélérée, ou qui, en tout cas, l’est beaucoup moins que par des battements d'ailes continués pendant quelques minutes.
Les fauconniers pensaient que le violent courant d'air au milieu duquel l'oiseau venait de se trouver l'avait rafraîchi. La vérité, c'est que l'oiseau venait d'accomplir extrêmement peu de travail mécanique.
Puisque des appareils inertes, ayant une forme analogue à celle de l'oiseau et convenablement équilibrés, glissent dans l'air et se transportent à de grandes distances relativement à la hauteur perdue, ces actes, quisont exactement ceux du vol plané, montrent bien que ce genre de vol n’exige aucune dépense de travail : c'est la pesanteur seule qui travaille dans ce cas, puisque l'appareil perd de la hauteur à mesure qu'il avance.
Le vol à voile est essentiellement constitué par une série de planements dans lesquels la force du vent est la source de travail (& 489). Ici encore, l'oiseau n’a, théoriquement, rien à dépenser puisqu'il ne fait guère que d’obscurs mouvements destinés à changer la position de son centre de gravité.
Mais, dans le vol plané comme dans le vol à voile, l'oiseau tient ses ailes déployées et appuyées sur la résistance de l'air, de manière à soutenir tout le poids de son corps. Il est dans la position d’un athlète qui, les bras étendus, rigides et reposant sur deux fûts de colonnes, soutiendrait ainsi tout le poids de son corps. Dans ce cas aussi, il n'y aurait aucun travail fait, extérieurement du moins’, puisque le poids du corps ne subirait aucun déplacement; mais on s'imagine aisément quel effort énorme serait développé dans cet acte, et quelle fatigue s'ensuivrait.
L'oiseau, qu'il plane ou qu'il vole à voile, fait un effort du même genre : il soutient le poids de son corps sur deux appuis laté-
raux qui sont les centres de pression de l'air sous ses ailes. S'il
1. Dans une telle immobilité, l’action du vent a sa résultante au centre de la surface, et par conséquent vers la partie interne de l'aile.
est vrai que, dans le vol sans coups d'ailes, ces centres de pression sont beaucoup plus rapprochés du corps que dans le vol ramé, l'effort du grand pectoral n’en est pas moins très grand'!. Il sera bien intéressant de rechercher si les muscles pectoraux des viseaux voiliers n’ont pas quelque particularité, dans leur structure ou dans leur fonction, qui les rende plus aptes à soutenir les efforts prolongés.
1. Haughton appelle travail statique, celui qui se produit à l’intérieur du muscle pour lui donner un certain degré de force élastique capable de résister à un effort extérieur.
MarEey. — Vol des oiseaux. 22
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CALCUL
Par M. Ch.-M. DE LABOURET.
1. Préambule. — ?. Appréciation de la précision dans la mesure des temps. — 83. Évaluation de la précision dans la mesure des espaces parcourus. — 4. Calcul des vitesses et des forces. — 5. Appréciation de la précision obtenue dans la mesure des vitesses et des forces. — 6. Résumé de la discussion. — 7. Correction due au mouvement du centre de gravité général de l'oiseau. — 8. Valeur de la correction à apporter aux déplacements du repère. — 9. Résultats numériques des lectures. — 10. Valeurs numériques des vitesses et des forces. — 11. Examen des résultats numériques obtenus. — 12. Vitesses horizontales. — 13. Vitesses verticales. — 14. Des erreurs de mesure qui peuvent être causées par une erreur sur les déplacements du centre de gravité à l'intérieur du corps de l'oiseau. — 15. Mesure du travail de l’oiseau. — a. Travail de propulsion. — b. Travail de sustentation. — 16. Résumé de la mesure des travaux.