‹ Physiologie du système nerveux, ou Recherches et expériences sur les diverses classes d'appareils nerveux, les mouvemens, la voix, la parole, les sens et les facultés intellectuellesChapitre 45 sur 136 · IV. Voix des Reptiles · texte numérisé non relu

IV. Voix des Reptiles

Parmi les Reptiles, le Crocodile , les Grenouilles , les Crapauds et les Pipas doivent être pris en considération sous le rapport de la voix , qui , chez eux , naît dans le larynx , comme celle des Mammifères.

Le larynx du Crocodile possède de très-for^tes cordes vocales , ou lèvres de la glotte , qui ont , au dessous d'elles , un ventricule spacieux , de chaque côté. Elles se trouvent, de chaque côté , sur une bandelette cartilagineuse arquée , dont les extrémités antérieure et postérieure sont fixées en avant et en arrière au pourtour supérieur d'un cartilage annulaire.

(4) Foyez l'explication de la Planche III pour plus de détails sur ces appareils de résonnance .

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Ces lèvres épaisses , quand oa souffle par la trachée-artère , entrent en vibration de la même manière absolument que les cordes vocales de l'homme. Les sons que j'ai obtenus de celte manière sur le larynx de VAlUgator lucius ressemblaient aux sons de fausset de la voix humaine.

Dans la Grenouille mâle , les cordes vocales sont doubles. L'inférieure forme un pli au pourtour extérieur de l'entrée de la bronche dans le larynx. La supérieure est la principale, et fait une forte saillie dans la cavité laryngienne, tendue d'avant en arrière sur le grand cartilage aryiénoïde , qui a la forme d'une coquille. Ce n'est pas un simple pli transversal : la portion élastique du ligament se trouve au bord libre du pli , et forme une plaque avec le bord semi-circulaire supérieur et inférieur. Les faces internes de ces plaques ou ligamens renferment la glotte. Leur pourtour extérieur est uni, par le pli de lu membrane muqueuse, avec la paroi externe du larynx , notamment du cartilage aryténoide. Les mouvemens de ce dernier changent la position des ligamens par rapport au courant d'air. La paroi inférieure du pli qui unit les cordes vocales avec la paroi latérale du larynx , est tellement maintenue par un petit frein perpendiculaire , que les cordes ne peuvent pas se porter trop en haut. Quelques espèces de Grenouilles ont dans le ligament vocal un petit cartilage, dont Mayer a donné la figure d'après le Bufo lazarus. C'est une répétition de ce que Savart a observé chez plusieurs Oiseaux chanteurs.

Il m'a été assez facile de tirer des sons aigus et des sons graves des cordes vtxîales de la Grenouille , en soufflant par les orifices inférieurs du larynx. L'air libre même en prOL'uit quelquefois sur le larynx détaché du corps. Les sacs laryngiens des mâles, qui communiquent avec la bouche par de« ouvertures, ne peuvent être gonflés entièrement par l'animal, que quand la bouche et le nez sont fermés. Le croassement ne saurait tenir à cela seulement ; car l'ouverture qui mène

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dans les sacs ne renferme aucune partie qui puisse entrer aisément en vibration par l'insuHlation de ces cavités. Au reste, les sacs laryngiens permettent à la Grenouille mâle de produire sa voix dans le larynx en fermant la bouche et le nez , car Tair qui résonne en passant auprès des cordes vocales peut s'écouler dans leur intérieur. Lorsque nous faisons sortir notre voix avec force en fermant la bouche et bouchant le nez, les joues se gonflent.

L'organe vocal du Pipa mâle présente une anomalie particulière , en ce que les sons y sont produits par des corps solides qui vibrent. La trachée-artère manque, comme chez les Batraciens en général , et les bronches sortent immédiatement du larynx. Celui-ci forme une vaste poche cartilagineuse, décrite par Rudolphi , qui reçoit l'air en devant par la glotte. Dans l'intérieur de cette poche se trouvent deux tiges cartilagineuses, presque aussi longues qu'elle , et dont Mayer a donné la description (1). Ce ne sont pas des battans libres et mobiles, comme celui d'une cloche, car leur extrémité antérieure est fixée par une articulation ; la postérieure , libre, se trouve précisément en face de l'orifice de chaque bronche. Le bord de l'ouverture de la bronche dans la poche présente une languette membraneuse mince , qui est surtout bien prononcée en dehors. Ces tiges agissent comme des languettes en forme de verges , ou comme un diapason,, tandis que les organes vocaux ordinaires des animaux sont membraneux. Lorsqu'on en fixe une par l'une de ses extrémités, et qu'on souffle sur le bord de l'autre bout avec un petit tube , on obtient une espèce de bourdonnement, du moins quand l'expérience réussit. Cependant il faut avoir égard aussi au rebord membraneux qui garnit l'entrée de la glotte, et qui doit pouvoir être mis d'autant plus aisément en vibration que les tiges bou-

(1) Nov. act. nat, cur,, XII, P. II, p.. 541. Foyez aussi l'explication de la Flanche IL

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chent pariiellement l'orifice des bronches. La mise en vibration de ces liges par leur extrémité antérieure , là où elles bornent la glotte par leur bord interne saillant, est possible aussi ; toutefois il n'y a point de cordes vocales sur ce point. Lorsque CagniarJ-Latour me fit voir plusieurs insirumens producteurs de son qu'il avait imaginés, j'en aperçus un dans le nombre qui me frappa sur-le-champ par son analtjgie avec l'organe vocal du Pipa. Il consiste en un tube dont l'un des bouts est fermé par une plaque dans laquelle se trouve une fente. L'intérieur du tube renferme une petite languette métallique fixée sur une traverse , et dont l'extrémité libre avoisine la fente de la plaque. On fait vibrer la languette en soufflant par la fente. Cet appareil n'exige pas de plus amples explications.

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