Voir La mnthinv animale, l'aris, 1^73, p
Ti LE VOL DES OISEAUX.
présente dans son ensemble, ce qui a pu faire croire à Pettigrew que l'aile agissait dans l'air comme une vis dans son écrou.
Je ne signalerais pas cette théorie, si l'autorité de l'éminent anatomiste qui l'a émise ne lui avait donné un certain crédit. IJ est clair que l'action intermittente et alternative de l'aile ne se
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prêterait pas au mécanisme de l'hélice, qui n'obtient la propulsion que par une rotation continue.
L'aile rameuse se termine par lUie pointe ; elle est formée de fortes rémiges comme chez lo Faucon (fig. 39).
L'aile voilière de l'Aigle {fig. 40) ou du Vautour est plus arrondie à sa pointe et déchiquetée, par suite de l'étroitesse et de
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récartement dos rémiges du fouet. En examinant, d'en bas, le vol d'une Corneille, on voit très bien ces intervalles entre les pennes qui s'écartent comme les doigts d'une main ouverte. Cet aspect tient à la conformation dos rémiges primaires des oiseaux voiliers. Ces plumes sont rétrécies à leur pointe par des écliancrures dont la figure 41, omprunt<*e à Prochll, montre la disposition.
Quand un Aigle ou un Vautour glisse dans Tair avec vitesse, en tenant les ailes étendues et immobiles, si Ton csl placé à peu près dans le plan où plane Toiseau, on voit Textrémité dos premières rémiges se relevtM* en forme de crochet. Cette forme est due à la résistance de Tair qui courbe lo bout des rémiges et
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Fig. il. — Rpmige tl'un Kapaoc voilier (Prcchll).
leur donne la forme d'un arc de corde convexe par en bas. Du reste, les rémiges do Tailo voilioro sont pou rigides ; il on résulte même, pour l'oiseau voilier, une infériorité réelle quand il doit pratiquer le vol ramé : ses coups d'ailes n'ont point la vigueur de ceux de l'oiseau rameur.
Les grands voiliers ont les ailes longues, plates, étroites et plus ou moins obtuses ; les rameurs les ont plus aigiïes et concaves en dessous; du reste cette concavité varie à chaque instant, suivant que la résistance de l'air change plus ou moins la courbure dos rémiges.
Entre les deux types exlrèmos de l'aile voilière et de l'aile rameuse, si bien décrits par llubor, il existe une infinité déformes intermédiaires : Tailo! de la Corneille, par exoniplo, participe du type rameur et du type voilier.
Prechtl fait remarquer avec raison ([ue les classifications orniihologiques rapprochent souvent, les unes dos autres, des espèces
qui, au point de vue de la conformation des ailes, sont très dissemblables. Le région qu'habite un oiseau et le genre d'alimentation quïl y trouve, lui imposant des mœurs particulières, en font, suivant les cas, un rameur ou un voilier.
§ 51. De la queue de Toiseau. — La queue n'a pas, au point de vue du vol, l'importance que lui avaient attribuée les premiers observateurs. Ce n'est pas, comme le croyait Aristote, un gouvernail indispensable : les oiseaux qu'on a privés de leur queue volent à peu près comme auparavant.
On a vu toutefois, à propos du vol à voile, que le Milan oriente sa queue de façons différentes, suivant le sens dans lequel le vent souffle par rapport aux orbes qu'il décrit en planant. Tous les oiseaux voiliers, d'après d'Esterno, volent en tenant la queue largement étalée. D'autre part, les oiseaux rameurs, au début de leur vol et au moment de se poser, étalent leur queue dont ils semblent se servir pour soutenir le poids de la région postérieure du corps. La queue des oiseaux semble donc constituer, tout au moins, un organe de perfectionnement pour le vol.
Le squelette de la queue est formé de vertèbres coccygiennes dont les apophyses, ainsi que les os du bassin et le fémur, donnent insertions à des muscles assez nombreux ayant pour rôle d'étaler ou de resserrer, d'élever ou d'abaisser l'éventail de douze pennes qui constitue la queue proprement dite. Ces pennes ou rectrices sont imbriquées à partir delà région médiane ; elles forment deux éventails symétriques dont les lames se recouvrent de dedans en dehors, de telle sorte que la lame la plus résistante ou la plus étroite de chaque rectrice soit toujours la plus externe. Des ligaments élastiques, pareils à ceux des ailes, limitent l'écartement des plumes de la queue. Chez certains oiseaux à vol rapide la queue se bifurque, et les pennes les plus extérieures peuvent acquérir un développement considérable. Mais une queue volumineuse et pesante ne se trouve que dans les espèces qui volent mal.