IX
Shf EâiiatU afpikj^ h la |)0Utii|ur*
Quoi de plus ridicule que l'inconâé* quence, Fimportanoe et l'hypocrisie des intérêts sous le masque du patrio* tisme? Quoi de plus risible qu'une
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médiocrité parvenue au pouvoir ; qu'un orateur ministre qui se bat les flancs pour prouver à une majorité flottante qu'elle doit lui accorder cette année le même budget contre Itiqud il a tant parlé Tannée précédente ? Quel nom donnerez-vous à ce bon député, encore tout ému des sermens qui lui ont acquis les voix de tous les libéraux de son département; à ce naif patriote qui se laisse entraîner par le charme
d'un diner ministériel à voter contre
la foi jurée, et cela dans la ferme croyance que sa religion politique vient d'être éclairée par l'éloquence d'un avocat à portefeuille ? Que dire de ce franc révolutionnaire qu'une émeute a fait un personnage, et qui parle de sévir aujourd'hui contre tout ce qui
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prasé à taroubler l'ordre idéal de son goureriiement ëphëmère ; et de cet an»
eieii défenseur de la prease, qui si^e diaqne jour des mandats de saisie coH'^ tre les^écnTaliis du parti dont il n'est plus ; et de cette dasse de mécontens , lonjours mécontens ^ quels que soient les dynasties, les gouvememens, les succès ou les revers , et toujours heu* reux d'être mécontens ?
Tous ces gens-là sont ridicules, et nous n'avons pas la prétention de cher-
cher à démontrer une vérité si commune ; ce que nous voulons prouver ^ c'est qu'à leurs seuls ridicules ils doivent tous les avantages de leur position.
En temps de troubles , lorsque tout
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change , que devient Thomme fidèle à ses principes ? Un boudeur inutile , qui va se confiner dans quelque vieux château^ s'il est de la classe diâtelaine, ou dans qudque réduit champêtre, s'il appartient à celle des philosophes. Résigné à tout , plutôt qu'à se mêler aux intrigues qui surgissent de toutes parts à chaque révolution , il leur abandonne sans combat le terrain , et va condamner à la rouille qui ronge les meilleurs instrumens dont on ne se sert pas , les talens , la capacité , si nécessaires aux améliorations comme au rétablissement de Tordre. .Ce crime de lèse-nation , c'est la crainte de paraître ridicule qui l'en rend coupable.
Tant d'hommes de mérite frémissent à la seule idée de voir leurs innocen-
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tes manies, leurs petits travers domes*^tiques, dénonoés en termes burlesques dans quelque petit journal , ou exë* eûtes en effigie dans le recueil amusant de la caricature. Oh saura qu'ils ont &it autrefois de mauvais vers; que l^ir femmç n'est pas jolie; qu'ils ont un peu trop aimé la république, l'empire ou la légitimité : le beau malheur! C'est pourtant à ces considérations puériles qu'ils sacrifient le crédit , la fortune , la puissance , et , plus que tout cela , le bien qu'ils pou^ vaient faire.
A mérite, même inégal, reconnais-* sez l'avantage de celui pour qui le passé est sans souvenirs , et le présent un abîme de joie où viennent s'englou-^
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tir les scrupules, les reiAords, s'il y a lieu y et jusqu'aux craintes de Vsve^ nir. Avec, quelle heureuse, abdace eét hcMBiue, dégagé des petits liens qui entravent la marche du génie , se livre^ t^il aux destructions , créàtrons ^ réac^ lions y démission», nominations; enfin à totites les améliorations qui doivent l^.étre .profitablesl On murmure tout haut de sa politique industrielle ^ de ses ' coups d'état fiuitastiques ; qu^ ques fisuilles restées indépendantes IW câblent d'épigrammes : il laisse dire i il laisse lire, il laisse rire, et^ nouveau dieu du jour, il poursuit sa carrière en versant sur ses obscurs blasphémateurs.un torrent d'ordonnances.
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— En connaissete-vôus de plus ridi-
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«ule ? »« danandent entre eujc k^ ad-
iAini&lrés> qpii sont 4^^i» une h/ejure à la file un jojar de. réception.
