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2, Sans entrer dans le détail des expériences rnjographiques, nous reprék senterons seulement, dans la figure 43, quelques tracÈa du myographe, afin I de montrer comment se Iraduisent en courbes IVimpiiiudc, lu durée et les |l>b(MS des mouvements enregistrés pni' un ransTle ((ni se <-onlrni'tr, pui* I se relâche.

iiirbes 1.^,1! cnrrespoiident ri trois mouvements différents, succe?- ^sivemenl inscrits sur un cylindre qui tournait uniformément.

L'élenitae du mouvement est indiquée par la hauteur comptée verlicale- BMTit (on sur l'axe des ordonnées), de sorte que la courbe t correspond nu nmvempnt le plus étendu, la courbe 3 à celui dont raniptitiidc est la pins iuVte.

La darfe du mouvemenl est exprimée par la longueur de la courbe, ill{tlâe liorizonL-ilement (nu sur l'axe des iibscissea); elle est rourte dans apremière courbe, et de plus eu plus f^ande dans les suivantes.

I phase» du mouvement se traduisent par la penle plu« ou ntoin-: I indinép des dilTérenls élémenls de ht ronrbr. Ainsi, dans le n- 1, le soitl-'-

La Tortue, au contraire, a des mouvements très lents : quand on excite un de ses muscles, il met plus d'une seconde à accomplir son raccourcissement, de sorte que ces deux vertébrés, la Tortue et TOiseau, si voisins Tun de Tautre par leurs affinités zoologiques, occupent des rangs extrêmes dans la série des vertébrés, si on les classe au point de vue de la rapidité d'action de leurs muscles.

§ 66. Phases de la contraction et du relâchement des muscles pectoraux dans le coup d'aile. — On raconte que Milon de Crotone, s'entourant la tête d'une corde serrée, la brisait en rapprochant violemment les mâchoires, c'est-à-dire en contractant ses muscles temporaux. C'était le gonflement des muscles contractés qui tendait et brisait la corde. Vraie ou fausse, cette légende correspond à un fait réel, c'est qu'un muscle renfermé dans une ligature inextensible exerce sur elle un effort d'autant plus violent qu'il se contracte avec plus d'énergie. Et si, entre le muscle et l'enveloppe, on introduit un appareil dynamographique^ celui-ci pourra traduire l'énergie de la contraction avec ses différentes phases. C'est d'après ce principe que j'ai inscrit les phases de la contraction et du relâchement des muscles pectoraux d'un Pigeon pendant les battements de ses ailes.

Chacun peut apprécier sur soi-même le durcissement et le gonflement du muscle biceps en contraction. Les muscles pectoraux de l'oiseau subissent des phénomènes semblables chaque fois qu'ils se contractent pour abaisser l'aile. C'est ce gonflement qu'il s'agit de transmettre à un appareil inscripteur; il traduira, avec toutes ses phases, les variations de la force

vement de la courbe est brusque; il est lent dans les deux autres. Enfin puisque la phase ascendante de chacune de ces courbes correspond au raccourcissement du muscle, on reconnaît, au premier coup d'œil, que les trois muscles avaient des raccourcissements, d'intensité, de brusquerie et de durée très inéj^ales.

C'est par cette méthode qu'on a constaté que le muscle pectoral des oiseaux se raccourcit plus brusquement que les muscles des autres vertébrés dont les mouvements ont été étudiés par la myographic.

PHYSIOLOGIE DR I/APPAREIL MOTEL'R DE L'AILE. 9j

motrice pendant le coup d*aile. Voici comment se fait rexpérience.

Un Pigeon est revi^tu d'une sorte de corset à l'int^îrieur duquel on gUsse, en face de Tun des muscles pectoraux, une capsule dynamométrique^ sur laquelle agiront les changements qui surviendront dans les dimensions transversales du muscle. Un tube de caoutchouc, dWme dizaine de mètres de longueur, met cette capsule manométrique en rapport avec un tambour inscripleur.

La figure 43 montre la disposition de Texpérience, dans laquelle Toiseau peut voler sur un parcours d'une quinzaine de mëtreSy sans cesser d'être en communication constante avec l'enregisteur. A la fin du vol, on trouve inscrites sur le cylindre une série de courbes à retours périodiques très réguliers, figure 46, ligne inférieure* f

On peut affirmer d'avance que la partie la plus haute de ces courbes correspond à la phase d'abaissement de l'aile, puisque l'élévation de la courbe exprime h; gonflement, c'est-à-dire le

4. Cette capsule est ainsi formée (fig. 44). Lue petite cuvette de métal contenant à son intérieur un ressort à boudin est fermée par une membrane de caoutchouc. Le ressort intérieur tend à soulever Ja membrane et presse la surface du muscle exploré. Un tube de caoutchouc met Tintérieur de la

Fig. 44. — Capfluin manomt'triquo pour explorer les chuiigcmcnts de fornift ile.s masoles qui so

«•ontrjirt<Mit.

capsule en communication avec le tambour itiscriplcur. Quatre griffes, situées autour de la capsule, la font adhérer au cors(»t et rcmpèchent de se déplacer par Teffot des mouvements de Toiseau.

