IL -* DES FACULTÉS DE L^AICB
En général, le mot fèeutti est considéré comme synonyme de puissance, et on compare volontiers les facultés do Tâme aux autres foroes de la nature.
Cette confusion est regrettable à plusieurs points de vue, et nous devons essayer de la faire disparaître.
La force psychique est analogue aux autres forces sur un seul point : comme ces dernières, elle est un principe d'action; mais elle se distingue de toutes en ce qu'elle est complexe dans son unité. C'est en démêlant cette complexité même que nous parviendrons à avoir une juste idée de la nature des facultés de l'âme.
Pour rendre la démonstration plus facile, nous emprunterons un exemple à notre Physiologie de la voix et de la parole :
a Soit une pile électrique. Adaptez aux conducteurs de cette pile un appareil télégraphique, et l'électricité pourra transmettre des mots et des idées avec une rapidité que la parole humaine ne saurait atteindre. Enlevez à présent cet appareil télégraphique et terminez les deux conducteurs par deux cônes de charbon : l'é"* lectricité produira de la lumière. Supposez enfin que les deux conducteurs viennent plonger dans un baquet galvanoplastique, et vous obtiendrez par l'électricité une décomposition chimique.
it Voilà donc une même force qui produit trois effets bien diffé'* rents : langage, lumière et galvanoplastie. Dans les trois cas, la force est restée la même ; les agents de sa manifestation ont seuls varié : l'électricité a transmis des paroles, parce que Ton a disposé sur les conducteurs un appareil télégraphique ; de la lumière, parce qu'on a terminé les deux conducteurs par deux cônes de charbon ; de la galvanoplastie, parce qu'on a mis ces conducteurs en contact avec un sel.
« Donnez à présent à cette même pile des nerfs sensitifs et moiteurs, donnez-lui, par conséquent, la faculté de percevoir ce qu'elle fait et de se percevoir elle-même, et vous aurez une machine animée, int^gente, qui fera, comme la première, des paroles.
TSS PRINCIPE DES DÉTfiailINATIQNS PB L'HOMME.
de la lumière, des décompositions, mais arec cette différence qu'elle saura ce qu'elle fait.
(( Elle aura donc la faculté de parler, d'édairer, de sculptermais cette faculté multiple sera-t-elle constituée seulement par le 'principe, par Télectricité ? Non, certainement. Par elle-mÊûae, rélectricité n'est qu'une force et elle ne devient faculté qu'à cette seule condition que divers appareils lui donnent une expression quelconque ; la faculté est tout à la fois dans l'esprit et dans la matière ; l'esprit sans la matière est une force sans expression, et la matière sans esprit est une masse inerte. Par conséquent» le mot faculté ne peut s'appliquer qu'à la manifestation d'un principe immatériel uni à la matière ; l'un donne l'impulsion, Tautre la forme expressive.
(( L'homme n'est autre chose que cette pile électrique animée : un principe imique, intelligent, se manifestant par des expressions différentes, selon les organes qu'il met en jeu (1). L'électricité, dans la pile, comprend l'âme dans le cerveau ; les conduc- .teurs représentent les nerfs, et, enûn, les appareils de télégraphie, de lumière, de chimie, ne sont autre chose que nos organes. D'après cela, nous devons considérer les facultés de l'âme comme nous avons considéré les facultés de la pile électrique, c'est-^-dire comme les manifestations d'un principe uni à la matière. £d effet, l'âme ne se manifeste à nous que par la matière ; car l'esprit sans la*matière est une force sans expression, inaccessible à notre connaissance. L'action de l'âme sur nos organes et la per^ ception de ses actes par les organes des sens constituent les facultés de l'âme. Par conséquent, toutes les fois qu'on parle de ces facultés, on ne doit point perdre de vue que le mot faculté représente tout à la fois un principe immatériel (âme) et un agent matériel (organes). Concevoir le mot faculté autrement, c'est s'exposer à idéaliser la matière et à inventer une âme matérielle idéalisée. C'est ce qu'ont fait de tout temps les philosophes : arrêtés par l'étude de la machine corporelle qu'ils ne connaissaient pas, et qu'il était si important de connaître cependant, puisque c'est elle qui fournit à notre intelligence ses caractères
(1) C'est dans ce sens seuUmeni que l'on doit comprendra la déQnition de de Bonaid : l'iiommc est une intelligence servie par des organes.
expressifs, ils Font iaissée, noti sans quelque dédain, aux physiologistes, et ils ont gardé Yesprit pour eux. C'était trop et pas assez. Sans se rendre bien compte de ce qu'ils faisaient, ils ont été conduits à donner à cette âme isolée, qu'ils n'auraient pas pu comprendre sans cela, des yeux, des oreilles, des bras, une forme enfin, qui rappelle évidemment la forme corporelle, mais qui, n'étant pas accessible au scalpel, était par ce fait moins gênante. Sn effet, donner à l'âme des facultés complètement spirituellei, telles que mémoire, sensibilité, langage, etc., c'était mettre dans l'esprit pur ce qui ne peut être qu'avec le concours de la matière, c'était mettre les conducteurs de la pile électrique dans la pile elle-même, c'était, enfin, faire une âme mi-partie spirituelle, mi-partie matérielle (1). »
Cette manière de voir, publiée déjà en 1866, n'a point cessé d'être vraie : nous la confirmerons aujourd'hui par de nouvelles preuves.
