PHYSIOLOGIE DE L'APPAREIL MOTEUR DE L*A1LE. <J
En mesurant ainsi la force musculaire d'une Buse, j'ai obtenu pour reflbil; développé par les deux muscles grands pectoraux 12 kil. 600 grammes*.
§ 64. Force spécifique des muscles de Foiseau. — On appelle force spécifique d'un muscle, Teffort développé par un faisceau de ce muscle qui aurait 1 centimètre carré de section transversale.
Si l'on pratique sur la Buse une coupe du grand pectoral, perpendiculairement à la direction de ses libres, on trouve que la
i. Voici comment on peut mesurer la force musculaire d'un oiseau.
S'il s'agit d'une Buse, ou de quelque oiseau de proie difficile à manier, on commence par le chaperonner, ou par lui envelopper la tête dans une étoffe opaque, ce qui a pour effet de le plonger dans la torpeur et même de supprimer chez lui toute marque de sensibilité. On couche alors Tanimal sur le dos, au bord d'une table, de façon que Tune des ailes puisse être étendue en dehors de la table. L'autre aile est chargée d'un sac de grenaille de plomb qui rimmobilisc.
I/aile restée libre étant étendue en dehors de la table, on y accroche, au niveau de Textrémité cubitale de l'humérus, un plateau de balance dans lequel un aide verse graduellement de la grenaille de plomb ; en même temps, on électrise les muscles pectoraux avec des courants d'une machine d'induction. Aussitôt que l'équilibre est établi entre le poids soutenu et l'effort du muscle contracté, on arrête l'expérience. Dans une mesure de la force musculaire de la Buse, le poids soutenu était de 2^,390^^
L'équilibre obtenu dans l'expérience qui vient d'être décrite est tout à fait comparable à celui qui s'établit dans une balance romaine, entre l'objet pesé et le poids appliqué sur un bras de levier plus ou moins long. En effet, la force du muscle grand pectoral agit sur l'humérus, très près de l'articulation de l'épaule; le poids qui équilibre cette force est au contraire placé tout au bout de Thumérus. Pour connaître la valeur du bras de levier de ces deux forces, il faut, après avoir sacrifié l'ois^^au, déterminer par la dissection le lieu où s'insère le grand pectoral, et la distance qui sépare son insertion du centre de mouvement de rarliculalion de l'épaule.
Si Ton lient compte de l'étendue de l'insertion du grand pectoral sur rhumérus et de l'obliquité des libres de ce muscle, on trouve que chez la Buse son elfort s'applique à 17 millimètres environ du centre de mouvement de l'épaule. (Juant au poids soutenu parla contraction musculaire, il était appliqué sur l'humérus à ÎK) millimètres du centre de l'articulation.
La force totale du {^rand pectoral avait donc pour valeur :
F r- -2 :m) X 00 -: 12 kilo^T. 600 ^r.
On peut toutefois objecter à ces. expériences, que les contractions arti-
surface de section est de 9''%7. En divisant par ce nombre les 12 600 grammes que le muscle est capable de soulever, on trouve, pour l'effort développé par chaque faisceau dont la section serait d'un centimètre carré : 1 kil. 298 grammes.
En opérant de la même manière sur un Pigeon, jai obtenu pour la force spécifique : 1 kil. 400, chiffre un peu plus élevé.
La force spécifique présente dans les diverses espèces d'animaux des valeurs inégales. Ces différences sont tout à fait comparables à celles qui existent dans certaines machines, relativement à la tension de vapeur sous laquelle elles fonctionnent.
Les machines k basse ou à hattie pression pourraient être désignées sous les noms de machines à petite ou à grande force spécifique : les premières ne soulevant guère plus d'un kilogramme pour chaque centimètre carré de la surface de leur piston, tandis que les autres soulèvent 10 ou 20 kil., si la tension de la vapeur y est portée à 10 ou 20 atmosphères.
Les muscles des oiseaux seraient assimilables aux moteurs à basse pression, puisqu'ils ne développent guère plus d'un kilogramme par centimètre carré. Au point de vue de la force spécifique de leurs muscles, les oiseaux ne sont pas supérieurs aux mammifères. Mais il ne faudrait pas en conclure que l'homme serait capable de voler comme l'oiseau avec la seule puissance de ses muscles. On a vu en effet, § 48, que l'oiseau l'emporte sur tous les autres vertébrés pour le volume et par conséquent pour la force relative des muscles de ses membres antérieurs.
§ 65. Rapidité d'action des muscles de roiseau. — On admet que la résistance de l'air contre une surface qui se déplace croit sensiblement comme le carré de la vitesse du mouvement com-
flciellement provoquées par Télectricité dans les muscles ne sont pas nécessairement de même force que celles que la volonté commande dans les conditions normales du vol. C'est pourquoi j'ai recouru à une autre sorte de mesure dont il sera question plus loin, et dans laquelle les forces sont estimées d'après les vitesses qu'elles impriment à la masse de l'oiseau pendant le vol.
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I vitosse, pour y trouver lu vésialuncu (jiii sert du point d'appui
I au vol, et il ne servirait de rien ù l'oiseau d'avoir des muscles
capables d'elTorls considérables, si ces muscles n'avaient, en
I même temps, une fétide rapidité d'action.
La duri^e et les phases des actes musculaires se mesurent par I In Myoprapliic', c'est-à-dire en inscrivant sur un cylindre tour- I liant les mouvements communiqués par un muscle à un style traceur. Or, eu inscrivant comparativement les mouvements de muscles de différents animaux, on trouve que les oiseaux ont I des actions muscnliiirea beaucoup plus rapides que les autres I vertébrés'.