NOTICE BIOGRAPHIQUE XIII
Les honneurs ne lui manquent pas. Sénateur du royaume, décoré de tous les ordres, envoyé d'Italie au congrès de Berlin, il voit son mérite reconnu et n'ambitionne rien.
Est-il bien réellement reconnu, ce jiiérite? j'en doute, et je crains que la postérité ne soit envers lui parcimonieuse de gloire. C'est un peu la faute de Mantegazza. Il a tant de titres à l'admiration que celle-ci hésite un peu à examiner ce volumineux dossier. Si vous citez son nom au vulgaire, celui-ci vous répond : « Quel Mantegazza? Le voyageur *? au bout du compte, il n'a pas découvert de nouveau monde. Le médecin? il ne pratique pas. Le professeur? oui, ses leçons sont applaudies, mais il leur manque cette gravité doctorale qui est le type indispensable de l'universitaire. Le sénateur? il n'est guère assidu au Sénat et il n'est d'aucun parti. L'apôtre de la coca? il n'en a fait ni sirops ni pastilles. L'anthropologiste? nous le sommes tous un peu. L'écrivain? demandez aux lettrés. L'auteur de la Physiologie du Plaisir? beau livre, certes, mais qui ne dit rien que nous ne sachions déjà. L'auteur des almanachs d'hygiène '? j'avoue qu'ils font du bien, qu'ils améliorent le vêtement et la nourriture du peuple, mais ce ne sont que des almanachs. »
Aussi, que Mantegazza renonce k ses multiples gloires pour n'en garder qu'une. Qu'il se proclame anthropologiste. Par exemple, en étendant la signilication du mot, en lui donnant la véritable : « Science de l'homme. »
Il a étudié les hommes à tous les points de vue. Il s'est disséqué lui-même, puis a recueilli les documents de l'histoire de l'humanité dans les contrées les plus éloignées. Qu'il nous donne, dans un beau livre, tous les trésors de science qu'il éparpille çà et là, dans ses leçons et dans ses causeries.
Mantegazza fait honneur à l'Italie. Sa libre parole lui a