— ^.Mafoi^non! celui •'là remporte aor tous jceux qu'on nous a donnés jusqu'à présent; et, sans la crainte de yoir mon frère perdre sa place, certes, nm ne miaurait détermiQé à &ire une visite à. un semblable original; mais que Toulez^vous , il a droit de vie et de mort sur ma famille; une destitution mettxïiit mf» frère et tous sçs enfans dans, la misère : il faut me résigner.
— Voilà justement mon histoire, ^ dit l'autm : j'ai sur les bras un grand diable de neveu dont je ne sais que hiee ; il n'4 jamais vcMilu s'astreindre à
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aucune étude sérieuse ; les plaisirs de Paris lui tournent la tète et le rainent : je yeux le reléguer pendant quelques années en province^ et j'ai «demandé pour lui la sous-préfecture de L.«.« C'est ime jolie petite ville , un peu turbulente, mais du reste fort agréable à hab.itœ.
— Non pas lœ jours d'émeutes , je pense , surtout pour un pauvre sous^
préfet; voyez plutôt M. D....
— Peu m'importe y reprit l'oncle solliciteur, ce sont ses aflfaires : une fois nommé , il fera comme les autres. »
Effectivement, il a fait comme les autres. Il s'est chamaillé avec plu^ sieurs autorités de son département;
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on Fa deBonoe y il s'est défendu tant bien que mal; on s'est moqué de sa prose, de son habit brodé, de ses grands airs , de son petit esprit ; et de moqueries en moqueries, il est par* venu à Tune des plus belles préfectures « de France,
Ah! s'il est vrai que la malice hu<maine, cette hyène des déserts du monde, demande une proie, combien ne doit-on pas s'empresser de la ras^ sasier en lui ofirant à dévorer quelques bons ridicules ! Ce léger sacrifice accordé à sa gloutonnerie, on voyage sans crainte 9 sans obstacle dans le vaste champ de l'ambition ; et si, déjà pourvu en ce genre , vous pouvez lui offrir de plus quelque tic invétéré , quelque
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infirmité risible , c'est alors que votre fortune n'a plus de bornes.
Aàvi de pouvoir vous appeler sourd , boiteux y bancal ou borgne j le peuple des envieux , des badauds goguenards, vous laissera monter sur ses ëpaules, . s'il le faut, pour atteindre au but le plus âevé. Vous pourrez mener TEurope du coin de votre table de v^sk , disposer des trônes et des portefeuilles , des places , et partant des consciences ; on citera votre esprit , vos bons mots , on vous en prêtera même; vous pas* serez pour le protecteur des beaux esprits y le séducteur des jeunes femmes , le modèle des ministres. Ce bon peuple, tout au plaisir de faire des quolibets sur votre manière de marcher, vous
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laissera parcourir la plus longue carrière galante et politique. Enfin il vous livrera ses destins , à la seule condition de lui fournir toiqours de quoi se moquer et médire.
Vous que le noble feu de l'ambition consume, dites-nous quels talens, quelles vertus, quels dévouemens âublimes^ ont jamais tant obtenu de la reconnaissance des peuples !
C'est après les erreurs où la jeunesse engage, Vers trente ans, c'est-à-dire environ à mon âge, Lorsqu'on est de retour des vains amusemens Qui détournent resprit>d68 vrais attachemens; C'est alors qu'on peut faire un choix en assurance ; Et c'est là proprement l'âge de la constance : Un esprit jusque-là n'est pas bien arrêté ; Et les cœurs pour aimer ont leur maturité.
(QuiiTàuiiT, la Mère coquette, acte iv.)
OBSERTATION
Jk,m
lùtB titrilltô JiUM.
De toutes les conditions humaines la Q[^eux en possession de la pitié mo«queuse du monde» c'est celle d'une vieille fille. Est-elle encorcjolie , la inédisance
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ne tarit point sur son compte ; est-elle laide , on trouve tout simple que personne n'en ait voulu ; sa conversation est-elle enjouée , elle paraît trop leste ; estelle sérieuse ^ on la trouve pédante ; fait -elle quelques frais pour paraître agréable , c'est la rage de se faire épouser qui l'anime; n'en fait-elle aucun, sa présence est ennuyeuse , on la fuit. On fait des paris à côté d'elle sur sa virginité, on tend des pièges à son expérience ; enfin , c'est un objet continuel de dédains ou de plaisanteries.
Ce cruel destin, auquel sont condamnées tant de filles sans dot , voulezvous y échapper , vous que la pauvreté menace de l'indifférence des hommes ?
soyez ridicules.