Les philosophes sont tous d'accord pour admettre que a les fa« cultes existent indépendantes les unes des autres, sans diviser l'âme et sans la multiplier. » Adolphe Garnier, à qui nous empruntons les lignes qui précèdent, ajoute : « L'âme accomplit des actes indépendants les uns des autres, qui nous font connaître en elle des pouvoirs indépendants; mais ces pouvoirs ne sont pas hors les uns des autres, ni hors de l'âme, et ils n'en brisent pas l'unité (2). »
Nous prenons act6 de cette déclaration, et nous allons montrer que dans la détermination isolée de chacune des facultés, les philosophes ne sauraient lui rester fidèles.
En effet, si « ces pouvoirs ne sont pas hors les uns des autres, ni hors de l'âme dont ils ne brisent pas l'unité » , l'âme doit être présente, avec toutes ses prérogatives, avec toutes ses facultés, dans chacun de ces actes, car on ne peut comprendre un être immatériel divisible et donnant une partie de lui-même à chacune des facultés. Cette conséquence est forcée. Or ce n'est pas ainsi que l'entendent les philosophes dans la détermination des facultés ; nous les voyons, au contraire, établir leur division « sur
(1) Ed. Fournie^ PkytkÀogh tb ta vota^ êtâ$la paroft, p. 680.
(2) Ad. Garnier, TraUéûn faeuUé$4êVùim^ 1. 1, p. «S.
ÉD. FOURNIE. — Syfl. ncrr. 48
K% MINGIPB DCS IMSTËRIRKAtlOKS DB L'HOMIIS.
Findépèndance réciproque des phéncniièiie& n . Adi^pba par exemple, reconnaît quatre facultés de ràmer: la faculté triccy les inclinationi^ les facultés intellectuelles y la volùnté^ parce dit-«il, on peut se moutoir sans connaissance et sans volonté, on peut sentir le plaisir et la peine sans l'intervention du monve-» ment et de. la voloaité, on peut exercer ses Cacultés intellectuelteB sans l'intervention du mouvement et de la volonté^ on ne peut enfin vouloir sans que la volition soit précédée, des autres phénomènes.
Loin de contester absolument cette indépendance des faenllés de Tâme, nous l'admettons au contraire ; mais nous lui donnons une explication et des motiib bien différenta : nousn'anticiperoas pas et nous resterons pour le moment au point de vue où s'est placé Adolphe Gamier. Donc, pour Adolphe Gamier, tes flicoltés motrice^ inolination^ intelligence^ volonté peuvent se manifester iiiii^ dépendamment les unes des autres. Mais comment expUqtier alors l'unité du mai, de ce moi qui représente l'âme ImmatérîeHe 7 Pendant que ce moi, par exemple, sera wobnti, cessem-t^il d'être intelligence^ inclination^ faculté motrice ?
D'après Adolphe Gamier, cela est possible. Dès lors, de éeux choses Tune : ou le moi s'est divisé pour se manifester d'une menière active dans la faculté volonté, ou bien il est resté un et, dans ce cas, on ne peut pas comprendre qu'une force, douée de plusieurs facultés, puisse, en exerçant Tune d'elles, perdre, parce "Seul fait, la conscience de ses autres pouvoirs. Dana le premier cas, Fàme n'est pas une; àsuns le second, c'est un être fort biiarre, capricieux, oublieux, et la plupart du temps ne sachant ni ce qu'il est, ni ce qu'il fait. Telle est l'âme qu'ont imaginée les philosophes. Évidemment ils ont été conduits à cette création illogique parce qu'il leur a paru plus commode d'étudier l'âme en dehors de la matière et qu'ils ont pensé que, dans ces condition», l'immatérialité de l'âme était plus évidente et plus formelle. Oui, pour l'immatérialité ; mais Yunité et l'indépendance des facultés n'étaient possibles et démontrables qu'avec le concours des jéléments matériels. C'est ce qu'ils n'ont pas compris. Bientôt nous montrerons comment il faut entendre cette unité et cette indépendance. Préalablement nous démontrerons , pour compléter notre argumentation, que la division des facultés en mcffriee^ m-
DE vmnuMtseMGEt jm j/aue it<bu Nimms i« vie. 7»
eUmtiûu^ intMifoiae, volomU est une craeeptùm de VwptU famse ei reposant sur la mécouuaissance du vrai mécanisme de la pensée.
