GALL ET LES LOGALISATEDRS
siologîques, à une conception rationnelle de la formation de la parole.
Dans la formation de toute sécrétion, de la bile, par exemple, nous avons à considérer trois choses : i'' un aliment spécial ; 2° un tissu spécial; 3* un produit, la bile. Dira-t-on que la bile est produite par un principe coordinateur, régulateur des mouvements chimiques, qui a transformé les éléments du sang en bile? Nous ne le pensons pas. Il est évident qu'il n'y a pas de principe régulateur, coordinateur de la formation de la bile ; à la place de ce principe il y a la vie qui communique aux cellules biliaires la propriété spéciale de retirer du sang les éléments propres à leur entrelien, et, comme conséquence de ce travail nutritif, de donner nai^ sance à la bile. La chimie nous permet d'analyser ce produit ; elle nous permet aussi d'analyser le sang qui a fourni les éléments qui lui ont donné naissance, et nous arrivons ainsi à une notion relative des procédés de la vie. Nous savons que la vie a fait de la chimie vivante dans des conditions déterminées : telle est la vérité, accessible à nos moyens, en ce qui concerne la vie d'un organe sécréteur.
Le principe de vie ne se borne pas à faire de la chimie; si nous l'examinons dans un autre organe, nous verrons aussi qu'il fait la physique vivante ; la contraction du cœur, la circulation du sang dans les vaisseaux sont des phénomènes de la vie qui s'accomplissent d'après les lois de la physique plus ou moins modifiées. Ces phénomènes sont évidemment sous la dépendance du même principe de vie que nous avons vu présider à la formation de la bile, et si dans les deux cas ce principe se manifeste à nous d'une manière différente, c'est que les organes qu'il anime sont id des organes propres à déterminer la formation de la bile, là des organes propres à déterminer la circulation du sang. D'où il suit que, dans l'étude des phénomènes de la vie, il faut tenir compte de deux choses : !• du principe de vie toujours le même ; 2* des organes qui manifestent son existence d'une manière différente, selon leur composition histologique. Assurément le principe de vie, si puissant qu'on le suppose, ne pourrait jamais faire de la bile en agissant sur le cœur, et réciproquement, provoquer des contractions en agissant sur le foie. Dans le ceneau le même principe agit sur une matière qui a
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la propriété de transformer les impressions en sensationsi et cea dernières en mouvements. Du conflit du principe de vie avec la matière nerveuse il résulte une série d'actes qui se distinguent essentiellement de tous les actes accomplis par le même principo dans ses rapports avec les autres organes, et auxquels nous donnons pour ce motif le nom d'actes intelligents. Or la parole fait partie de ces actes intelligents ; parmi eux elle tient la première place ; bien plus, elle prôte son concours à tous les autres et elle est si intimement mêlée à leur accomplissement, qu'on ne peut les comprendre sans elle. Partout dans la masse cérébrale où une impression est reçue et un mouvement provoqué, on est sûr do voir apparaître l'acte parole. Par conséquent nous ne pouvons pas dire que la parole soit un produit — ce serait trop simple — nous devons rechercher le mécanisme et le caractère des actes intelligents ; nous devons analyser les divers phénomènes qui concourent à la formation de la parole, et établir les rapports qui existent entre cette dernière et les actes qui résultent de l'union du principe de vie avec la matière cérébrale. Telle est la conception que l'on doit se faire de la formation du langage, si l'on tient à étudier sérieusement les problèmes do la vie. C'est d'ailleurs d'après ces principes que nous allons exposer plus loin la fonction cérébro^motrice du langage.
Floareut. — L'idée des looalisations cérébrales présentait un tel attrait ; elle paraissait si bien établie d'ailleurs par le talent remarquable de son auteur, qu'elle devait nécessairement porter des fruits, malgré la répugnance qu'elle inspira d'abord aux hommes qui voulurent la soumettre au creuset de leur obser\'ation. Flourens, fidèle descendant de Gall, n'admit pas isolément les créations fantastiques du savant phrénologiste ; mais il localisa en bloc toutes les facultés de l'intelligence, et particulièrement la perception et la volonté, dans les lobes cérébraux ; dans le cervelet il plaça la coordination des mouvements de locomotion, et enfin dans la moelle allongée il établit le principe de coordination des mouvements de conservation, La caractéristique essentielle du talent, remarquable assurément, [de Flourens, provenait de l'ingéniosité, de la finesse et de la délicatesse de l'esprit : nous trouvons l'application de ces qualités précieuses dans l'in*vention de son système ; mais ces qualités ne sont pas toujours