IMPRESSIONS ODORANTES
Les impressions odorantes sont celles qui nous donnent la notion des odeurs ; un nerf spécial, le nerf olfactif, est affecté à ces sortes d'impressions, et lui seul est apte à les recevoir.
L'organe de l'olfaction est constitué par les fosses nasales, admirablement disposées pour présenter aux corps odorants une grande surface. Ces cavités sont divisées en étages superposés par des lamelles osseuses enroulées sur elles-mGmes comme des cornets (de là leur nom), de manière à circonscrire dans un petit espace la plus grande surface possible. Ces lamelles, ainsi que les parois des fosses nasales, sont recouvertes par une muqueuse trèsvasculaire et douée d'une vive sensibilité.
Toutes les parties des fosses nasales ne sont pas également aptes à recevoir les impressions odorantes : les sinus frontaux, qui ne reçoivent pas de filets nerveux du nerf olfactif, paraissent plutôt destinés à emmagasiner l'air odorant qu'à recevoir Timpressiou odorante ; au contraire, la voûte des fosses nasales et les cornets paraissent plus spécialement affectés à recevoir cette im-
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pression. C'est dans ces parties d'ailleurs que le nerf olfactif vient épuiser ses ramifications infinies.
La manière dont les filets nen^eux olfactifs se terminent à la surface de la muqueuse est très-importante à connaître. Selon les uns la couche d'épithélium cylindrique très-vibratile qui la recouvre fournirait des prolongements destinés à s'anastomoser avec les filets nerveux ; selon les autres l'extrémité filiforme du nerf s'interposerait simplement entre les cellules de répithéliunv Dans ces deux hypothèses les objets odorants seraient directement mis en contact avec l'extrémité terminale des nerfs (1). Nous ne saurions accepter cette manière de voir, et nous nous appuyons en cela sur une induction très-légitime. Nulle part en effet les fibres nerveuses ne se trouvent en rapport direct avec les agents extérieurs ; la délicatesse des fonctions ner\'euses repousse ce contact grossier, et c'est pourquoi partout où les filets nerveux sont en rapport avec le monde extérieur, ils s'entourent d'une membrane protectrice. Nous ne voyons pas pourquoi le sens de l'odorat ferait exception à la règle commune et, en attendant que l'histologie nous ait fourni une opinion motivée sur l'état réel des choses, nous préférons admettre que lesfilelsnerveux se terminent dans la muqueuse olfactive, et que, dans ce milieu favorable à la vie et à la fonction des nerfs, ils reçoivent d'une manière médiate l'impression des corps odorants. Si nous ne connaissons pas très-bien l'organe immédiat de l'impression odorante, nous ne sommes pas plus avancés sur la manière dont les corps odorants provoquent l'impression. Pendant longtemps deux opinions furent en présence sur ce sujet : pour les uns les odeurs sont une sorte de mouvement vibratoire des corps, se propageant à la façon d'un fluide impondérable et impressionnant la muqueuse olfactive ; pour les autres les odeurs sont des particules impalpables qui se détachent des corps à la façon des gaz ou des vapeurs. Cette dernière opinion, généralement adoptée aujourd'hui, est aussi la plus vraisemblable. C'est à elle que nous nous rattachons, avec d'autant plus de raison qu'elle nous permet d'appliquer au sens de l'otlorat le mécanisme physiologique de toutes les impressions : contact d'un corps spécial avec le milieu
(J) ViiT.how, p. 207.
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qui renferme les nerfs capables d'entrer en activité fonctionnelle sous l'influence seule de ce contact. Les nerfs de Todorat en effet ne sont sensibles ni au toucher, ni au pincement, ni à Tarrachement; mais un atome impondérable, s'il est odorant, réveille de la manière la plus vive leur activité. Le pourquoi, le comment de cela, nul ne le sait; et, encore une fois, nous devons nous borner h constater le fait et à l'enregistrer : un corps odorant mis en rapport avec les surfaces olfactives réveille l'activité fonctionnelle du nerf olfactif, et cette activité provoquant à son tour celle des cellules cérébrales, il en résulte pour nous une impression d'odeur.
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IUPRESSIONS VISUELLES.
Pas plus que les autres impressions, les impressions visuelles ne sont déterminées directement par le corps impressionnant. Ici encore le mouvement extérieur entre préalablement dans le mouvement organique des tissus, et c'est dans ces conditions et sous cette forme qu'il impressionne le nerf de la vision.
En effet l'œil est un appareil réfringent d'une perfection incomparable, dont le but évident est de concentrer les rayons lumineux et de reproduire exactement l'image des corps éclairés sur un point de la rétine. L'avantage de cet appareil, placé en avant de la membrane qui reçoit les impressions lumineuses, ressort de lui-même : il est évident que si les corps éclairés impressionnaient directement la surface de la rétine sans que leurs rayonnements fussent groupés, distribués, classés par un appareil spécial, les impressions se confondraient, se superposeraient sur tous les points de la membrane rétinienne, et il en résulterait une telle confusion dans la transmission des impressions, que la vision distincte serait impossible.
En second lieu, l'existence de cet appareil emprunte les motifs de son utilité à la nature môme du mouvement de l'objet impressionnant : dans les impressions tactiles, gustatives, odorantes, le contact d'un corps pondérable suffit pour réveiller l'activité fonctionnelle des nerfs ; le nerf optique, lui, est mis en activité fonctionnelle par un agent impondérable que nous ne pouvon^^
ni toucher ni peser et dont nous n'acquerrons la connaissance que par l'intermédiaire du sens qui nous occupe.
Cependant la physique a fécondé les notions simples que nous donne le sens de la vue, et nous sommes arrivés aujourd'hui à connaître, sinon la nature de l'agent lumineux, du moins les conditions de ses manifestations. La première et la plus incontestable de ces conditions, c'est que les phénomènes lumineux sont inséparables de l'idée de mouvement : ce ne sont pas les Corps qui vont au-devant de la lumière, c'est la lumière qui vient à eux et les éclaire de ses rayons.
Le mouvement lumineux est complexe, comme le démontrent certaines expériences, et l'on est arrivé à reconnaître qu'aux différentes couleurs qui composent le spectre solaire correspondent des vitesses de mouvement difTérentes. Il est à peu près démontré aujourd'hui que la sensation des couleurs variées dépend de la durée des vibrations du mouvement lumineux : les vibrations les plus rapides correspondent au bleu et au violet ; les plus lentes, au rouge ; celles d'une vitesse moyenne, au vert et au jaune.
L'appareil de la vision n'est pas seulement un appareil de concentration des rayons lumineux, c'est un appareil de ménagement^ bi je puis m'exprimer ainsi. Avant d'arriver à cette membrane si délicate qu'on appelle la rétine^ le mouvement lumineux perd ce qu'il pourrait avoir d'excessif en passant à travers les milieux de l'œil ; ceux-ci s'emparent de lui et le transmettent selon les lois do la vie organique à la membrane rétinienne.
L'œil est donc tout à la fois un appareil de concentration des rayons lumineux et un appareil organique de transformation du mouvement extérieur en mouvement physiologique.
Les phénomènes intimes de l'impression visuelle nous échappent ici comme ailleure; niais la connaissance plus ou moins complète que nous possédons des éléments qui concourent à l'impression nous donne une idée sufûsante de ces phénomènes : !• transformation du mouvement lumineux par les milieux de l'œil et de la rétine en mouvement physiologique ; 2» mouvement physiologique du nerf optique réveillant l'activité de certains groupes de cellules cérébrales préposés à la perception des images.
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