Ayant déjà parlé de la volonté, de rintelligence et de l'inclina'* tion dans le chapitre consacré aux attributs psychologiques de la .fonotion^langage, notre critique s'exercera prineipalement sur la fiwulié motrice»
Pour Adolphe Gamier, la faculté motrice est le pouroir que . possède Tâme de provoquer, avec eœueiencef le mouvement des organes du corps. « Nous laissons à d'autres, dit^il, le soin d'examiner s'il faut lui attribuer la nutrition, la sécrétion, la circula^ tion du sang, etc., dont elle n'a jamais conscience (1). n
Afin de bien faire saisir le sens précis que l'auteur attachait i l'expression faculté motrice, nous devons ajouter que c'est elle qui préside « aux mouvements instinctifs et aux mouvements habi«> tuels, c'est*à*dire aux mouvements indépendants de la volonté : les uns précèdent la volonté, les autres lui succèdent (i). » Disons enfin que n la faculté motrice est celle qui se manifeste le plus tût.... L'action de cette faculté est la plu» simple de touies».*. Toutes les autres facultés agissent sur elle, tandis qu'elle n'agit sur aucune : elle n'a de pouvoir que sur le corps (3)* »
D'après ce qui précède, la faculté motrice tient sous sa dépens danoe la plupart des mouvements de la vie de relation. Mais, comme on pourrait objecter à cela que la mécanique du corps ji'est pas sous la dépendance de l'ftme (Descartes et autres méca* niciens), Adolphe damier fait intervenir la conscience, et là il a raison, dans l'exercice de cette faculté*
Lorsque nous éprouvons, dît-il, la résistance d'un corps, lious avons eonscîence d'une action que nous exerçons contre ce corps : cette action est précisément celle de notre fkcvMé motriee (À).
Cette théorîe est le point de départ de la philosophie de Maine de Biran :
Haiiie de Blran^ dit. M. Ad. Franck, rettaïque que Tadivité etiste ea
(1) Ad. Garnier, Traité d»s facultés de l'âme, 1. 1, p. 73. {%) Ihid.y p. S9.
(8) IWd., p. 77.
(4) /Md, p. 79.
7S0 PAUWIPR DES 0ÉTraM(NÀTIONS m VUÇi^ME.
nous iDdépendamment de ses effets extérieurs^ indépendamment des vements qu^elle peut imprimer à notre corps ; qu'elle consiste tout e dans Veffort, c^est-à-dire dans un fait insaisissable à nos sens et dont la conscience seule nous rend témoignage^ tandis qu'il est à son tour, oomme je Tai déjà dit, la condition de la ccHiscience (i).
Certes nous partageons entièrement ropinion des auteurs que nous venons de citer, quand il s'agit de prouver par la comeience Texistence d'une faculté motrice. — Nous avons suffisamment démontré que la caractéristique essentielle des fonctions cérébro-motrices est de perceooir le mouvement ou plutôt le résultat du mouvement qu'elles provoquent ; or, percevoir qu'on agit en se souvenant qu'on peut agir d'une autre façon, n'est autre chose qu'être comcieni. Mais, en pareil cas,' le sentiment de Veffart n'est qufun des éléments de la conscience, comme nous l'avons démontré (p. 649) à propos de la conscience sensible. Ce qu'on appelle effort n'est que le sentiment de la contraction museulmrep qui serait insuffisant au point de vue qui nous occupe s'il n'était nécessairement lié au sentiment de Vactivité nerveuse. Ces deux sentiments accompagnent l'exécution de tout mouvement volontaire ou «involontairey et c'est leur perception simultanée qui donne réellement naissance à la notion de conscience concernant notre activité.
La conscience, ou^plutôt le sentiment de la contraction mus* oulaire, et le sentiment de l'activité nerveuse réunis au souvenir de notre activité passée, nous donnent la conscience de notre activité présente, mais ils ne sauraient nous doimer la démonstratioa de l'existence de la faculté motrice. Il ne faut pas confondre notre activité réelle avec Yentité faculté^ véritable conception idéale, qui résulte précisément de la notion que nous avons de notre activité. Je sens, en d'autres termes, que je suis actif; mais je ma sens pas que j'ai une faculté motrice. Ce dernier sentim^oit ne peut être que le résultat d'une opération très-complexe de mon esprit^ et cette opération m'amène personnellement à reconnaître la fonction cérébro-motrice là oiiles philosophes voient une fticulté. Question de sentiment, dira-t-on ? Peut^tre ; mais, sur ce terrain même, nous pouvons démontrer que les psychologues n'ont pae
(i) Moraliitss si PhilosophsSt par Ad. Franck, de l'Institut, p. UO.
