‹ Physiologie du système nerveux [microform]Chapitre 103 sur 197 · MÉMOIRE DE L*ÈTRE SENSIBLE · texte numérisé non relu

MÉMOIRE DE L*ÈTRE SENSIBLE

" Du ressentiment, — La reconnaissance, avons-nous dit, n'est autre chose que le souvenir en présence de l'objet impressionnant. Le ressentiment est aussi le souvenir en présence de l'objet impressionnant; mais, tandis que l'homme reconnaît d'après des caractères sensibles ou suprasensibles formulés par les signes du langage, l'animal ressent d'après quelques caractères sensibles fort vagues, mal déterminés, mais surtout d'après le sentiment agréable ou désagréable que ces caractères réveillent en lui.

La mécanique cérébrale de l'animal est très-simple, et lorsqu'on croit voir chez lui une combinaison intelligente quelconque, on est dupe d'une illusion. La plupart du temps, dans ces circonstances, deux sensations autrefois associées se rappellent l'une l'autre dans le souvenir de l'animal et c'est dans cette association, présidée par le sentiment agréable ou désagréable, qu'il faut aller chercher le mobile de ses déterminations prétendues intelligentes.

Quoi qu'il en soit, le mécanisme de la production de la mémoire chez l'animal est le même que chez l'homme ; seulement il est réduit à sa plus grande simplicité à cause de la réduction des éléments qui sont mis en jeu.

Par suite du classement et du lien qui s'est établi entre les diverses perceptions, le cerveau de l'animal peut donner naissance su pAénomène^ripitition en dehors de tout objet impressionnant; mais ce cas est rare. Le plus souvent l'animal ressent, c'est-à-dire se souvient en présence de l'objet impressionnant, et il se souvient malgré lui, en établissant organiquement un rapport d'identité entre l'impression actuelle et celle qui l'affecta jadis. Dans l'établissement de ce rapport, le souvenir du sentiment agréable ou désagréable joue le principal rôle.

Il est bien entendu que l'animal ne se donne pas la représenlation subjective des sons ni celle des images; s'il en était ainsi, il deviendrait aisément musicien ou peintre. A plus forte raison il ne se donne pas la représentation de la niémoire des sensations qui résultent de l'activité volontaire de nos organes. Dans ces conditions un grand nombre d'animaux seraient bientôt nos maîtres.

Pour éviter toute objection, nous nous bornerons à ajouter que, lorsque les animaux semblent avoir appris certains mou-

ir 374 FONCTION GËRËBRO-MOTRIGE.

r< vements (jouer aux cartes, compter, etc.), ils n'ont fait qu'as-

I socier certaines impressions à certains mouvements. Le morceau

f de sucre, la cravache et autres moyens représentent l'éducation

[ intelligente^ qui est complètement absente. Chez les animaux la

': mémoire des sensations qui nous occupent n'existe pas ; s'il en

était autrement, ils se perfectionneraient comme nous.

Page 1