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CHAPITRE VIII

Pathologie de l'amonr-propre. — Plaisirs de l'orgueil.

Toutes les fois que nous contemplons, avec une souveraine complaisance, notre image intellectuelle réfléchie dans notre conscience, nous goûtons un plaisir coupable et nous devenons orgueilleux. Ce nouveau sentiment, dans ses degrés inférieurs, se confond avec Tamour-propre et peut, par là, être encore placé parmi les bons sentiments, quand on en détermine la nature physiologique avec un bon adjectif, ou qu'on l'appelle fierté, mot qui atrive mieux à indiquer la réaction maxima du sentiment de notre dignité.

L'homme superbe se complatt en soi-même et dans ses œuvres plus qu'il n'est juste et, se constituant son propre juge, se croit grand, heureux, sublime. Tantôt il contemple son image morale tout entière et se croit un homme supérieur; tantôt il n'envisage qu'une face du polyèdre et se proclame excellent artiste, incomparable orateur, poète divin. La joie qu'il ressent peut parvenir aux plus hauts degrés, et elle n'est pathologique que moralement, parce qu'elle blesse le sentiment du vrai et l'humanité tout entière.

L'orgueil est toujours ridicule et grotesque, puisqu'il

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façon qu'il ne peut se remuer gaiement sans déranger la magnificence des plis sofgneusement étudiée; il ne peut se courber pour cueillir une fleur ou secourir, un malheureux, sans que Ton entende le craquement du système dé roues et de bielles où il est enfermé comme dans un étau.

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