POSSIBILITÉ D'ÉTABLIR LA PHYSIOLOGIE. U
échappe, absolument comme celui qui résulte du contact du sang avec les cellules hépatiques; nous savons enfin que le résultat de la transformation des impressions est un mouvement (perception), tandis que le résultat de la transformation du sang par ie foie est un produit chimique appelé bile. Or, de même que nous soumettons ce dernier produit à l'analyse chimique, de même nous pouvons soumettre à l'analyse physiologique les mouvements qui résultent de la transformation des impressions par la masse cérébrale.
Ces considérations fondamentales nous paraissent justifier la légitimité de nos prétentions, lorsque nous désirons aborder la physiologie des fonctions intrinsèques du système nerveux. Cette physiologie est possible, mais il faut se mettre au point de vue où nous nous sommes placé : il faut se pénétrer,' comme nous l'avons fait, de la nature des divers mouvements de la vie, et les analyser selon certaines règles; il faut surtout se pénétrer de cette vérité, que la dynamique moléculaire du tissu nerveux échappera toujours à nos moyens d'investigation directe ; mais qu'on parviendra à s'en faire une idée suffisante en étudiant les conditions qui président à sa mise en activité.
En analysant les effets que produit la dynamique moléculaire, nous arriverons à connaître ce qui est connaissable ici-bas, l'ensemble des phénomènes fonctionnels du système nerveux se manifestant à nous de différentes manières, selon le mouvement spécial que provoque son activité, et aussi selon les instruments qu'elle met en jeu.
Peu importe qu'il règne encore quelque obscurité sur le rôle phjrsiologique de certaines parties du cerveau ; les phénomènes intimes de la vie nous échappent, c'est vrai ; mais si nous découvrions jamais ce mécanisme intime, nous pourrions inventer la vie elle-même. La physiologie n'a pas de ces prétentions; elle borne son ambition à l'étude des phénomènes et à la constatation des transformations incessantes qui s'opèrent dans le corps de l'homme sous l'influence de la vie. Or, dans l'étude de ces transformations ce qu'il nous importe le plus de savoir, ce n'est pas tant le phénomène intime de la transformation, mais bien l'élément physiologique qui va être transformé, afin de mieux apprécier les modifications qu'il aura subies pendant sa transformation,
ED. FOURNIE. •— Syi(. VÊrV, iO
Ces deux conditioni» sont les éléments indispensables de tout problème biologique et leur connaissance précise constitue véritablement la physiologie. Quant au point intermédiaire qui sé> pare ces deux éléments, et qui est le siège du phénomène intime de la transformation organique, c'est l'inconnu, l'immensité, la vie.
En résumé :
l* Toute fonction suppose une cause et'un effet, un excitant et un produit : la cause est l'excitant qui met les organes en activité fonctionnelle par l'intermédiaire obligé des nerfs sensitifs ; le résultat de cette activité est un produit chimique ou un produit dynamique.
2«» Le produit de la vie organique du système nerveux n'est pas une sécrétion, si on donne au mot sécrétion le sens qu'on lui accorde quand on dit que la bile est une sécrétion du foie : le système nerveux est un instrument dynamique, tandis que le foie est un appareil chimique.
3« Le sang est en môme temps l'excitant et l'aliment indispen^ sable de la plupart de nos fonctions.
40 Les impressions de toute nature , quelle que soit leur origine, sont l'excitant et l'aliment indispensable de l'activité cérébrale.
Privé d'impressions, le système nerveux ne peut pas fonctionner. Le mouvement moléculaire transmis aux cellules de la moelle ou du cerveau, à la suite d'une impression, détermine l'activité fonctionnelle de ces deux centres ; le résultat de cette activité est un mouvement moléculaire, qui à son tour détermine le mouvement physiologique des fibres musculaires.
C'est dans l'ensemble de ces derniers mouvements que résident les manifestations sensibles de l'activité nerveuse; c'est dans l'étude du mécanisme de leur production que nous trouverons la solution des problèmes qui concernent l'activité fonctionnelle du système nerveux.
GALL ET LES LOCALISATEURS. i47