CONFORMATION GÉNÉRALE DE L'OISEAL. SA
oiseau est nécessiiircnient inrapable do volor. Ils citeiil à l'appui de cette thèse l'Aiitrucîhe et hî r.asoar. Mais ne pourrait-on objecter que l'inaptitude au vol existe; également chez des espèces de petite taille, le Pingouin et TAptéryx?
Un examen plus attentif montre que les grands oiseaux rachètent par d'autres avantages le défaut relatif d'étendue de leurs ailes. Considérons en efTet un grand oiseau et un petit, donnant tons deux leur coup d'aile en un temps égal et avec la même amplitude angulaire. Chez le grand ({ui sera, je suppose, double du petit comme dimensions linéaires, la vitesse du bout de l'aile sera double. On sait d'ailleurs, S 57, (jue la surface delailc sera 4 fois plus grande; enfin il est généralement admis que la résistance de Tair croît sensiblement comme le carré de la vitesse. Il s'ensuit que l'aile du grand oiseau trouverait sur l'air l(i fois plus de résistance que celle du petit.
Or le poids des deux oiseaux n'est ([uc dans le rapport de i à 8, de sorte que le grand oiseau serait le mieux doué au point de vue de l'aptitude au vol. Mais en réaliliî il n'(»n est pas ainsi, car la fréquence des battements est sensiblement en raison inverse de la racine carrée des longueurs faites. Ainsi tend à se rétablir l'égalité d'aptitude au vol «mtrc l(\s oiseaux de grande onde petite taille*.
§ 59. Rapport du poids des muscles de l'aile à celui du corps
de l'oiseau. — Aucun animal ne présente, annexés à son appareil locomoteur, des muscles aussi développés que ceux qui agissent sur l'aile de l'oiseau : Borellus avait déjà attiré sur ce point l'attention des naturalistes. Les mesures (jue j'ai prises sur un assez grand nombre d'espèces, de tailles différentes, ont donné ce résultat, que le poids dos muscles pccloraux rst environ \i\ de celui de l'oiseau tout entier.
I. Il n'existe pas do loi simple (|ui règle los relations de Ici fréquence des battements par rapport à la surface des ailes. Cela tient à ce que, chez les espèces de tailles difTéren tes, la forme des ailes varie beaucoup, et qu'à égale surface, il n'est pas indifférent que celte surface soit surtout répartie vers la pointe ou vers la base de l'aile.
Or, comme le travail dont un muscle est capable est proportionnel. à son poids, on peut conclure que nulle espèce animale n'est apte à produire, pour sa locomotion, autant de travail que Toiseau.
C'est pour cela que les aviateurs considèrent tous comnn? impossible que Thomme trouve dans ses muscles pectoraux assez de force pour voler, s'il réussit jamais à créer des appareils mécaniques suffisamment parfaits. Ceux qui ont admis la possibilité du vol mécanique avec les seules forces de l'homme ont supposé qu'il consacrerait du moins à ce travail les muscles de ses jambes. Léonard de Vinci * nous a légué sur ce point d'importantes études mécaniques. Goya, au milieu des rêves fantastiques d'un cerveau déjà hanté par la folie, a représenté, dans ses eaux-fortes, des hommes volant au moyen d'ailes artificielles qu'ils actionnent avec les jambes.
Depuis lors, dans les tentatives prématurées qui ont été faites pour adapter à l'homme des ailes mécaniques, c'est toujours aux muscles des membres inférieurs qu'on a demandé le travail nécessaire pour faire agir ces organes.
Une remarquable étude d'anatomie comparée a été faite par Légal et Reichel * pour déterminer, sur un grand nombre d'espèces d'oiseaux, le poids relatif des différents muscles de l'ailo. Ces auteurs ont trouvé que le rapport de 1/6 entre le poids des muscles pectoraux et celui du corps représente à peu près la moyenne d'un grand nombre de pesées; mais que si l'on considère séparément les oiseaux de différents types, on trouve entre eux de grandes différences. Il y a donc des oiseaux plus ou moins bien musclés^ de môme qu'il y en a de plus ou moins bien voilés.
Le travail de Légal et Reichel est un important complément de celui de Mùllenhoff ; c'est en combinant les documents puisés à ces deux sources qu'on pourra définir les conditions m«^-
i, Léonard de Vinci, Extraits publiés dans VAéoronaute, 2, Légal et Reichel, Ueber die Beziehung der Fhigmuscvlatvr, etc. (Ans dem anatomischen Institut zur Breslau, 1882).