‹ Physiologie du mouvement. vol des oiseauxChapitre 51 sur 123 · SUCCESSION DES MOUVEMENTS DU VOL. 1C · texte numérisé non relu

SUCCESSION DES MOUVEMENTS DU VOL. 1C

point de repère pour ces mesures. La vitesse estimée d'après Tespace parcouru entre deux éclairements consécutifs, c'està-dire en 1/50 de seconde, se mesure, soit sur la trajectoire de rœil, soit sur la projection horizontale de cette trajectoire. En adoptant cette dernière mesure, on trouve les valeurs suivantes : maximum 0°,16 en ~ de seconde, soit 8 mètres à la seconde; minimumy 0*^,12 dans le même intervalle de temps, soit 6 mètres à la seconde. La vitesse atteint son maximum à la fin de l'abaissement de l'aile, son minimum à la fin de la remontée.

Oscillations verticales du corps. — Mesurées d'après le déplacement de l'œil, au-dessus et au-dessous de l'axe du vol, ces oscillations ont une amplitude de 0"*,08, soit 0",04 de chaque côté de cet axe. Les deux phases, soit positive, soit négative, de Toscillation ont sensiblement la même durée, car toutes deux contienneht le même nombre d'images. La phase positive, ou convexe par en haut, correspond à l'abaissement de l'aile ; la phase négative ou convexe par en bas, à son relèvement.

Changements d'inclinaison du corps. — L'axe longitudinal de l'oiseau, c'est-à-dire la droite qui le traverserait du bec à l'extrémité de la queue, est sensiblement horizontal dans l'intervalle des deux oscillations dont nous venons de parler. Mais pendant l'abaissement de l'aile, l'extrémité antérieure de l'axe du corps se relève légèrement; elle s'abaisse au contraire, quand l'aile remonte.

Trajectoire de faite. — Comme les articulations du coude et du carpe s'ouvrent et se ferment tour à tour; comme d'autre part la surface des rémiges se courbe et s'incline en sens divers, il est nécessaire de spécifier le point dont on veut déterminer la trajectoire. Le carpe est celui que j'avais choisi dans certaines expériences graphiques (§ 79) ; nous le suivons également sur les images photographiques, il y est en effet toujours visible*.

1. Ce point présente encore un intérêt particulier: c'est d'être très voisin du centre d'action de l'air sur l'aile, ainsi qu'on le verra plus tard.

On a indiqué, sur chaque image, la position du carpe au moyen d*un point; puis, en joignant tous ces points entre eux, on a obtenu une courbe sinueuse que l*axe du vol partage asser inéga-^ lement : la partie située au-dessus de cet axe est en effet notablement plus grande que. celle qui est au-dessous.

Cette énumération des renseignements fournis par les photochronographies pourrait être complétée par Tindication des tra-r jectoires de différents autres points du corps, mais cela n'aurait pas d'intérêt pour le moment. Il suffit d'avoir montré comment on peut tirer de ces images les éléments nécessaires .pour une étude cinématique du vol dos oiseaux.

§ 104. Reproduction synthétique de Tapparence des iHouTe^ ments du vol au moyen du phénakistiscope. — Tout le nûmde connaît Tingénieux instrument imaginé par Plateau et auquel il a donné le nom de phénakistiscope. Il est formé d'un diaque tournant sur son axe et à la circonférence duquel sont tracées une série d'attitudes correspondant aux différentes phases du mouvement qu'on veut reproduire. Ce disque est placé devant un miroir qui en renvoie Timage, et Tobservateur regarde par une sérié de trous à travers lesquels il perçoit les images représentées dans la série des attitudes successives de l'objet. La persistance des impressions lumineuses sur la rétine fait que cet objet paraît exécuter des mouvements continus à retours régulièrement périodiques.

Les onze images représentées fig. 97 ont été agrandies et disposées circulairement sur un disque de carton. Des fenêtres convenablement espacées ont été percées dans le disque et celui-ci, mis en mouvement devant un miroir, a donné Tillusion parfaite d'un oiseau qui bat dos ailes.

On sait que, pour avoir une sensation visuelle continue au moyen d'impressions successives, il faut que ces impressions se renouvellent environ 40 fois par seconde. Le disque ci-dessus représenté donne donc Fillusion d'un mouvement continu, à la condition de faire un tour à la seconde. Or, si chaque tour du disque fait assister l'observateur à toute la série des phases d'un

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baltomenl d'uiks, et s'il faut une seconde pour que cette »éi-ie ee déroule, le mouvement qu'on aperçoit dons le pluïnakistiacope it 5 fois plus lent, et par const^quent plus facile à observer, que

'^daus la nature, puisque le Goéland donne cinq coup» d'ailes nr seconde.

Avec un plus grand nombre d'imno;es, et un plus grand nombre I fenêtres, on pourrait produire l'illusion d'un mouvement continu, tout en ralentissant plus encore les mouvements apparents de l'oiseau. C'est ce ralentissement des mouvements qui rend précieux l'emploi de phénakistiscope, en permettant à l'œil a facilement toutes les phases d'un acte qui écbapperait \ k l'observation directe. Peu à peu, on imprime au disque une

rotation plus rapide, et l'oeil, familiarisé avec le mouvement qu'il vient d'observer, continue à en discerner les phases, malgré leur brièveté croissante. On arrive de la sorte à faire Téducation de sa vue, et Ton saisit bientôt, dans l'observation directe des mouvements des êtres animés, certains détails qui échappaient auparavant.

C'est ce que j'ai constaté sUr moi-même, à propos des allures du cheval, de la course de l'homme et même du vol de certains oiseaux.

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