DANS SES RAPPORTS AVEC LA MATIÈRE CÉRÉBRO-MOTRICE
Comme nous l'avons dit précédemment, le principe des diier^ minations est organiquement représenté par la matière fonctionnelle cérébro-motrice ; celle-ci est constituée par l'ensemble des perceptions actuelles ou de souvenir, et cet ensemble, considéré dans son activité, porte le nom de centre de perception ou de sensi* bilité.
D'après cela, le principe des déterminations emprunte ses caractères essentiels à la nature même de la matière fonctionnelle. C'est ce que nous avons vu pour l'animal : la matière fonctionnelle de ce dernier n'étant composé que de notiom sensibki revêtant le caractère agréable ou désagréable, il s'ensuit que le principe des déterminations ^ s'inspirant, ou subissant plutôt l'influenee de ces deux modes, ne peut pas être un principe libre.
La matière fonctionnelle cérébro-motrice de l'homme est composée, comme celle de l'animal, de notions sensibles revêtant le caractère agréable ou désagréable ; par conséquent, dans certaines circonstances, le principe des déterminations de l'homme, subissant l'influence de ces deux modes, n'est pas un principe libre. Rien n'est plus logique ; mais cette' même matière ne renferme pas exclusivement des notions sensibles revêtant le caractère agréable ou désagréable ; elle renferme aussi des notions intelligentes capables de donner naissance à des actes intelligents, parmi lesquels les signes du langage occupent la première place. Or la présence de ces conditions nouvelles doit nécessairement exercer une influence sur le principe des déterminations, l'imprégner de nouveaux caractères, lui donner enfin la robe, la couleur d'un principe intelligent.
Si, jusqu'à présent, ces motifs n'ont pas été appréciés, cela tient
évidemment à ce que, ne connaissant pas le mécanisme physiologique de la parole, on n'avait pas pu se douter de l'influence énorme que cette fonction exerce sur le principe des déterminations et sur les manifestations de ce principe. Nous avons déjà essayé de combler cette lacune dans notre Physiologie de la voix et de la parole. Nous devons nécessairement reprendre ici le même problème , mais à un point de vue tout à la fois plus général et plus particulier : au lieu de nous occuper exclusivement de la parole, nous étudierons surtout la fonction-langage dont la parole n'est qu'une variété ; nous démontrerons que le langage est une fonction cérébro-motrice de relation et nous en exposerons le mécanisme, afin que désormais cette fonction occupe dans tous les traités de physiologie la place importante qu'elle aurait dû y trouver.
Après cette description seulement, nous serons en état d'ap* précier judicieusement la nature et les caractères du principe des déterminations de l'homme.
SECTION I