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CHAPITRE XII

Spectateur aux diSërents théâtres.

Types variés.

lî est cent variétés de spectatetirs.

Le spectateur ressemble à ce groupe de :)eautés dont nous parle l'auteur de Y Art r aimer; beautés gracieuses, coquettes, égères, sentimentales , toutes jolies, toues charmantes, toutes sœurs par leurs at-

traits, mais d'attraits assez variés pour qu'on ne puisse pas les confondre.

Le spectateur de l'Académie royale de musique se drape dans son manteau de mélomane, doublé d'ancien régime , moitié Jupiter et moitié Jeune-France. Le spectateur de la rue Lepelletier porte des gants jaunes et des bottes vernies — spectateur mythologico- Jeune-France.

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Le spectateur, au Théâtre-Français, est

majestueux comme le Cid, qu'il tutoie assez volontiers. Il aime les Grecs et les Romains. Il porterait de grand cœur la toge de Brutus ou le chaperon de Louis XI — spectateur classique.

Au Théâtre-Italien, le spectateur ne jure que par donna , hravo et hravi.

Lablache et Tamburini sont ses dieux — spectateur dilettante.

L'Odéon, Ventadour — quand ils sont ouverts — ^l'Opéra-Comique , tiennent , par leurs spectateurs :

L'Ode'on, des Français;

p'entadour^ des Italiens ;

\S Opéra- Comique , du grand opéra — doublure.

Km Gymnase, le spectateur vit dans le respect pour M. Scribe, père des Colonels de V empire, et possesseur de plusieurs millions.

M. Scribe, après avoir doté trois à qua -

tre cents amants, tous plus heureux les uns que les autres, a fini par se doter lui-même.

Au Gymnase , spectateur à petites passions, spectateur à Veau de rose.

Le spectateur du Faudeville est arnalien; Arnal est son dieu. Quand Arnal ne sera plus , le spectateur du Vaudeville se fera athée.

Au Palais-Royal, le spectateur est licencieux et gastronome, et quitte Yéfour pour Déjazet. Il jure comme Fert-Vert et chante comme Frétillon , Frétillon , cette bonne fille, enfant bien-aimée de notre ami et collaborateur Decomberousse.

Au Palais-Royal, spectateur -viveur.

Aux Variétés, le spectateur aimait Madame Gibou et Madame Pocli et; maintenant il en tient pour Lafont et le Chevaîi er de Saint-Georges — spectateuriuconstant.

Le spectateur de la.PorteSami-Mariin ressemble à celui de la Gatté.

Celui de la Gaîté ressemble à celui de l'Ambigu — spectateur ultra-romantique.

Au Cirque^ le spectateur aime , en fait de littérature, Auriol et les Dames colonels— spectateur cavalcadour.

Aux Folies-Dramatiques f le spectateur rit comme un fou.

N'oublions pas Saint-Antoine , réveillant l'habitant du Marais au bruit de ses grelots j

Le Gymnase enfantin et le Théâtre Comte, cet Eldorado des enfants qui ont été bien sages j

Et le Luxeîuhourg , où l'on rit comme ailleurs, mieux peut-être qu'ailleurs.

Parmi les différents types de spectateurs, n'oublions pas celui des Théâtres de société.

Là , le véritable comédien n'est pas ce-

lui qui joue, mais celui qui écoute. La politesse veut qu'il s'amusej la vérité est qu'il s'ennuie — spectateur martyr.

ÎSous excepterons cependant le théâtre Castellane , où la franche gaîté est à V ordre du jour; mais cet ordre est volontaire, et non une consigne obligée. M. le comte de Castellane est le dernier représentant de ces grands seigneurs donnant de l'or au pauvre et de la joie a leurs amis.

{)l)P0iolagte î^e la spectatrice.

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