PONCTION INTRINSÈQUE MÉDULLO-MOTRICE
que ce sont des mouvements de saut, mouvements qui semblent volontaires.
Si^ air lieu d'employer un poison qui agisse sur le mouvement^ nous avons recours à une substance qui détruise le sentiment, les choses ne se passeront plus de même. Un seul nerf sensitif empoisonné empoisonnera tous les autres; ici l'action se généralise.
La sensibilité se généralise donc, et elle se propage par la moelle. Estce à dire pour cela que du point influencé l'excitation se transmet à chacun des nerfs de mouvement en particulier ? .
On ne saurait admettre qu'une fîbre sensitive soit chargée de transmettre directement le mouvement à une ou à plusieurs fibres motrices. Il paraît y avoir dans ce phénomène tout autre chose qu*une transmission fibre à fibre. On doit, ce me semble, voir des centres particuliers, en rapport les uns avec les aulres, établissant entre les actions des difiérentes parties certains rapports de solidarité ou d'antagonisme. Ainsi, en touchant certains points de la moelle^ on produit des groupes de mouvements déterminés.
Lorsque, comme cela a lieu chez cette grenouille décapitée, on voit une excitation simple provoquer des mouvements complexes, il faut bien admettre qu'il existe un centre de réunion pour les nerfs moteurs, centre dont l'excitation est nécessaire à la production du mouvement coordonné qu'il tient sous sa dépendance.
De même chez cette autre grenouille, qui a été empoisonnée par le curare et dont le train postérieur a été préservé de l'empoisonnement par une ligature, l'irritation dun point quelconque de la périphérie de l'animal suffit pour exciter le centre ; mais cette action n'a de retentissement que dans les nerfs conservés.
Quant à cette transmission, nous pouvons nous assurer qu'elle se fait bien par la moelle; car, si nous la coupons vers la région lombaire, l'excitation de l'une des pattes antérieures ne produit plus rien (1).
D'après les expériences qui précèdent, les mouvements nombreux et variés que la moelle tient sous sa dépendance ont été prévus, organisés d'avance, imprimés dans la matière organique de manière à être exécutés immédiatement sans autre directeur que l'influence de l'excitant fonctionnel, soit que cet excitant provienne de la périphérie, soit qu'il provienne du cerveau.
En agissant sur l'activité de centres, organisés d'avance et destinés à provoquer l'exécution de mouvements très-compliqués, le cerveau semble présider à l'association de ces mouvements, mais en réalité il ne dirige que leur ensemble, non pour en
(1) Claude Bernard, Physiologie du système nerveux^ t. I, p. M7.
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régler on eo oKMfifier rordmatioD foodaumeoUle* qui n*e$l |kis modifiable, mais pour adapter cei ensemble aux exigeiK^es variées é^mï bat à atteindre.
Le réreQ soccesâf de raclivilé des fondions cérébro-motrice et médnllo-motrice sufiît à la rigneur pour déterminer les con* tractions musculaires nécessaires à Texécution d'un mouvement quelconque ; mais l'animal qui dans ces conditions exécuterait des mouvements serait as^milable de tout point aux animaux que Flourens dans ses expériences débarrassait de leur cervelet : il tituberait, il tomberait à chaque pas et, malgré la persistance des mouvements élémentaires associés aux mouvements d'ensemble, il n'exécuterait que des mouvements désordonnés. Or d'où vient cette incapacité? Que manque-t-il aux conditions que nous avons énumérées ? Un organe régulateur, coordinateur, législateur qui interviendrait en ce moment feniit peut-ôtre bien notre aflaire; mais nous tâcherons^ de nous en passer en décrivant la fonction cérébello-motrice.