Les changements d'é|)aisseur du muscle font que le ressort à boudin le déprime pendant le reiàcheineiit, tandis (jue ce ressort est repoussé quand le muscle durcit en se contractant. Il en résulte des mouvements d'air qui se transmettent de laca[>sul<" an lovi«'r inscripleur, et récipro(iuement.

Wt 1.E VOL DES ÛlSEALiS.

raccourci Bst! me lit (lu muscle abuisscur. Mais il était plus sur de s'assurer di> cette correspondance par une expépipneo directe. La clironograpliie électrique servit .i inscrire, en môme tmips que la courbe myographique, les débuts des élévations et des ubaisscments du l'iiile'.

Les deux tracfts sont réunis dans la figure 4ti qui montre qu'en effet le gonflement maximum du muscle grand pectoral correspond à la lin de l'abaissement de l'ailo, instant où il est raccourci

1. Une sorte de petite lanfçuelte, mise en mouvement par lu résistance de l'air, fut placée à l'extrémité de l'aile. Cette languette, en se déplaçanl, ouvrait et fermait tour ù tour un circuit ûleclrîquf?, suivant que l'aile de l'oiseau comiuençait à monter ou à descendre. Sur le trajet du circuit un nigitni ^krtro-mognt'liijue {voir in Méthofir. grnphigtie, p. 47H) Irnrnil ses indications sur le cylindre par sa poinle silni''' exaclenicnt im-drssous de i-ello du tanihiiiH- niyo((rapliiquc.

PHYSIOLOGIE DE L APPARUL HOTEUH DE L'AILE.

I maximum. Cette figure montre aussi que le raceourcisse-

bent du grand pecloral, et par suite l'abaissement de l'aile, ne

s foit pas avec une force constunte, maïs prt^sente des phases

^Ssez compliquées sur lesquelles nous n'insisterons pas îei '.

§; 67. Types divers de la coatraction des muscles pectoraux ihez les différentes espèces d'oiseaux. — En opérant de la bénie iiiiiniire sur difTéiunles espèce* d'oiseaux, on otilient dos s de tonnes varices qui prouvent que l'acte musculaire n'a is, chez tous, la même intensité ni les mêmes phases (fig'. 47). i Toutefois, dans chacun des tracés I, II, III, IV, V, on observe le retour périodique de deux ondulations parfaitement reconoaissables a et A, qui se reproduisent à chaque battement complet, ou révolution de l'aile : l'ondulation a correspond à E^lévation; l'ondulation A, à l'abaissement de l'aile^.

~ 1. Voir, pour les détails Je ces expérience?, Harey, Mémoires mr le vol des t et det oiseuux. Bibliothèque des Hautes-Études, 18G9. [ij'.^Ceaten contrôlant par l'inscription électrique le sens des mouvements i roile, qu'on reconnaît que l'on du lu lion a' correspond exactement au DpB d'élévation, l'ondulation 6' au temps d'abaissement. i., L'explication do ce redoublement de la courbe musculaire est assez ^licate.

l'ai supposé d'abord que l'ondulation h' était due h l'acUoa de l'abaisseur

(l'tMie, tandis que a' serait produite par le releveur. L"eipérience semble

GbiiAnner cette supposition.

fil elTet, comme les muscles grand et moj'en pectoral ne sont pas de

Mabrt. — Vol des oiaenux. "

S 68. Direction de l'effort du muscle grand pectoral. — Si l'on [ considère l;i slruuturc ilii i;riinil pocioral ili; IViisL'au. un voit que ses Tihi-es. parliiiil >]<■ riiiiinrni-. ,li\iTf;.[ii p..ijc -,> ivn-in.' aux

fosses sternales o(i elles s'insèrent. Or, si l'on cherche la direction moyenne de ces libres rapportée à l'attitude de l'oiseau dans te

même étendue, il s''enaiiit que, dans certaines régions de la fosse slemale, l'application de la capsule d y namom étriqué ne devra pas subir les efTets du gonflement du moyen pectoral. Cela arrive si la capsule est appliquée dans la région externe des masses rausuulaires. Le tracé qu'on prend de cette manière ne donne qu'une ondulation, celle qui correspond au grand pectoral ou abaisseur de l'aile.

D'BuLi'e part, l'inégale importance des ondulations a et b chez les différentes espèces parait s'expliquer par l'inégal développement que présente le muscle élévateur de l'aile chez les rameurs et chez îtt voiliers, ce muscle étant plus développé chez les premiers que chez les seconds.

Taliii ITravaux de mon laboratov-e, t. III, p. ;tOO) a émis sur l'origine dr ces deux ondulations une hypothèse ingénieuse : il attribue la plus forte à la contraction active du grand pectoral dans l'abaissement de l'aile, la plus faible à l'elTnrt résistant du même muscle quand le vent relatif produit par la vitesse de l'oiseau fait remonter l'aile (voir au chap. xvii).

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