IV. Toucher et mouvement
Les muscles jouissent aussi d'un certain degré de sensibilité tactile, qui peut s'accroître beaucoup dans le cas d'affection maladive de leurs nerfs. Celte sensation n'est pas toujours en raison directe de la contraction des muscles, et de là on peut conclure , avec vraisemblance , que ce ne sont pas les mêmes f^Uflt nerveuses qui président au mouvement et au sentiment de ces organes. Ainsi, par exemple, la sensation de crampe dans les muscles du mollet peut être très-vive, et le mouvement extrêmement faible. On observe quel(|uefois la même chose au muscle digastrique de la mâchoire inférieure , pendant le bâillement : lorsqu'on éprouve le besoin de bâiller plusieurs fois de suite , il n'est pas rare qu'après un bâillement très considérable , le ventre antérieur de ce muscle soit pris d'un spasme fort douloureux; mais alors le mouvement du bâillement a cessé, et le mouvement convulsif est beaucoup plus faible qu'il ne l'était quelques momens auparavant.
La sensation de contraction dans les muscles nous permet de comparer leur force quand nous résistons à une pression ou quand nous soulevons des fardeaux. Suivant Weber, la sensation des poids est plus prononcée que celle d une simple pression. Cet écrivain assure que l'on perçoit encore une différence existant entre deux poids , qui ne s'élève pas à plus d'un trentième ou d'un quinzième de l'un deux. Il ne s'agit point ici de l'étendue absolue , mjis seulement de l'éiendue relative de la différence. Au reste, il n'est pas bien certain