‹ Physiologie du mouvement. vol des oiseauxChapitre 27 sur 123 · CONFORMATION GÉNÉRALE DE L OISEAU. TO · texte numérisé non relu

CONFORMATION GÉNÉRALE DE L OISEAU. TO

raie, les ailes offrent encore une particularité intéressante : elles sontplus ou moinsmassives ou légères, relativement à Fétendue de leur surface. Cayley *, qui paraît s'être occupé le premier de cette relation, cite le Héron comme type pour les ailes légères; le Fou aurait des ailes deux fois et demie plus pesantes à égale surface. Cayley a été conduit à ces études par la préoccupation de rechercher le type le plus avantageux, pour construire des ailes mécaniques destinées à une machine volante. D après ses calculs, une aile de 54 pieds carrés, construite sur le type Héron, pèserait 7 livres ; la môme surface d'aile, dans le type Fou de Bassan^ pèserait 18 livres ^

§ 57. Rapport de la surface des ailes au poids du corps de l'oiseau. — Tous les oiseaux ne sont pas également bien voilés, comme on dit quelquefois, en employant une locution usitée dans la marine. En d autres termes, les différentes espèces d'oiseaux sont pourvues de surfaces d'ailes très différentes, eu égard à leurs dimensions : le Canard est moins voilé que le Héron. Sur deux de ces oiseaux, dont les poids étaient à peu près égaux, la surface des ailes était dans le rapport de 1 à 2.

Mais la condition qui influe le plus sur le rapport de la surface des ailes au poids de l'oiseau, c'est la valeur absolue de ce poids : Dubochet^ a montré le premier que si l'on compare deux

\, Cayley, Sur la navigation aMcnne {VAéronaute, 1877, p. 179; traduit du Nicholson's Journal, 1809, vol. XXIV, p. 164).

2. Cayley aborda Tétudedu vol dans un but tout à fait pratique. On avait annoncé qu'un horloger viennois, nommé Degen, venait de s'enlever dans les airs au moyen d'ailes mécaniques. Tenant la nouvelle pour certaine, Cayley entreprit de construire également un appareil capable de faire voler un homme. Dans ce but, il étudia les moteurs légers et les lois de la résistance de rair,puis il construisit, comme l'avait déjà fait Léonard de Vinci, de grandes ailes membraneuses, légères et facilement maniables, qui trouvaient cependant sur Tair une grande résistance. Il créa VaéroplanCy construisit un hélicoptère semblable à celui que venaient d'imaginer Launay et Bienvenu ; enfin il fit de nombreux essais d'appareils aviateurs, dont il n'obtint que des résultats imparfaits. Mais de toutes les recherches de Cayley se dégagent d'importantes découvertes, qui ont fait progresser la théorie du vol et dont nous signalerons les principales en temps et lieu.

3. Dubochet, Recherches sur le vol des oiseaux, Nantes, 1834.

oiseaux de môme forme, mais de taille différente, l'oiseau le plus petit aura, relativement à son poids, la plus grande surface d'ailes.

Ce fait s'explique tout naturellement par les lois de la géométrie. En effet, le poids des animaux est proportionnel au cube de leurs dimensions linéaires; leur surface n'est proportionnelle qu'au carré de ces dimensions. De sorte que si l'on compare deux oiseaux géométriquement semblables, mais dont l'un ait deux fois plus de longueur que l'autre, de bec en queue ; si le plus petit de ces oiseaux pèse i 000 grammes, le plus grand en pèsera 8 000, et si la surface d'ailes est de 3 décimètres carrés dans le petit oiseau, elle sera de 12 décimètres dans le grand. Il s'ensuit que, pour porter un poids huit fois plus lourd, le grand oiseau aura des ailes quatre fois seulement plus étendues que le petit.

Dans son remarquable travail sur le vol% Prechtl a tenu compte de ces relations entre la surface des ailes et le poids du corps, chez les différentes espèces ^.

Cette publication était peu connue en France, car en 1868, de Lucy ^ étonna beaucoup les adeptes de l'aviation, en annonçant que les êtres volants ont d'autant moins de surface alairc qu'ils sont plus pesants. Cette relation était déduite d'un grand nombre de mesures prises sur des animaux d'espèces et de tailles différentes*.

1. Preclitl, Untersuchungen ùber den Flug der Vôgel, Wien, 1846.

2. Dans ses calculs, Prechtl compare la racine carrée des surfaces à la

S ' racine cubique du poids; la formule est — f, dans laquelle S correspond à

la surface des ailes et P au poids de Toiseau.

3. De Lucy, Le vol des oiseaux, in Presse scientifique des deux mondes,

4. Pour rendre la comparaison plus saisissante, de Lucy rapportait toutes ses mesures à un type idéal dont le poids serait d'un kilogramme. Ainsi, après avoir trouvé qu'un Cousin qui pèse 3 milligrammes a des ailes de 30 millimètres carrés, il concluait que dans le type Cousin le kilogramme d'animal est pourvu de 10 mètres de surface d'ailes.

Dans un tableau comparatif, de Lucy établit les relations suivantes entre

CONFOUMATION «ÉNÉHALE DK l/oiSKAL. Si

llartings * a cherché, siii* un asst^z^rand nombre d'oisenux, à déterminer le rapport de la surface des ailes an poids de 1 animal; il a consigné ces mesures dans un tableau d ensenible où il compare la racine cubi(iue du poids à la racine carrée de la surface. Hartings obtint de cette fa<:on un rapport^ qui, sans être constant, ne présente plus les écarts surprenants trouvés par de Lncy, au moyen d'une méthode illogique.

J'ai moi-môme dressé une liste analogue ' en opérant sur des oiseaux de différentes espèces, tués au fusil, pesés immédiatement et soumis à la mensuration des surfaces alaires. Le rapport trouvé était à peu près le même» que r(»lui indiqué par Hartings.

Mais c'est surtout à Mullenholï* qu'on doit d'importantes études

lo poids et les surfaces «railos choz un rortain nombre rl't^tros volants :

Espèces. \Wu\n de raaimiil. Siirrarf> des ail(>!«. S. par 1 kil.

Canard :) niilligr. GO unn. c. lu m. r.

Papillon 20 crntigr. 16G3 mm. r. 8 m. l/:t

Pigeon 290 grammo?. 7;>0 r. r. 2™,58Cc.r.

Cigogne 22C:> - 4:>0« c. r. l^.OSH c. r.

Grue d'AiislralH»... î>:,U0 - «:»4:i o. r. on».899r.r.

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