DE L'WTELLlGËlfcE, DE rAtfE CT DU PRlNCtPÉ DE VIB. Ifbl
été* heureux en inventant la faculté motrice, car là, plus que partout ailleurs, ils ont montré l'inanité de leurs prétentions à l'endroit dd la physiologie et les conséquences fâcheuses qui pou^ vaient en résulter pour la psychologie elle-même» En effet, ne connaissant pas l'intervention nécessaire des signes du langage dans les opérations de la pensée, croyant qu'on peut raisonner, vouloir m petio sans le secours de ces signes, ils ont limité Tactioti de la faculté motrice aux organes de translation et à ceux de rappareil extérieur des sens, et ils ont laissé en dehors d'elle les mouvements les plus nombreux, les plus nobles, les plus élevés (les mouvements du langage), pour arriver à cette conclusion inadmissible que la « faculté motrice n'agit sur aucune fkculte. » Il est évident que c'est tout le contraire, et qu'il n'y a pas de fisfcculté qui puisse s'exercer sans le secours de la /beulté motrice, il suffira, pour admettre sans hésiter notre manière de voir, de se rappeler que la faculté motrice (pour parler comme les psychologues) commence par provoquer l'exécution des mouvefiÊenis-'rignes dans l'organe de la voix , et qu'ensuite, lorsque cet acte est reproduit subjectivement, c'est-à-dire à titre de phénomène-mémoire, il constitue indistinctement la pensée, l'imagination, la raison, selon le but qu'on se propose dans cette reproduction. Lorsque Adolphe Gamier dit que u la faculté motrice n'a de pouvoir que sur le corps », il a parfaitement raison ; mais il ne se doutait pas que cette action pût s'étendre aux éléments nerveux et musculaires qui, objectivement ou subjectivement, sont mis en œuvre dans les opérations de la pensée. S'il eût connu cette nécessité, il n'aurait pas présenté la Xaeidté motrice commue une faculté immatérielle existant indépendamment de ses effets, et surtout il n'aurait pas divisé l'âme imnwtéfietk d'une façon compromettante pour son unité.
L'analyse physiologique des phénomènes de la vie ne nous perioet plus aiy^urd'hui de tomber dans une confusion pareille, car nous savons très-bien que les facultés de l'&me, considérées dans leur activité, ne peuvent représenter que des pomàiliiés rnoirieea rendues sens&les à nos sens par l'intermédiaire des mouvements fonctionnels, ce qui revient à dire que les facultés sont représentées par les diverses fonctions cérébro-motrices de nutrition, de reproduction et de relation.
759 PRINaPE DES DÉTERMmAUQNS DE L'HOMME.
Mais, réduites à Fétat de possibilités motrices réalisées, les Ëicaltés de r&me ae sont pas complètes ; évidemment elles renferment quelque chose de plus : elles représentent le sentiment de leur propre existence et le sentiment de leur possibilité. G^ sentiments qui distinguent les facultés de Tâme de toutes les farces connues, par quel mécanisme se développeni-ib? Répondre à cette question, c'est constater une fois de plus la relation har^ monieuse et prévue qui existe entre toutes les parties de l'homme et aussi entre le corps vivant et ce qui n'est pas lui.
En effet, du milieu de la vie organique des tissus s^élèvent des voix nombreuses qui, sous forme de besoins, retentissent dans le centre de perception. Ces voix ne se font jamais entendre en vain, car il n'est pas do besoin qui ne trouve satisfaction dans le fonctionnement d'un organe. Les besoins cependant n'exeitent pas directement l'activité effective des possibilités motrices (facultés de r&me) ; ils réveillent, dans le centre de perception, on nouveau besoin (besoin cérébral de fonctionner) et ce n'est, en définitive, que sous l'influence d'un excitant déterminé que les facultés ou possibilités motrices entrent en activité.
C'est la notion de cet excitant fonctionnel qui nous donne réellement, par l'expérience, la connaissance et le sentiment de nos facultés : nous ne saurions jamais, par exemple, que nous possédons la faculté du langage si les objets impressionnants, en excitant le mouvement fonctionnel dans un sens que le besoin du langage dirige, ne nous fournissaient pas ToccasicMa de former le mot. Quant au besoin du langage, c'est simplement I
un besoin composé du cerveau.
Ainsi donc, toute faculté de l'âme considérée dans rensemble de ses éléments constitutifs représente : l"" le sentiment spécial du besoin qui la sollicite (besoins intrinsèques et composés da cerveau) ; ^ la notion de l'excitant qui lui fournit l'occasion de s'exercer ; 3» les possibilités motrices qui lui donnent une fonne expressive..
Pour peu qu'on y regarde, on s'apercevra* que l'analyse qui précède nous a conduit à constater dans les facultés de l'ftme les mêmes éléments qui concourent à Taccomplissement des fone^ tions cérébro«>motrices de relation. Cela ne doit point nous étonner puisque nous avons démontré plus haut que les faonltés
DE L'INXgUiIâBN€S^ 0E L'AMB El! W. PaiNQtfE DE VIE. IffQ
de rftme ne peuvent être autre chose qae les diverses fonctions Qérébro-motrices. C'est ainsi que la vérité physiologique s'impose à nous par toutes les voies et nous force à nous incliner devant elle.
