CONFORMATION GÉNÉRALE DE L'OISEAU
vite est une des difficultés principales que nous rencontrerons plus tard, quand il s'agira de mesurer les forces qui agissent dans le vol de Toiseau, d après les déplacements imprimés à la masse de son corps, et par conséquent au point central où cette masse est en quelque sorte concentrée.
Ces déplacements ont encore une grande influence sur la direction du vol, comme Léonard de Vinci Ta observé; ils en modifient aussi la vitesse : un Héron poursuivi par un oiseau de proie allonge le cou et détale ainsi plus vite.
§ 54. Des différentes façons dont Toiseau corrige ses défauts d'équilibre. — Pour rétablir son équilibre compromis, Toiseau dispose de différents moyens. Il peut donner à Tune de ses ailes des battements plus étendus qu'à l'autre. D'autres fois, il oriente sa queue à la façon d'un gouvernail, pour corriger la direction de son vol, si elle est trop ascendante ou trop descendante. Enfin, par l'allongement ou le raccourcissement de son cou, il produit des effets analogues; les échassiers utilisent, dans le môme but, les mouvements de leurs pattes.
Ces divers moyens de changer l'inclinaison de Taxe du vol se suppléent l'un l'autre. Ainsi, les oiseaux qui ont une large queue ont en général le cou et les pattes assez courts. La queue, au contraire,' est rudimeutairc et peu efficace comme gouvernail chez les Palmipèdes et les Echassiers qui, les uns en tendant le cou, les autres en allongeant les jambes, élèvent ou abaissent à leur gré la direction de leur vol.
Il est surprenant de voir avec quelle vitesse interviennent ces mouvements du cou et de la queue : les actes réflexes les plus rapides en donnent à peine une idée.
Si l'on tient entre les deux mains un Pigeon, de façon que l'axe du corps soit bien horizontal, la queue se maintient aussi danâ l'horizontalité. Mais qu'on vienne à relever tant soit peu la tête de l'oiseau, aussitôt sa queue se relève brusquement, parfois jusqu'à faire un angle droit avec Taxe du corps. Abaisse-t-on au contraire la tète du Pigeon, sa queue s'abaisse aussitôt et s'étale en surface. Il y a là, visiblement, production
instinctive d'actes qui, pendant le vol, auraient pour effet de corriger, comme par un coup de gouvernail, la direction ascendante ou descendante qu'on a imprimée à Taxe du corps de l'oiseau.
Si l'on répète la même expérience sur le Canard, on verra l'animal réagir par des mouvements du cou. Quand l'on élève la partie antérieure du corps, la tète s'abaisse et se porte en avant d'une manière soudaine; si au contraire on abaisse l'avant de Toiseau, la tête se porte en arrière et se loge entre les épaules.
§ 55. Formes du corps et des ailes de l'oiseau. — Les ingénieurs qui construisent des carènes de navires sont arrivés à reconnaître qu'un bateau de bonne marche doit avoir non seulement l'avant de sa carène effilé et tranchant pour fendre l'eau, mais qu'il n'est pas moins indispensable de donner aux formes de l'arrière une finesse au moins égale, pour éviter les remous dont l'action est retardatrice. Les lois de la résistance au mouvement des corps dans les différents fluides sont les mêmes; aussi, la forme de l'oiseau, effilé de Tavant et surtout de l'arrière, est-elle éminemment favorable à la vitesse du vol, en réduisant considérablement la résistance de l'air*.
Quant à Taile qui doit, tour à tour, fendre l'air ou s'y appuyer, elle offre, dans un sens la forme de moindre résistance, dans l'autre celle de résistance maxima.
Pour fendre l'air, l'aile présente un véritable tranchant formé du bord de la membrane alaire et de celui de la première rémige carpienne. Pour s'appuyer sur l'air, elle dispose d'une surface large et légèrement concave* à sa face inférieure, la seule qui doive rencontrer la résistance de ce fluide.
(^ 56. Légèreté spécifique des ailes chez les différentes espèces d'oiseaux. — Au point de vue de leur structure géné-