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Âvez-vous paasé Tâge de l'espérance ?
établissez-vous dans votre désespoir, tranchez de la femme : sortez seule, rentrez tard, dites ee qui vous passe par la tête , en dépit des mots hasardés qui peuvent échapper à votre vieille innocence* Sont-ils un peu trop hardis ; eh bien , tant mieux ! on aime tout ce ' qui fait rire , et puis cette naive gaîté détruit la contrainte insupportable qu'impose si souvent l'ignorance plus qu'incertaine de la plupart des vieilles filles.
Pour mieux rassurer sur votre renonciation à tous projets de mariage , afBiblez-vous de qu^ques uns de ces chapeaux à plumes rouges, dont Téckt fait mal aux yeux ; ne craignez pas I. II
tÔa PHYSitÙJMGVE
de le porter avec une rol^ couleur de ro&e , une écharpe lilas : c*est au burelesque de votre parure que vous devrez Tattention des hommes et Tindidgence de& femmes ; sûres de pouvoir se mo-« quer avec eux de votre tournure , elleir leur permettront de causer avec vous , et vous serez moins abandonnée qu elles.
Qui sait même si , dans le nombre dp ceux à qi|i vous aurez répété cent fois que vous aviez horreur du mariage., que la seule idée d'avoir un enfant vonfi faisait frémir; qui sait, dis-je, si parmi vos railleurs eux-mêmes , il ne se trouvera pas un taquin qui voudra vous contrarier, et triompher de votre antipathie matrimoniale !
H est une autre espèce de vieilles
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filles qui échappait au malheur pat»
TiHusioD^ Cdle-là est la plus ridicule, et partatit la plus heuiteuse« E31e a trefite^ einq an»^ n'a jàmb^ quitté sa mère, lii renoncé à' auoiine des habitudes de sa jeuneisé : elle tient ses yeurt baisdés , et ne répond que lorsqu'dn Tihtierroge ; aon fronC se' ecHore au moindre récit ainoureùx; apporte-lH^n le billet qui fait part de Tacooiicheibent d'une amie de sa mère , elle se trouble , rougit , et mourt^ait plutôt que de demarlder des noQvdks de l'enfant.
Sa mère va^treliè dans le mondé , ette ne la quitte point, et se place ^ laUe à coté d'elle , de peor de s'expo^ ser à écouter le plus petit mot que sa ittèirè lie pourrtiit enéetidi^ ; l'iri^ité^
1>on à danser , elle n'aoeepte qu'après en avoir demandé la: permission; glissant sur le parquet sans oser s'élever , elle conserve son attitude pudique jusque dans le d^ordre du galop; puis, quand le danseur novice qui l'avait priée à défaut d'aucune autre , la ramène ^è.sa place, elle montre la plus touchante dconfusion en traversant ainsi tout le salon au bras d'un jeune homme.
Vingt ans se sont écoulés depuis qu'on lui a dit pour la première Sois qu'elle était jolie ; elle croit que c'est hier, tant l'uniformité de sa vie en marque peu les jours* Ce sont toujours les mepes occupations,; elle a conservé tous ^s. maîtres. ËUe. prend ses leçons de ehaht, de piano, de dessin, d'ita-
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lien et d'anglais comme en sortant de pension; voilà pour la matinëe. Avant diner , elle met sa robe à la vierge , son petit tablier de iaffetais ; s'il vient du monde le soir, elle chante une 6u deux romances en tremblant comme une pensionnaire ; puis on montre ses aquarelle auk derniers vaius dans la maison] ; car on pense bien que les amis qui l#s admirent depuis vingt ans en ont ifUe idée suffisante. Elle reçoit les compHmens avec an embarras modeste , qui s'augmente à chaque exclamation du nouveau présenté ; car c'est sur lui qu'elle vient de placer ses idées d'avenir, et ces chastes émotions qu'elle transmet depuis si long - temps d'un jeune homme à un autre. L'événement a déjà cent fois trompé son attente;
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90n.oœur.ii.'eii e$t pas déooumgé. he lendemain .détruit le regret de la ireiU# } ain^i beraée par le charme d'une illu^ «ion sans cessé rcàtaissante , eUe ar-»
riye à la vieillesse sans avoir ôoiiffert du célibat.