. Mais dans une question aussi grave il ne suffit pas d'indiquer simplement ce que l'on croit être la vérité, il faut affirmer avec un peu plus de développement et dire exactement ce que l'on pense.
. Nous exprimerons donc d'une manière formelle ce que l'on doit entendre touchant les facultés de l'âme. . li'&me est un principe immatériel, distinct de toutes les forces Gonnues par an attribut incomparable : ce principe perçoit ce qui n'est pas lui et il ne se perçoit lui-même qu'en tant qu'il perçoit le résultat de ce gui vient de {iiû
Pour ne pas se méprendre sur notre pensée, il faut que l'on n'oublie pas que l'âme, pour nous, n'est autre chose qpe le principe de vie en acte, dans ses rapports avec la matière cérébrale^ Il est évident qu'on pourrait distinguer ce dernier des autres forces de la nature par chacun des actes spéciaux qui le rendent manifeste dans les' divers organes : la vie agiêêante^ ou autrement dit le principe de vie en acte, transforme le sang en bile, en salive, en fibres contractiles, le sang noir en sang rouge, le mou-* vament impreasionnenr en perception ; dans tous ces actes le principe vital se distingue de toutes les forces connues par le même caractère : la vie.
Si dans le cerveau il se manifeste à nous avec des attributs plus nobles, plus élevés, ce n'est pas qu'il soit autre qu'il n'est dans le foie, dans les poumons : non certes, le principe est le même ; mais, de son union avec les cellules cérébrales, il résulte ;mi phénomène, U perceptien^ qui est le point de départ des actes les plus merveilleux, car c'est dans ces actes que nous trouvons Tâme. L'âme, en effet, est un acte qui se perçoit hii-môme, qui se sent en acte.
Comme la perception est un phénomène sans analogue, on apprécie mal cet attribut ; on se fait difficilement à l'idée que pereevùir et agir sont inséparables; cependant, alors môme qu'après une impression sentie le principe de vie ne provoque aucun mouvement appréciable, il agit^ et il agit d'autant mieux et plus
fort qu'il agit contre le cours naturel des choses, en empêchant la perception y ou plutôt l'impulsion qui résulte de la perception^ de se traduire au dehors par un mouvement sensible.
Sentir et agir, telles sont les facultés fondamentales de l'Aman et ces facultés sont si bien unies l'une à l'autre, qu'elles représentent, en définitive, une unité indissoluble*
Toutes les manifestations du principe de vie aiitres ipie la sensibilité active et passive sont des manifestations secondaires, dépendant de la sensibilité servie par une organisation préétablie ou par un mécanisme organique prévu, toujours le môme.
La^némoire, par exemple» qui dans toutes les psjidiologieB est considérée comme une faculté fondamentMe de râms n^tiBi qu'ime manifestation secondaire résultant : 1^ du phénomène vùûl de la perception se développant daivs les couches optiques, sons une influence actuelle provenant du dehors, du corps Itii-môme oa de la périphérie corticale du cerveau ; 2® du phénomène-répétitiom caractérisé par le mouvement spécial des cellules de la péri* phérie corticale du cerveau. Ge phénomène^répétitian est ainsi appelé parce qu'il est constitué par le mouvement spécial qui se développa jadis dans une cellule corticale sous l'influence d'une impression sentie. Grâce à l'union de ces cellules avec les couches optiques, toutes les fois qu'elles sont le siège du mouvement spécial correspondant à une impression sentie jadis, le centre des couches optiques est réveillé et il perçoit de nouveau de la même façon qu'il perçut autrefois. C'est une des conditions da souvenir (1).
Cet exemple nous montre non-seulement comment on pool concevoir la mémoire, phénomène jusqu'ici inexpliqué, mais aussi à quel titre il faut admettre la mémoire parmi les facultés de l'âme. Evidemment la matière joue un toop grand r6te dans ce phénomène pour qu'on puisse songer à en faire une faculté fondamentale et surtout une faculté purement immatérielle.
Le môme raisonnement que l'on vient de suivre au sujet de la mémoire est applicable à toutes les autres facultés prétendues
fondamentales et immatérielles : la volonté, l'inteUi^nœ, ri&- «lination, etc., etc., ne sont que des manifestations secon-
(1) Voir, pour Ica autres conditions, le chapitre consMré )kk mé/ooln*
DE L'mTKLLïGEKCE, DE L*AME ET DU PRINCIPE DE VIE. 761
daires da principe de vie uni à la matière cérébrale. On n'a qu'à observer la distinction, évidente d'elle-même, qui sépare les manifestations résultant de l'organisation (inclination) et celles qui résultent d'un mécanisme organique (pensée, raison » imagtiiation), et l'on aura ainsi une idée parfaitement juste de cette âme libre, responsable, qui se fait elle-même et que nous avons appelée Vâme physiologique (1).
