‹ Physiologie du système nerveux [microform]Chapitre 27 sur 197 · DU CERVELET · texte numérisé non relu

DU CERVELET

fargue, ont donné toujours les mêmes résultats quant au fond ; le seul point sur lequel les expérimentateurs n'ont pas été d'accord porte sur la direction du mouvement rotatoire : c'est ainsi que Longet, contrairement à ce qu'avait vu Magendie, prétendait que ce mouvement avait lieu du côté opposé à la lésion ; mais on a expliqué ces dissidences par les divers entre-croisements des fibres du pont de Yarole, et aujourd'hui tout le monde est d'accord sur les conditions variables des manifestations de cette expérience. Nous ne pouvons pas en dire autant touchant l'interprétation des causes qui lui donnent naissance. Les uns, avec Lafargue, attribuent le mouvement de manège à la paralysie des muscles du côté opposé à la lésion ou, en d'autres termes, à un défaut d'équilibration ; les autres, avec Longet, à la paralysie des muscles de la nuque et de la région cervicale, résultant ellemême de la mutilation nécessaire qui précède l'expérimentation physiologique. Ces opinions n'expliquent rien, il faut bien l'avouer, et nous leur préférons l'hypothèse suivante :

Stilling, Van-Deen, Brown-Sequard, Ludwig, Turck, Claude Bernard, ont constaté, comme nous l'avons déjà dit, qu'après avoir divisé la moitié de la moelle, toutes les parties situées audessous de la section, loin d'être paralysées, étaient le siège d'une sensibilité exagérée. Or ne pourrait-on pas expliquer le mouvement de manège, par hypéresthésie des parties situées au-dessous de la section des pédoncules? Si cela était ainsi, l'animal tournerait sur lui-même pour échapper, par le mouvement des membres non paralysés, à cette perturbation profonde de la sensibilité.

Des généralités qui précèdent sur les fonctions du cervelet, il résulta que les fonctions de cet organe n'ont pas encore été bien déterminées; la seule notion acquise à la science, c'est que le cervelet exerce une influence majeure sur l'exécution de tous les mouvements qui constituent la mécanique naturelle propre à chaque espèce animale : vol, marche, saut, nage, etc. Il n'est pas possible de dire avec Flourens que le cervelet est un organe coordinateur y renfermant un principe de coordination; mais sans crainte de se tromper on peut affirmer qu'il renferme l'ensemble des fibres impressionneuses et motrices qui, par leur action combinée, président à l'exécution de la plupart des mouvements. Les pédoncules cérébelleux représentent les conduits afférents

JOB PROPRIETES PHYSIOLOGIQUES.

et efférents qui font communiquer la matière cérébelleuse, d'un côté avec le cerveau, de Tautre avec le bulbe et la protubérance.

Il nous a été impossible de dégager expérimentalement les propriétés physiologiques de la substance cérébelleuse, mais elles sont implicitement formulées dans les manifestations fonctionnelles dont nous venons de parler. Ces propriétés sont celles que nous avons reconnues à la cellule et à la fibre nerveuse dans les autres régions du système nerveux : V propriété de recevoir et de transmettre d'une manière active le mouvement impressionneur et le mouvement moteur, inhérente aux fibres nerveuses ; ^ propriété de conserver, d'entretenir et de transmettre ces deux mouvements, inhérente à la cellule.

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