X NOTICE BIOGRAPHIQUE
naître le P. Gaétan Mantegazza, missionnaire érudit qui. l'un des premiers, sut le chinois. Le père de notre auteur, Jean-Baptiste, jouissait d'une certaine aisance. Sa mère était cette Laure Solera Mantegazza dont toute la Lombardie vénère la mémoire. C'était une noble femme au cœur viril, une citoyenne vaillante, une bienfaitrice des malheureux. Son fils ne l'a pas aimée, il l'a idolâtrée. Parmi les lettres que laissa Laure Mantegazza, il s'en trouve deux qui donnent une idée de cet amour.
La première, datée de Salta dans l'Amérique du Sud, le 5 septembre 1856, dit ceci :
a Neuf heures et demie du matin.
€ Très chère maman,
f A ce moment môme, je suis sur le point de sortir et d'aller faire, pour la première fois, l'opération de la cataracte. Gomme si j'étais à tes côtés, je viens t'embrasser pour me porter bonheur. Je t'adresse une ardente invocation pour que je puisse rendre la vue à une pauvre négresse. »
oc Une heure du soir.
€ L'invocation de ma mère a été toute-puissante, j'ai donné la vue à la pauvre aveugle. A peine a-t-elle eu conscience de voir qu'elle m'a embrassé et béni, dans un délire d'inexprimable joie. J'ai éprouvé une des émotions les plus douces de ma vie. Oh! maman, toi qui as essuyé tant de larmes en ce monde, tu les connais, ces émotions bénies. Oh! chère mère, comme je voudrais, à cette heure, t'embrasser et pleurer avec toi... »
L'autre lettre porte la date de San Terenzio, le 3 septembre 1872. Là, près de la Spezzia, il a fait bâtir une villa