PHYSIOLOGIE DE L'APPAREIL MOTEUR DE L'AILE. U
vol, on trouve quelle s'approche beaucoup plus de Thorizontaie que de la verticale *. De sorte que, si Tactioii totale du faisceau est décomposée en deux forces, dont Tune soit horizontale et l'autre verticale, la première l'emporte de beaucoup sur la seconde ^
Si Ton compare dos oiseaux de différents types, au point de vue de la direction moyenne des libres du grand pectoral, on trouve des différences très grandes. Tout porte ii croire que la direction de l'effort du grand pectoral est en rapport avec le genre de vol propre à chaque espèce. D'une manière générale, les rameurs ont les fibres du grand pectoral plus obliques, tandis que chez les voiliers ces fibres se rapprochent davantage de la verticalité. Ces particularités ont une très grande importance au point de vue du mécanisme du vol ; il en sera de nouveau question plus loin.
§ 69. Fréquence des battements de l'aile dans les différentes espèces. — On a vu S 20 t[ue l'observation directe permet de compter les coups d'ailes sur les grandes espèces d'oiseaux, qui ne donnent que de rares battements. Mais, sur les petites espèces, Tœil ne peut suivre les mouvements de Taile ; aussi la myographîe est-elle un précieux moyen pour déterminer rigoureusement cette fré(iuence\
1. Marey, yutc sur lea lalfurs relatives des deux composantes de la force dépensée dans le coup d*ailc d*'. Voiscau, drduites de la direction et de Vinaertion des fibres du grand pectoral, Acail. des sciences, l*^"" oct. 1888.
2. On pourrait peiit^'in; ex{>rimor la relation de ces deux composantes entre elles au moyen de la construction suivante. On ciicrciierait le centre de la surface dMnsertion du ^'rand pectoral au sternum et Ton joindrait ce point au centre de l'insertion de ce muscle à l'humérus; on verrait alors l'angle ([ue fait cette li;ine avec la verticale et avec l'hcu-izontale lorsque le corps de l'oiseau est placé dans la position (ju'il occupe pondant le vol.
3. Pour rendre plus précis»» l'estimation du temps, dans le^^ courbes myographiques, on fait inscrir»' sur le cylintire les vibrations d'un diapason, comme dans la li;rure 'H'». Si lo diapasrni vibrtî lOi» fois par seconde, en prenant au compas la Ionu'u«'ur d«' la courbe du phénomène à mesurer, et en portant cette lon^'ueur sur le tracé du diapason, on obtiendra la durée de ce phénomène, en centièmes de seconde, d'après le nombre des vibrations entières contenues dans rnuveitun» du cnnipas. La juvcision pourrait même
00 LE VOL DES oisE\i;>;.
Voici les mesures obtenues sur quelques espèces d'oisi
Moineau , i3
Canard 9
Pigeon 8
Busard "3/4
Chouette effraie ^
% 10. Durées relatives des périodes d'élévation et d'abaissement. — Au point de vue absolu, ces mesures ont peu de valeur puisque, sous maintes iulluences, l'oiseau change la fréquence des battements de ses ailes. Mais la méthode graphique a justement l'avantage de mesurer exactement les eifets de ces inlluences. Elle montre, par exemple, qu'au moment de l'essor, les ballemt^nts des ailes sont un peu plus rares qu'en plein vol ;
mais alors l'oiseau rachète cette moindre fri^quence par une plus grande amplitude, ainsi que le montre la figure 48.
Cette fri^quence des coups d'ailes augmente quand l'oiseau porte une surcharge ; on s'en assure en lui appliquant sur le dos des lames de plomb plus ou moins épaisses qu'on y fixe avec des liens élastiques et peu serrés. Un Pigeon peut porter ainsi 60 grammes, une Buse plus de 100 grammes, sans cesser de voler dans un plan horizontal. Ces expériences mériteraient d'être
Être poussée beaucoup plus loin, car la longueur d'une ïibralion du diapason correapond il uu centiÈme de seconde el, divisi^e eu II» parties, donnerait le niillième de seconde.
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répétées sur un grand nombre d'espèces, car elles sont importantes pour la mesure du travail dépensé dans le vol.
La durée relative des phases d'élévation et d'abaissement de l'aile s'obtient aussi par la chronographie électrique*. Contrairement à l'opinion émise par certains auteurs, la durée de rabaissement de Taile est en général plus longue que celle de l'élévation*. L'inégalité de ces deux périodes est surtout marquée chez les oiseaux dont les ailes ont une grande surface et qui donnent des battements peu fréquents. Ainsi, tandis que ces durées sont presque égales pour le Canard, dont les ailes sont très étroites et battent très vite, elles sont déjà inégales chez le Pigeon, et bien plus encore chez la Buse. Voici, en soixantièmes de secondes, les durées de ces deux périodes :
Esp^e Durt'e totale d'un Montée. Descente.
de l'oiseau. coup d'uilc.
Canard 6 2/3 3 3 2/3
Pigeon 7 1/2 3 4 1/2
Buse 21 1/2 8 1/2 13