‹ Physiologie du mouvement. vol des oiseauxChapitre 32 sur 123 · PHYSIOLOGIE DE L'APPAREIL MOTECR DE L AILE · texte numérisé non relu

PHYSIOLOGIE DE L'APPAREIL MOTECR DE L AILE

seau diminue : elle tombe à 4, à 3, à 2 batlcmcnts par seconde.

Pressons encore le mouvement, les ailes s'arrêtent, étendues et légèrement relevées. L'oiseau, dans lattilude du planement, se laisse emporter dans la rotation du manè^(\ Dès que le mouvement se ralentit, il recommence à battre des ailes; il cesse quand on donne au manège une nouvelle impulsion, reprend encore quand sa translation se ralentit. En labsence d'une mesure précise, j estime la vitesse qui correspond à ] arrêt des battements d*ailesà 16 ou 18 mètres par seconde. Cette expérience mériterait d'être reprise avec soin, car il y a peut-être \\\\ rapport défini entre la vit(?sse de loiseau et le nombre des coups d ailes qu'il donne à cbaquc seconde.

C'est du cer\-eau sans doute (ju émane l'action modératrice qui règle la fréquence des mouvements d'après la vitesse de Toiseau : une blessure à la tète le rend incapable de modérer ses coups d'ailes. On sait qu'une Perdrix, atteinte d'un grain de plomb au cerveau, se met à battre des ailes avec* une extrême rapidité ; elle s'élève souvent ainsi à une ^q»ando liauteur, jusqu'à ce qu'elle retombe comme une masse.

§ 62. Solidarité des mouvements des ailes avec ceux de la respiration. — Tous les observateurs, depuis (lalien, ont noté que certains oiseaux poussent des cris au moment où ils s'envolent. D'Esterno considère ces cris ronime involontaires et pense qu'ils sont provoqués par les grands eflorts (|uo l'oiseau doit faire pour prendre son esM)r. Il serait bien étonnant, dit-il, que l'oiseau, si déliant à l'endroit du cbasseur, se trahît volontairement par ses cris, s'il avait le pouvoir de les retenir. C'est qu'en effet les efforts énergi([ues des muscles pectoraux s'accompagnent d*émission d'air par la trachée'.

1. On peut s'en convaiiirnî [»ar rt'xjujiieiuM» suivanfo. On trarlirotomist' un oiseau et l'on iniroduit dans la trarlire un tube en T (jui, tout en laissant libre le passage normal de Tair pour la respiration, lui ouvre lat«»ralenient une issue que Ton mol en rapport avec un appareil manométrique insoripteur. Cet appareil, auquel j ai donm'» le nom de tambour à levier*, trace

• Voir la Méthode grojih'mue, p. ii»î. Taris, (î. Ma*?<ni. lS^i.

La conformation de l'oiseau explique ces relations entre le battement des ailes et les mouvements respiratoires. En effet, les muscles grands pectoraux s'insèrent, d'une part, à la crête du sternum ou bréchet, et, d'autre part, à la base de l'humérus que la résistance de Tair empêche d'obéir rapidement à la traction des muscles. L'effort combiné des deux pectoraux comprimera donc la cage thoracique et expulsera par la trachée une partie de l'air contenu dans les sacs pulmonaires. Quand cette émission d'air se fait avec une certaine violence, ainsi que cela se voit dans les coups d'ailes de départ, elle donne naissance à des cris. Sur la Poule et la Perdrix, par exemple, ces cris sont saccadés et scandés exactement comme les battements des ailes.

§ 63. Force musculaire de l'oiseau. — On attribue généralement aux oiseaux une force extraordinaire : Borellus pensait que leurs muscles pectoraux étaient capables de soulever un poids dix mille fois plus grand que celui du corps. Buffon a écrit que le Cygne peut, d'un coup d'aile, briser la jambe d'un homme. Audubon a émis des appréciations non moins étonnantes. L'expérience devait réduire beaucoup ces estimations de la force des oiseaux.

En physiologie, quand on veut connaître la force d'un muscle, on en détache le tendon et l'on cherche quel est le poids maximum que ce muscle électrisé soulève par son raccourcissement. On trouve ainsi que, pour un même animal, les muscles sont d'autant plus forts qu'ils sont plus gros, c'est-à-dire qu'ils contiennent un plus grand nombre de fibres contractiles.

sur un cylindre tournant les émissions et aspirations de l'air; il en résulte une courbe sinueuse dont chaque ondulation correspond à un mouvement respiratoire. Un long tube de caoutchouc met la trachée de Toiseau en communication avec le tambour inscripteur, tout en laissant au vol la possibilité de s'effectuer sur un assez long parcours. Dans Tétat de repos, Toiseau respire lentement, et le tambour à levier trace des oscillations peu fréquentes. Mais, au moment de Tessor, les courbes prennent une extrême fréquence et une grande amplitude, en rapport direct avec le nombre et rétendue des coups d'ailes. Les ondulations du tracé diminuent d'amplitude quand le vol a pris sa vitesse habituelle; car les battements d'ailes deviennent alors moins étendus.

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