§ m. •« DÉONTOLOaiE NJLTURBLLE.
Tous les sentiments humains, toutes les vérités qui intéressent rbomme sont inscnis dans son organisation, et ce n'est qu'en
(1) Nom n» poavonB pas admettre qu'an principe immatériel puisse âtre at« teint par les causée de destniotion ou simplement par les causes morbides. La matière contingente seule, à notre avis« est passible de ces causes. Lorsque nous voyons les causes les plus diverses et souvent les plus minimes en apparence troubler, anéantir presque toutes nos facultés, nous ne saurions mettre ce trouble sur le compte de VAme, nous l'attribuons aux éléments matériels qui, sous une influence quelconque (&me, poisons, traumatisme) sont altérés et deviennent incapables de prêter un concours convenable aux mouvements de la vie. Nous recommandons aux spiritualistes la lecture d'un livre on ne peut pins inatmotif touchant le ivget qui nous occupe et intitulé : dit Afl^ctUnu nenmMS MyphUitiquBS, par le docteur Léon Gros et E. Lancereaux. Ils trouveront dans ce recueil, le plus sérieux et le plus complet sur la matière, des ob« tenrations très-nombreuses dans lesquelles les facuUët intêttectuêUeSy voire même la faaUté moMoêy sont abolies; le pHneip» ds vk seul subsista au milieu de cet anéantissement général et cependant quelques grammes d'iodure de potassium suffisent pour faire reparaître une à une toutes les facultés perdues. En serait- .11 de même si les facultés étaient immatérielles? Dira-ion qu'elles ont eu la fypbilis et que l'iode les a guéris Y Non certes. On pourrait répondre à cela que riodure de potassium reste impuissant lorsque le principe de vie, le vrai principe immatériel celui-là, vient à disparaître. Un principe, en tant que puissance organique, eii ou n'stlpaa; du moment qu'il est, l'organe le manifeste selon les lois de sa vie propre; du moment que l'organe ne le manifeate pas, il n'est pas et, chose peu consolante, c'est que notre intervention ne peut absolument rien pour conjurer cette fatalité. C'est pourquoi, lorsque nous voyons un organe oomme le cerveau perdre et recouvrer ses prétendues facultés, nous disons que momentanément les éléments matériels qui concourent au mécanisme fonctionnel ont été altérés et que, par ce fait, le principe de vie n'a pas pu manifester tout ce qu'il tient en puissance. On nous objectera peut-être que des M^ganismes iofitirieurs cbes lesquels la vie paraît éteinte peuvent, sous l'inflaenoe de rhumiditéj revenir & la vie. Rien n'est plus Juste; ces organismes sont caractérisés par ce fait même. Ici nous parlons des organismes supérieurs chez lesquels la vie revêt d'autres caractères. Ce sont ces caractères seuls qu'il faut prendre en «onstdération.
76£ PBIMGIPE DBS DÉTBRlIIRATIOlfS DB L'BOMIfB.
remoAtant h lenr véritable origine qu'on peut les contempler dans toute leur simplicité vraie. L'homme n'inv^ente pas pkts ridée de Dieu, de Vkate, du droit, du devoir» qu'il n'iaveate la bile ou la salive : il trouve tout cela en lui, et non pas comme choses qui peuvent ôtre ou n'être pas, mais comme choses qui doivent absolument être ; ce sont des conditions forcées de soa existence et il en subit fatalement , les manifestations. Si parfois on lit mal dans ce livre de la nature, généralement peu lu, c'est que la langue dans laquelle il est écrit n'est pas accessible à ioat le monde et c'est pourquoi nous allons essayer d'en traduire les principaux passages.
L'âme n'est autre chose que le * principe de vie subissant des impressions, les transformant en choses senties, et se donnant une f6rme tangible par l'ensemble des actes qu'il provoque. Par c<mséquent, l'âme est constituée par deux éléments distincts : par on élément passif (perception) et par un élément actif (fonctions cérébro-motrices). Tous les devoirs de l'âme se rattachent soii au premier soit au second de ces éléments.
L'homme ne se meut et n'agit que sous l'influence d'impulsions^ Toutes ces impulsions, sans exception, sont des besoins Cliniques. Connaître ces besoins, leur nombre, leur nature, tel est le premier devoir de l'homme. Par cette connaissance, il arrive à constater qu'il y a des besoins qui le sollicitent à se préoccuper de l'entretien de sa vie et à développer ses facultés par le travail ; d'autres qui l'élèvent vers Dieu ; d'autres enfin qui l'attirent vers la société de ses semblables.
Nous ne sommes pas libres de sentir ou de ne pas sentir l'impulsion des besoins, leur voix se fait entendre fatalement et malgré nous.
La négation de ces voix de la nature est une révolte de l'orgueil de l'homme ; mais il n'est pas d'orgueil insensé, mou!, qui ne trouve un jour son maître dans cette matière m6me d'où il provient.
