TRANSMISSION DES IMPRESSIONS
naturelle des tissus ; ce mouvement est insconscient, puisqu'il se confond avec le mouvement physiologique du cerveau lui-même, en tant qu'on le considère exclusivement au point de vue de la vie organique. Mais, si l'impression est le résultat d'un trouble, d'un état anormal des tissus de l'organisme, les mômes fibres qui dans l'état normal étaient incapables de réveiller le centre de perception transmettent l'impression anormale à l'encéphale et réveillent alors le phénomène vital de la perception. On comprend difficilement qu'un mouvement puisse impressionner un mouvement de môme nature , mais il est très-naturel que deux mouvements de nature différente puissent s'impressionner mutuellement* Un mouvement non physiologique peut impressionner le mouvement des cellules encéphaliques, tandis qu'un mouvement physiologique les laissera indifférentes. Nous ne percevons en effet l'accomplissement de nos fonctions que par cette impression tantôt vague, indéterminée, tantôt vive et précise que nous appelons douleur; c'est le cri de nos organes compromis qui se fait entendre jusqu'au moi, pour prévenir ce dernier de la présence d'une cause de trouble et solliciter son expulsion.
La transmission des sensations spéciales ou sensorielles se fait p&r un mécanisme analogue à celui des précédentes : c'est toujours le mouvement physiologique des nerfs provoqué par un agent spécial qui est transmis vers les centres nerveux. Cette transmission se fait en partie double : tandis que certaines fibres vont aboutir directement aux cellules qui sont en rapport avec des fibres motrices destinées à favoriser le jeu des organes des sens, les autres vont aboutir à un centre spécial, et en définitive aux couches optiques.
Tels sont les phénomènes de la transmission des impressions : nous avons pu les suivre d'un côté jusqu'au centre médullaire, de là dans les fibres motrices, et enfin dans les fibres musculaires, où nous avons constaté la manifestation ultime de leur activité ; d'un autre côté nous avons suivi le mquvement improssionnour vers le centre encéphalique, mais nous n'avons pas encore déterminé les caractères de sa transformation dans cette région. Cette transformation constitue la perception de l'impression reçue ; nous nous en occuperons dans le chapitre suivant.
236 FONCTION CÉRÉBRO.MOTIUCE.