CHAPITRE IX
spectateur désappointé. Relâche.
Quand le succès ne répond pas aux espérances trompées de l'auteur 5 quand le spectateur, qui comptait sur une soirée charmante, a compté sans son hôte, la yengeance est toute prête, le parterre siffle.
Justice est faite j et tout est dit.
Mais ce qui rend le spectateur furieux , ce qui empourpre son visage d'une sainte et légitime colère , c'est lorsqu'il se voit la victime de l'une de ces mystifications qui arrivent trop souvent.
Un programme magnifique et d'une hauteur démesurée a été affiché sur tous les murs de la grande ville.
Le spectateur, émerveillé des promesses de la direction , accourt en toute hâte.
Il est bureaucrate. Au lieu de quitter son bureau à six heures, il le quitte à cinq. Il avance l'heure de son dîner, pour n'être pas en retard.
Arrête I infortuné spectateur. Où vas-tu , d'un pas si leste , d'un air si coquet? Monsieur et madame ont fait une superbe toilette de premières galeries.
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Arrête! te dis-je. Aux portes du théâtre ne vois-tupas cette -6a72c?e perfide que vient d'y accoler une main mystérieuse ?
Le doigt qui écrivait sur le mur au Festin de Balthazar n'était rien en comparaison de cette main , de la main qui vient d'écrire cet avis , cet abominable avis : et dites ensuite que tous les avis sont bons \
Un mot.
Trois syllabes.
Sept lettres.
C'est tout. Mais en voilà assez pour révolutionner une ville , quand dans les sept lettres réunies on trouve :
Belâche.
Abominable relâche , va î
Frais de toilette ,
Course en omnibus ,
Rôt brûlé pour être cuit plus vite; tout est perdu !
Et pourquoi ?
Parce qu'on fait relâche.
Eh ! messieurs les directeurs, quand ferez-vous donc relâche à vos relâches ?
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