Les besoins sont donc implacables, nécessaires dans leurs manifestations; cette nécessitéfait pressentir déjà l'obUgation de leur satisfaction.
A tous les besoins, sans exception, corre^ondent .des fonctions destinées à les satisfaire. Connaître ces fonctions, les étudier, les
DE L'IKtii^LLlGÉNCe, tfE L'Ain tt DU PiUNaFB IJE VIE. 763
remplir dans le but pour lequel elles existent, tel est le second âetoir de l'âme. En remplissant ce devoir, l'homme met les besoins de la vie dans les meilleures conditions de satisfaction ; il entretient ses organes en état d'accomplir leur destinée phy* Biologique ; il élève son âme vers une idée créatrice; il commerce avec ses semblables, il agit enfin selon les vues de Dieu.
Dans le but d'assurer, d'une manière intéressée pour Thomme, la satisfaction de tous les besoins, un sentiment de plaisir a été attaché à l'exercice de toute fonction. Ge sentiment joue un grand rôle dans la vie : l'homme qui le recherche en vue do la satisfaction du besoin auquel la fonction correspond, cet homme se conduit selon les lois de la nature ; celui qui recherche le plaisir fonctionnel, non dans le but de satisfaire un besoin mais dans celui de goûter le plaisir, celui-là est vicieux et il agit mal selon la nature, parce qu'il détourne le mouvement fonctionnel du but pour lequel il a été créé ; celui enfln qui, volontiers, fait le sacrifiée du plaisir fonctionnel à Dieu, à ses semblables ou à lui-môme, celui-ci est un homme vertueux.
Connaître tous ses besoins et leur donner satisfaction par les mouvements fonctionnels selon les vues de la nature, c'est-à-dire dans le sens de la vertu et jamais dans le sens du vice, tels sont les devoirs généraux de l'homme considéré dans sa propre individualité*
Il est d'autres devoirs qui proviennent des rapports qui s'établissent peu à peu entre Dieu et Thomme, entre l'homme et ses semblables :
1» D'une manière générale, le mouvement fonctionnel développe en nous le sentiment agréable qui nous fait trouver la vie bonne aux points de vue physique, intellectuel et moral, malgré les misères dont elle est semée. Comme Dieu seul, en nous donnant la vie, a pu y ajouter ce sentiment, c'est à lui que nous devons faire hommage de notre reconnaissance et cette reconnais- -sance nous est imposée comme un devoir. L'homme qui fait le sacrifice complet de ses plaisirs fonctionnels à la Divinité pratique la vertu la plus rare : l'abnégation.
2* Les fonctions de l'individu ne doivent jamais s'accomplit* au détriment des fonctions des autres individus, et cela d'une manière directe ou indirecte. Cette obligation est un devoir ; elle
764 mmStPfi DES DÉTERlIfllATlOKS DB V&mUR: '
devient une yertu quand Thomme dirige Tensemble de sas mouvements fonctionnels dans le sens du dévouement et 4e la charité vis-à-vis de ses semblables.
Il résulte des deux devoirs qfue nous venons de signaler, que le sentiment qui accompagne tout mouvement fonctionnel ne peat être légitimement agréable qu'à la condition d*ètre bon selon las vues de Dieu, et juste selon ce que nous devons & nos sem* blables.
De ce qui précède, et considérant que TAme est oon^tnée, soit par la perception des sentiments de besoin et de devoir, smt par l'ensemble des actes fonctionnels destinés à satisfaire ou i remplir ces derniers, nous pouvons résumer la déontologie naturelle en deux mots :
i» Connaître Torigine et la nature des besoins pour prattqtiM' les devoirs qui découlent de cette connaissance ;
^ Apprécier le but moral des mouvements fonctionnels ; tenir compte de la nature vicieuse ou vertueuse des sentiments qui accompagnent l'exercice fonctionnel , et s'arranger de manière que l'accomplissement de nos fonctions ne s'oppose pas à l'aecomplissement des fonctions des autres individualités dans ce qu'elles ont de naturel et de légitime.
L'analyse physiologique qu'on vient de lire, à peine est-il besoin de le dire, n'a pas la prétention d'empiéter sur les enseignements de la psychologie et de la théologie. Nous n'avons eu d'autre but, en la publiant, que de montrer à nos lecteurs l'orig^e physiologique de certaines notions qui paraissent très-KM)mplexes quand on les considère dans les sphères élevées où on les a maintenues jusqu'à présent. Nous espérons qu'après cette lecture Ie< psychologues eux-mêmes admettront avec nous que le point de départ de toutes ces notions est dans l'homme, et que c'est dans l'homme physiologique, c'est-à-dire l'homme physique et moral tout à la fois, qu'il faut les étudier. D'ailleurs il est aisé de s'assurer qu'en parcourant une voie différente nous sommes arrivé « avec eux à des résultats analogues.
