‹ Physiologie du système nerveux [microform]Chapitre 102 sur 197 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Mémoire de Tétre sensible.

Pour ne pas compliquer un sujet déjà très-difficile, nous n'avons pas voulu, dans l'explication du mécanisme physiologique de la mémoire, faire la part de ce qui appartient à l'être sensible et de ce qui revient à l'être intelligent. Le moment est arrivé de dire que cette explication n'avait en vue que l'être intelligent. Dans ce chapitre nous nous occuperons exclusivement de la mémoire de l'être sensible.

37t FONCTION GÉRÉBRO-lfOTRIGE.

Le plan d'organisation et de structure du cerveau de Tanimal présente la plus ^ande anologie avec celui de rhomme ; il ne faut donc pas s'étonner qu'il y ait chez le premier des phénomènes de mémoire*, analogues, mais n«n identiques, à ceux du second.

La première différence qui distingue, au point de vue qui nous occupe, le cerveau de l'animal de celui de l'homme, c'est la nature et le nombre des éléments qui constituent la matière fonctionnelle cérébro-motrice. Il est évident que l'animal ne peut reproduire dans le champ de la mémoire que ce qu'il a mis dans son cerveau. Or nous avons déjà vu que les acquisitions cérébrales de l'animal se réduisent à bien peu de chose. Nous savons qu'il ne perçoit dans les objets impressionnants que les caractères sensibles, et que ce qui le touche exclusivement dans une impression perçue, c'est le mode agréable ou désagréable que l'impression réveille en même temps. Il suit de là que, lorsqu'une impression est réveillée dans sa mémoire, c'est surtout à l'aide de ce;caractère qu'elle est retracée ; l'animal se souvient particulièrement en voyant un objet qui l'impressionne agréablement ou désagréablement^

La seconde différence provient de ce que l'animal ne parle pas et qu'il est ainsi privé de l'élément qui donne le mouvement et la vie au cerveau de l'homme. L'imagination serait bien pauvre si, semblables aux machinistes des théâtres, nous étions obligés de changer le décor à chaque perception nouvelle ; mais, grâce aux signes du langage, nous pouvons donner à nos perceptions toute la mobilité possible et faire concourir le monde sensible à l'évolution physiologique de la pensée.

L'animal, privé de langage, ne pense pas ; il pourrait tout au plus se donner la reproduction subjective des impressions qui l'ont déjà affecté, mais il ne se donne pas volontairement ce pénible délassement dans l'état de veille. Tout au plus, pendant le sommeil, lui arrive-t-il d'être accidentellement impressionné par des images subjectives. Ce cas est rare, mais possible.

D'après ce qui précède, la mémoire de l'animal consiste particulièrement dans la recotmaissancef que, par respect pour l'homme et par utilité, nous préférons désigner sous le nom de ressentiment.

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