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CHAPITRE II

Terminologie du plaiair.

Le plaisir u une riche terminologie qui indique les variations de degré et de nature d'un même phénomène. Je laisse aux linguistes les trésors d'observations qu'ils trouveront à étudier les mots employés dans tous les temps et tous les pays pour exprimer le plaisir. Je neveux que donner une esquisse des richesses de notre langue (1).

Le mot plaisir énonce de la façon la plus générale la sensation qui a le caractère spécifique que nous pouvons exprimer par une formule, mais non défmir. Il n'indique aucun caractère spécial. Il peut être usité dans tous les cas, spécialisé par d'autres mots. Gomme l'homme a senti le besoin d'autres vocables pour rendre les degrés intenses de cette sensation, le mot plaisir s'emploie surtout pour exprimer les degrés minimes ou médiocres, ou les variétés moins nobles. Par exemple, les plaisirs des sens, de la chair, etc.

Le goût est un plaisir médiocre, vivace, en partie sensuel, qui exprime les plaisirs moins intellectuels du sens et les joies du sentiment qui ont un élément vulgaire.

(1) Que le lecteur pardonne la faiblesse de la traduction. La langue française est moins riche, d'abord, et les divers noms du plaisir correspondent fort mal à ceux employés en italien. J'ai difficilement résisté, à la tentation d'omettre ce chapitre. C. L.

L'idée contenue dans ce mot a toujours en elle quelque chose de plastique. Elle sert encore à exprimer quelques satisfactions coupables et atteint la vérité de son essence quand, devant un imposteur démasqué, nous nous écrions : Ci ho proprio ungusto matto. (Intraduisible.)

La jouissance est un mot très général qui peut s'adapter à toutes les sensations agréables. Il signiûe un plaisir calme et prolongé, tant soit peu sensuel. Parole incertaine et neutre.

La letizia est un plaisir d'une vivacité calme et prolongée, lequel sert plutôt à rendre un état général du cœur que le caractère d'une sensation.

La complaisance est une magnifique parole, analytique en soi, qui dépeint l'idée qu'elle représente. Elle exprime, dans son sens le plus large, un plaisir intime, composé d'une sensation primitive et d'une réflexion de la conscience qui s'en réjouit.

La satisfaction indique mieux que tout autre mot le plaisir qui accompagne l'arrivée au but et la cessation d'un désir. Ce mot est naturellement employé pour exprimer les plaisirs négatifs de l'amour-propre offensé.

Le confort est un plaisir qui s'éprouve au milieu de la douleur et l'adoucit sans la détruire.

La consolation est un confort à dose majeure, qui enlève la douleur ou la rend tolérable. C'est un ange qui appartient au monde des sentiments ou des idées et que nous représentons essuyant les larmes du malheureux. On ne peut consoler une douleur purement physique.

Le contentement est un mot qui exprime un état général du cœur, où nous éprouvons un plaisir vif et prolongé.

h* allégresse ou gaieté est un contentement qui se traduit par des façons bruyantes, sans être souvent plus fécond en plaisir. C'est un état général où le cœur étincelle. C'est

le contentement vêtu de riches habits. Elle ne dure que peu de temps.

La bonne humeur est le passage du contentement à l'allégresse et ressemble à une flamme douce que traverse de temps en temps une étincelle brillante.

La joie est le plaisir en habits de printemps qui danse dans un pré fleuri. On pourrait dire qu'elle est le contentement exprimé dans une forme idéale et couvert d'un manteau plus somptueux.

La jubilation est une joie encore plus bruyante et qui s'étend aux masses. L'allégresse en habit de bacchante.

Le délice est un plaisir complexe qui réunit les éléments sensuels de la volupté et les formes éthérées des joies du sentiment. J'oserai dire qu'il est la forme la plus idéale des plaisirs sensuels et l'image la plus matérielle des joies du sentiment.

La volupté est un plaisir sensuel qui fait vibrer la fibre sensible aux plus hauts degrés de la sensation. Le mot exprime, au sens figuré, les pures joies de l'esprit et du cœur dans leur plus grande intensité.

Le bonheur est un mot qui fait battre le cœur de tous les hommes qui, depuis des siècles, tâchent de le définir. Physiologiquement parlant, il marque l'extrême degré du contentement, la délicate harmonie que produit le plaisir en rayonnant dans l'organisme.

L'homme qui, le plus souvent, n'arrive même pas au plus petit degré de satisfaction, théoriquement a voulu dépasser le bonheur et a créé le mot de béatitude. Béatitude ne s'emploie dans notre bas monde que par hyperbole ou par dérision.

Le chatouillement, le frémissement, le transport, l'ivresse et le délire sont autant de mots qui expriment quelques états particuliers du plaisir.

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