‹ Physiologie du mouvement. vol des oiseauxChapitre 31 sur 123 · DE L'AILE · texte numérisé non relu

DE L'AILE

Action du système nerveux central sur les mouvements des ailes. — La sensibilité semble régler la fréquence des mouvements des ailes diaprés la vitesse du vcl. — Solidarité des mouvements des ailes avec ceux de la respiration. — Force musculaire de Toi seau ; sa mesure dynamométriqae. — Force spécifique des muscles de Toiseau. — Rapidité d'action des mascles de Toiseau. — Phases de la contraction et du relilchement des mascles pectoraux dans le coup d'aile. — Types divers de la contraction des muscles pectoraux chez les différentes espèces d'oiseaux. — Direction de Teffort du muscle grand pectoral. — Fréquence des battements de l'aile dans les différentes espèces; durées relatives des périodes d'élévation et d'abaissement.

§ 60. Action du système nerveux central sur les mouvements des ailes. — On voit dos Canards voler enconi! après que le cuisinier leur a tranché la tôtc ; un Pigeon auquel on a coupé la moelle épiniùre à la région supérieure du cou bat des ailes pendant longtemps, avec rapidité et énergie. Ces faits montrent bien que les centres nerveux de la moelle suffisent pour commander les mouvements du vol et môme pour les coordonner.

Maislc cerveau intervient pour détruire, lorsqu'il en est besoin,

celte symétrie automatique des mouvements. L'oiseau qui veut voler à droite diminue volontairement Tamplitude des battements de Faile droite, de sorte que Taile gauche, progressant plus vite, dévie du côté droit Taxe du vol. C'est volontairement, et par un acte cérébral, que Toiseau qui veut fuir un danger précipite ses coups d'ailes; qu'il ralentit au contraire et suspend ses battements, lorsqu'il se sent emporté avec trop de vitesse. Dans le vol descendant, par exemple, l'oiseau se laisse glisser sur l'air et cesse de ramer. Les rémiges, pourvues d'un appareil nerveux sensilif, paraissent fournira l'oiseau la notion de sa propre vitesse, comme s'il en était averti par la résistance variable de l'air qu'il fend d'un mouvement plus ou moins rapide.

Tout le monde a vu que, dan^ leurs vols de longue durée, les grands oiseaux voyageurs, après un certain nombre de coups d'ailes, cessent parfois de ramer et glissent sur l'air pendant quelque temps ; ils reprennent bientôt leurs battements pour les suspendre encore. Ces alternatives d'action et de repos des ailes semblent destinées à maintenir la vitesse à un degré sensiblement constant, ou tout au moins à l'empêcher de dépasser un optimum propre à chaque espèce.

§ 61. La sensibilité semble régler la fréquence des mouvements des ailes d'après la vitesse du vol. — L'expérience m'a fait voir qu'on peut à volonté accélérer, ralentir ou supprimer les battements d'ailes d'un oiseau, en lui imprimant une translation plus ou moins rapide. Voici dans quelles conditions. Une grande règle de bois, de trois mètres de long, tourne par une de ses extrémités autour d'un pivot placé au centre d'une grande salle ; l'autre extrémité de la règle est soutenue par un fil attaché au plafond verticalement au-dessus du pivot. Cela constitue une sorte de manège à l'extrémité duquel on attache un Pigeon, en lui laissant le libre mouvement de ses ailes. L'oiseau vole circulairement, en entraînant le manège; les coups d'ailes sont assez fréquents, 8 à 10 par seconde.

Augmentons la vitesse de rotation du manège, en le poussant avec la main ; aussitôt la fréquence des coups d'ailes de Toi-

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