‹ Physiologie du système nerveux [microform]Chapitre 38 sur 197 · POSSIBILITÉ D-ÉTABLIR LA PHYSIOLOGIH · texte numérisé non relu

POSSIBILITÉ D-ÉTABLIR LA PHYSIOLOGIH

Téritable nature des rapports qui Unissent le systènle nerteùx au système musculaire.

Le système musculaire est constitué par une trahie organique spéciale, qui a son individualité dans la rie et aussi sa fonction ; et lorsque nous disons que la fibre nerveuse fait contracter là fibre musculaire, il faut entendre par là que le mouvement physiologique des premières a provoqué le mouvement physiologique des secondes. 11 y a ici transformation d'un mouvement datls un autre, de telle façon que, s*il est vrai que toutes les actions qui nous frappent dans le monde physique ne sont qu'une série de transformations d'une même force, de même dans le corps humain, microcosme oii viennent se résumer toutes les combinaisons de la création, les actes physiologiques ne seraieht que la transformation successive d'un même mouvement.

D'après ce qui précède, il existe entre les fonctions du système nerveux et les autres fonctions de la vie une analogie possible, et cette possibilité résulte de ce que les unes et les autres requièrent une trame organique, vivante, spéciale, mise en activité fonctionnelle par un excitant qui agit toujours préalablement sur les nerfs impressionneurs ; mais l'analogie n'est plus possible dès que l'on considère la nature de la fonction d'après son produit spécial : pour les uhs, ce produit ressort de la chiinie; pour les autres, c'est un mouvement mécanique ou moléculaire. Cette distinction capitale ayant échappé à l'école matérialiste , séS adeptes n'ont vu dans le cerveau qu'un organe de la vie végétative élaborant chimiquement les éléments de sa fonction, etjils ont été conduits à ce blasphème scientifique : la pensée est une sécrétion du cerveau. Non, la pensée n'est pas une sécrétion (ce moine doit s'appliquer qu'aux fonctions de la vie de nutrition). La pensée ne dépend ni du phosphore, ni de toute autre substance ; les fonctions cérébrales ont besoin pour s'effectuer d'une trame organique ; cette trame est un instrument particulier qui possède des propriétés organiques spéciales (chimiquement constitué, et physiquement conformé d'une manière particulière). A ce titre, et seulement à ce titre, l'on doit prendre en considération la composition (chimique dés tissus, cAt il n'est pas indifférent que rinsirtlment soit tel et non pas autre ; mais dire que la pensée résulte de cette composition, c'est méconnaître les principes

fondamentaux de la saine physiologie : rinstrumeni est indispensable au développement et à la manifestation de la pensée ; mais il ne la sécrète pas. Dans tous les cas, au point de vue fonctionnel, le cerveau n'est pas un instrument chimique, mais un instrument dynamique.

Avant de passer outre, nous croyons devoir répondre j'dès à présent à une objection qui nous a déjà été posée par les hommes les plus autorisés en cette matière : vous prétendez, disent-ils, faire la physiologie de la pensée et vous ne connaissez pas le rôle physiologique des diverses parties du cerveau dans le fonctionnement de rinteliigcncc. Cette objection n'est que spécieuse : si nous ne perdons pas de vue l'analogie que nous avons établie entre le cerveau et les autres organes, nous verrons que Ton peut très-bien en faire la physiologie, bien qu'on ne connaisse pas le phénomène intime dont il est le siège pendant son fonctionnement.

Les physiologistes assurent qu'ils ont fait la physiologie de l'estomac, celle du foie, des intestins, etc., etc. Est-ce à dire qu'ils expliquent la sécrétion de la bile et du suc gastrique? non certes; leur physiologie se borne à décrire l'organe, h établir que le sang pénètre dans cet organe par des canaux spéciaux et à constater que, après le contact du sang avec les éléments anatomiques de l'organe, le fluide sanguin se trouve transformé en un produit nouveau, dans lequel l'analyse physiologique découvre des propriétés nouvelles. En somme, la physiologie dit bien que le sang, mis en contact avec la trame spéciale des tissus, se trouve transformé; mais elle ne décrit pas le phénomène intime de cette transformation, qui échappe à tous nos moyens d'investigation. Eh bien! ce que l'on a fait jusqu'ici pour le foie, l'estomac, les reins, etc., etc., je prétends qu'on peut le faire pour le cerveau. Ce que l'on ne peut pas faire pour la physiologie des organes de la vie de nutrition, pourquoi exiger qu'on le fasse quand il s'agit de la physiologie du cerveau.

Nous savons très-bien que les impressions reçues par les organes des sens sont transmises au cerveau, comme le sang de la veine porte est transmis au foie; nous savons encore qu'à la suite de cette transmission, il s'opère dans la masse cérébrale un phénomène de transformation dont le mécanisme intime nous

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