. . La vieille fille de province , moins intéressante que celle-ci , a des jouis-v sances inconnues de la célibataire des grandes vill^. Sa domination ne peut se comparer qu'à celle des abesses.
Recueillie par l'aîné de ses frçf^es y par celui qui tient le rang de chef de famille^ elle commence par cherdier à se rendre utile dans la maison :
elle fait les confitures , surveille la les* sive y et travaille à k layette des en* fans. Mais son ambition ne s'en tient
|das là ; elle rêve . une autof iCé ^antf bornes sur tous les ck>im»tiqaes de.lii maison , et profite .du premier moment oè sa belle4oBur éooàte la-déckiratipn d'un jeune voyageur pour s'ebip^r^ des defs du linge et des provisions) Munie de oe trésor y elle cOnmiande en reine : pas un morceau de sucre, pas une serviette ne se distribue sans son ordre ; c'est elle qui gronde les 'enlanàf qui renvme les domestiques ^ qui in^ vite les voisins ou les brouille avec son frère. £st-elle mécontente des gens qu'il amène , elle leur fait faire un dîner détestable; se trouve -t-il parmi ceux qui sont recommandés à son frère un homme sur lequel elle puisse fonder quelque espérance , on ne manque de rien ; le dessert est au com|llet , et
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les assiettes montées sont garnies de bonbons à devises qui peuvent au besoin servir d'aveux. La joie d'un bon repas commence à gagner les convives ; la vieille fille entend vanter ses fruits confits et sa marmelade; eUe prend un air modeste pour répondre aux complimens que lui en fait celui pour qui elle minaude; mais quel son bar* bare a frappé son oreille! « En vérité, ta femme n'en fait pas de meilleurs s» , lui dit un ami.
Sa femme ! ô découverte affreuse ! c n est marié , pense-t-elle avec rage ; eh bien, qu'il aille prendre son café chez sa femme , il n'en aura pas ici. 2>
En effet , l'eau n'est pas assez chaude , la cafetière filtre mal , enfin le café n'est
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pftft prenable. En vain le maître de la maison s'en plaint ; on ne Féeoute pas. C'est à mademoiselle Dorothée qu'on répond ; c'est die qui défend d'allumer le billard, de préparer les tables de jeux, de peur de retenir et d'amuser les 'con-^ vires ; et chacun lui cède , car elle a un entêtement despotique.
Nous avons encore la vieille fille ' dont la passion, toujours désappoin-* tée , a tourné à la politique : son opinion , acerbe dans sa forme , amère en ses discours , dépend toujours des opinions du dernier homme qui n'a pas voulu l'épouser; était-ce un jeune hbertin , elle est dévote ; un libéral , elle est ultra ; un vieux marquis , elle se fait jacobine. Dans toutes ces conditions,
sdi> intoléranocl est kt mêmb^ £3U v^t qu'on destitue tous tewi qui ne Yimt pas à oonfesse; qu'on mette e» frîâQit tous les journalistes , ou <pi'oR tietrona tous les rois. La dernière de ces Jum Fcurs est la pkis comiquey paroequ'elle s'étend jusqu'au plus* petit gentils homme. Elle aijcuse la cdste entière de tous les maux qui ont depuis tant d'années affligé la France; oubliant tous les frais qu'elle a faits pour se eonoilier l'amoiir d'un marquis, elle se pare d'une haine native contre tout ee qui a porté un dtre; ceux fondé» sots l'empire' trouvent seuls grâce à ses yeux , car elle n'a point encore été délaissée par de' vieiRes moustaches :
ces messieurs^là ne s'adressent guère qu'aux jeunes et jolies femmes.
4^ m^iftOii en jnéisooei celle qm doit lo plu» con^ajfier Içs ièotiniei» oh les un t/kè^ de» oppQSAns k à» deroière opin oiofi ; entretiêiant aes récits. de lëgèras pfmonn^lités poAïw 1« cendre phsiipi# ^4Qil» eUe:a« fiift ôrakidre V déjtester^ mais elle échappe .du moim à cette îm«' placable ennemie des vieilles filles, à
rindiâor^oçe.