L'âme physiologique, que nous venons de dépeindre, est essentiellement libre et responsable. A ces deox attributs, nous pourrions en ajouter un troisième : V égalité j si chacun de nous avait le soin de composer son Ame de la môme façon. Cette égalité ne
DE LimVLUQBMCE, Itt VàUB R DO PUMOm M VIE. 76K
porte que «ir le» inatmiaento qui ont été mis à notre disposition et, aTOUona-le, la justice du Créateur ne pouvait aller plus loin. Le principe de vie est le même pour tous; les instruments soai également les mêmes, quant k leur nombre, et si la qualité de la matière qui les compose subit plus ou moins les modifications qu'entiaînent les maladies et la transmission héréditaire, nous sa* vous que, par l'éducation^ par l'instruction et le travail, la volonté de l'homme peut, jusqu'à un certain point, équilibrer ces inéga* lités de notre nature matérielle* Chacun est libre, en eCEst, de faire son âme telle qu'il l'entend ; chacun est libre d'accumuler en lui les actes intellectuels qui lui permettent de placer son àme au niveau de celle des plus grands génies ; chacun est libre enfin, de régler journellement l'exercice de ses fonctions dans le sens de la vertu, et de manîftre à composer son &me d'actes essentiellement moraux. En un mot, l'homme est l'artisan de son àme, et ceci doit 6tr6 compris dans le sens le plus absolu. Cette àme nait et se développe avec le corps ; elle commence à se connaître et à s'affirmer après que l'enfant s'est donné l'instrument indispensable du langage, et à partir de ce moment jusqu'à la mort, tout acte, toute pensée sont un élément constitutif de l'àme.
Que devient cette àme ainsi constituée, après que la mort a détruit les liens qui l'unissent à la matière ? Dans quel but des milliards d'individus ont*ils été mis au monde, pour laisser comme résultat de leur travail en cette vie un produit intellectuel et moral non justiciable du jugement borné des hommes? Le physiologiste ne saurait répandre à ces questions suprêmes ; sa science se borne à connaître la destiniée immédiate de l'être créé, et tout au plus peut-il| par la connaissance de cette dernière, entrevoir les liens qui unissent la vie de l'homme à une destinée future.
§ IV. — DE L'aME des bêtes.
Après la définition que nous avons donnée de l'àme, nous pour* fions nous dispenser de parler de la question pour le moms étrange de l'àme des bêtes.
Les bêtes n'ont point d'àme, par la raison bien simple que cela seul qui constitue l'àme n'est pas en elles. L'àme, en effet, est quelque chose de conscient, de libre et de raisonnable ; en dehors de ces oonditions, l'àme n'a pas sa raison d'être.
Les aniormux n'ont ni cùnBeienee inttttigente^ ni liberté, ni .car ils ne possèdent pas de notions inielligentesy et ils sont prîrés de langage ; par conséquent, ils n'eût pas d'âme.
Désireux de décider scientifiquement nne question dont la Intion n'était guère possible à l'époque où ils vivaient, et Baffott ont élé conduits à inventer ou à adopter VmttmnùHume des bétes ; mais on voit aisément, en lisant ces grands penseurs» qm cette invention provenait beaucoup plus de leurs sentimwits que ée Ifflir savoir.' Leur science profonde sut voir la vérité, on en Jt la preuve dons plusieurs passages de leu^s écrits ; mais, conmie cette vérité n'était ni démontrable ni démontrée, ito] ne vouluvent pas s'en servir et préférèrent se laisser entraîner par les exigences du système qu'ils avaient adopté : pour avoir le droit de ne pas donner une âme anx bètes, ils intentèrent PmiAimafîjMr des brutes.
G.Leroy, Frédéric Ouvier,Flouren$, n'ayant pas sans douté les mêmes motife d'être systématiques sur cette question, ont écril avec beaucoup de talent et de fmessc sur l'instinct et l'inMli- «gence des animaux. Gomme Deseartes et BufTon, ils ont seûHi qu'il y a une différence immense entre la vie des animaux et celle tie l'homme ; mais cette différence, ils n'ont jamais pu la déflair, tii la formuler catégoriquement, parce qu'ils ne possédaient pas ^es connaissances indi^ensables à la solution de ces questions; its ne connaissaient pas surtout le rôle physiologique et nécessaire de rinstrument-langage, non-seulement dans] les mahifestattons de l'intelligence, mais encore dans les manifestations de ce quê nous appelons conscience Hbre, volonté, raison.
Aujourd'hui, cette formule, cette définition peuvent être rigoor reusement établies ; le lecteur les a d'ailleurs trouvées dans le chapitre consacré au principe des déterminations des animaux.
Les mêmes motifs qui nous ont empêché d'accorder aux ani» maux des passions^ des 91091, des vertus^ ne nous permettent pas de leur accorder une âme. Ces expressions ne peuvent s^appliqner qu'à des phénomènes qui ne se produisent réellement que chet l'iiomme.
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