S<i yiie, que rimitilité devait con** damner à J'^nqui, e«t semée d'agitan tions^ de tracasseries, da petits triom» pbes , dont sa malice fait des plaisirs^ Elle est toujours là pour jouir de» hiH miliation» du parti qui siiocombe, et dit, ayec Faocent d'une fausse pitié:
n Hélas ! je l'avais bien prévu n ^ à chaque
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éventent qui flatte sa poKtique yiodEcaitîve ; en&n , elle donne à la haine tant ce qu'dle n'a pu dépenser en amour; c'est vivre encore; et comme son talent de médire l'oblige à tout savoir, on l'invite comme on s'abonne à un petit journal qui dit du mal de beaucoup de monde.
La dernière espèce de vieilles filles et la meilleure , il faut l'avouer, est à peine ridicule ; mais aussi son bonheur n'est pas de ce monde. Tout aux in-' téréts d'aûtrui , celle-là se consacre aux soins qu'exige une vieille mère, un'pa* rent, une amie* A- 1- elle une sœur belle , et qui aime à briller, elle immole ses jours, son avenir, au bonheur de cette sœur chérie; elle élève ses ne-
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Yeux; et si la dissipation de leur mère uuit à leur fortune , elle les dote de la sienne. On ne peut la flatter^ lui plaire ^ qu'en louant où en aimaïKt sa sœur et ses neveux : elle n'a jamais dijt le mot moi de sa yié; son orgueil, sa sensibilité, sa coquetterie, ses succès, « elle a tout placé chez Adèle » , chez cette aimable sœur, qui semble l'avoir devancée de deux amiées dans ce monde pour être le premier , l'unique sentiment, qu'elle doit éprouver. L'humeur, la jalousie, n'ont jamais altéré cette communauté de cœurs ou l'uni
donne tout et l'autre quelque chose ç car, lorsqu'une femme a payé sa dette à l'amour, à la . maternité ^ que ^ lui reste*t-il pour Faimttié P .
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* N4ttii)6rte, oètté aftectî6n s«î^nàkire sufBt pour alimenter ledéVaue^ ment de^Mnexisfienèe entière; Û'alknsâ, éti médit d'tm ai parfarit détacheiueiit de iot«-iAéme$ on irait ju&qu'à le ea^ lonxnier, Ail n'était justifié par le #es» peet qu'il inspira; maris ce qui est bien a cda de bon qu'on ne peut en mé-^ dire longtemps. Aussi la conscience du ¥rai agit en ^^t de tout ; et ^ si elle force quelquefois à mépriser ce qu'on ainle^ elio conduit à restime et à l'ad^ mirtiticu à traviers la malTeilknce et k dédain : oe n'edt pâa le moindre des miradea de notre organisatioii morale.
Cette vieille fiUe-modèle passe in*aperçue dans le monde ; hor» du pe-
tit eenele d'dmià de sasmiir, peirsonne ne sait ce qu'elle vdtrt; on k traite ootiiine une dame de ce^mpagnie. Soq atnour-propre n'en* sooilre {las : Il n'est [dus à son usage. Un seul chagrin 'peu4 l'aocabler, ce n'e^ pas Tingratitade^^ elle ne demande rien que de pouvoir de dévouer. Mais que VàbjH d'ime ^eilé amitié meure, que tant de sentimens placés sur un seul être refoulent sur le cœur qui reste, la pitié n'a pas d'expression assez forte pour peindre son malheur. Y succombera-t-elle .»^ Non, car le ciel lui offre encore un moyen de ne pas vivre pour elle : la charité réclame ses soins; et c'est au milieu des souffrances , des plaintes des mourans , qu'elle achève sa vie de sainte.
1^6 PHYSIOLOGIB DU RIDJCUUE.
Nulle pompe funèbre n'accompagne sa mort, nul article nécrologique n'apprend qu'elle a vécu. Les malheureux seuk la regrettent.... Pourquoi ce silence, cet abandon?... Vous le savez trop bien, tous que l'amour -propre, ou plutôt la passion de vous-même, r^id si joyeux et si ridicule.
la
Dans cette âme, avant elle, on voyait ses pensées; Ses paupières , jamais sar Sf» beanx jeux baissées, Ne voilaient son regard d'Ihnoœnœ rempli ; Nul souci sur son front n'avait laissé son pli : Tout folâtrait en elle ; et ce jeune sourire Qui plus tard sur la bouche avec tristesse expire , Sur sa lèvre entr'onverte était toujours flottant, Gomme un pur arc-en-ciel sur un jour éclatant !
( Lam AKTiiri , Bturmonies poétiques. )
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