‹ Physiologie du système nerveux, ou Recherches et expériences sur les diverses classes d'appareils nerveux, les mouvemens, la voix, la parole, les sens et les facultés intellectuellesChapitre 46 sur 136 · Organe vocal des Oiseaux · texte numérisé non relu

Organe vocal des Oiseaux

Je prendrai pour principal guide , dans l'expositionanatomique , les recherches qui ont été faites par Cuvier et Savart. De nouvelles dissections , surtout depuis celles de Savart, ne pourraient guère conduire qu'à des faits déjà connus.

L'organe vocal des Oiseaux , le larynx inférieur, situé à la bifurcation de la trachée-artère, est, la plupart du temps, indiqué, dès l'extérieur même, par la fusion de plusieurs anneaux de la trachée-artère , constituant ce qu'on appelle le tambour. Le dernier de ces anneaux forme deux saillies, l'une antérieure, l'autre postérieure , dont les sommets se trouvent placés plus bas que la partie externe du bord de l'anneau. Les deux saillies sont , chez la plupart des Oiseaux qui ont de la voix, réunies par une traverse osseuse, qui partage l'orifice inférieur de lu trachée-artère en deux parties auxquelles aboutissent les bronches. Il peut y avoir des plis membraneux tant au pourtour extérieur qu'au pourtour intérieur des ouvertures bronchiales de la trachée-artère. Chez certains

igo DE l VOIX EX DES OKGàNëS

Oiseaux , comme l'Oie , ce qui produit le son est un pli tendu au côté externe du bord inférieur du tambour. En effet, entre l'extrémité de celui-ci et le premier anneau trachéal , la trachée-artère est membraneuse ; cette membrane , dans toute la partie qui s insère au bord inférieur du tambour, est trèstendue , attendu qu'eiie se trouve fortement tirée par les apophyses antérieure et postérieure du bord inférieur du tambour ; plus loin , entre le tambour et le premier anneau de la trachée-artère , elle est lâche. La partie tendue de la membrane à l'extrémité inférieure et au bord externe du tambour, est l'organe vocal de TOie. Même après l'arrachement des bronches , cette portion tendue de la membrane demeure située à l'extrémité inférieure du tambour, et l'on obtient encore des sons en soufflant par le bout supérieur de la trachéeartère. En dedans , cette membrane ne forme qu'une faible saillie, appelée pli ou ligament vocal. Chez l'Oie et plusieurs autres Oiseaux , le bord interne des ouvertures bronchiales de la trachée- artère n'offre point de ligament vocal , point de pli ; mais , d'après les observations de Savart , ce pli , qu'il nomme membrane semi-lunaire, existe chez les Oiseaux chanteurs. Savart l'a trouvé irès-développé dans le Rossignol, la Fauvette , le Serin , la Linotte , le Chardonneret , le Verdier, le Pinson, le Rouge-gorge , le Gorge-bleue, le Pouillot, le Traîne-buisson , l'Ortolan de roseau , le Roitelet , l'Alouette , l'Hirondelle de cheminée , le Rouge-queue , le Tarin, le Daguet , le Troglodyte , le Pinson des Ardennes. Il manque chez le Gros-bec , le Moineau , le Roitelet , THirondelle de fenêtre, celle de rivage , la Soulcie , le Bruant- fou , la Mésange-nonette, etc.

C'est chez les Oiseaux capables d'apprendre à parler, le Corbeau , la Pie , la Corneille , le Geai , rÊlourneau, la Grive , le Merle , qu'il a les plus grandes dimensions. A l'entrée des bronches se trouvent encore , selon Savart, deux cordes vocales , l'une externe , l'autre interne. hQs> trois premiers an"

CHEZ I'hOMME et LES ANïMÀtJX. I9I

neaux des bronclies ont une configuration spéciale. Savart en a décrit très-exactement et figuré les formes. Le long de la face interne du troisième anneau existe , chez les Oiseaux cbantans , un cordon membraneux , formé d'une substance particulière , élastique, à ce qu'il paraît, qui est la lèvre externe de la g'oUe. Le pourtour extérieur des anneaux peut s'élever, s'abaisser, décrire des arcs, notamment le troisième, dont les extrémités servent pour cela de points fixes , en sorte que le cordon ou tendon dont il vient d'être parlé, forme l'axe des mouvemens de chaque cartilage. En dedans , la paroi de la glotte , ou la lèvre interne, est formée, chez les Oiseaux chanteurs, par un petit cartilage (cartilage aryténoïde) , ti par des bourrelets de même substance que celle qu'on trouve à la lèvre externe. Ces bourrelets sont enchâssés dans une paroi membraneuse {membrane tjmpaniforme de Cuvier),qui s'étend depuis les cartilages des bronches jusqu'à la traverse osseuse. Comme celte membrane se continue avec le repli semi-lunaire , celui-ci peut être tendu par elle. La membrane tympaniforme est extrêmement petite chez beaucoup d'Oiseaux , tels que les Canards et les Oies , de sorte que les anneaux des bronches ne tardent pas à être complets ; chez les Oiseaux chanteurs , elle s'étend , d'après Savart , jusqu'aux quatrième et cinquième cartilages des bronches ; c'est chez les Oiseaux susceptibles d'apprendre à parler qu'elle a le plus de longueur et que la paroi interne des bronches est le moins couverte d'anneaux cartilagineux. Des muscles , qui sont propres au larynx inférieur, peuvent attirer le premier cartilage des bronches, et tantôt rapprocher les lèvres de la glotte , tantôt les éloigner Tune de Tauîre. Cuvier partage les Oiseaux en plusieurs classes ;, suivant ie nombre de ces muscles. Chez les uns il n'y a pas de muscles spéciaux du larynx inférieur, et la trachée-artère ne peut qu'être considérablement raccourcie par la traction de haut en bas qu'exercent sur elle les muscles sterno-trachéaux et ypsilo-trachéaux. Les

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Oiseaux qui appartiennent à celte catégorie sont les Oies et les Canards parmi les Palmipèdes , ainsi que les Gallinacés. Parmi les Palmipèdes, les Canards et les Harles ont des dilatations au larynx inférieur, et celui-ci se distend . chez les mâles , ea un gros tambour non symétrique, en partie osseux , en partie membraneux, qui produit évidemment le timbre particulier propre à la voix des individus mâles. Parmi les larynx munis de muscles sf>éciaux , il y a plusieurs groupes. Les Accipiirins, les Foulques , les Râles, les Bécasses, les Chevaliers, les Poules d'eau, les Avocettes, les Mouettes, le Cormoran, le Martin-pêcheur, 1 Engoulevent , le Héron, le Butor, le Coucou, n'ont qu'un seul muscle pour attirer les demi-anneaux cartilagineux vers la trachée-arlère. Tous ces Oiseaux ont une voix peu variée. Il y a cinq paires de muscles chez les Oiseaux chanteurs , et trois muscles seulement dans le Perroquet, sur le larynx duquel j'insisterai.^

La glotte est simple chez les Perroquets , et ne présente pas la traverse médiane qui existe chez les autres Oiseaux. Humboldt avait déjà donné une figure du larynx inférieur du Fsiitacus ararauna. Les parties essentielles de l'organe vocal sont les suivantes : sur les bords latéraux et inférieurs concaves du tympan se trouvent deux cartilages ou os semi-lunaires, dont les sommets sont un peu recourbés chez quelques Perroquets; un autre cartilage semi-circulaire, situé vis-à-vis de celui-là , forme le commencement de la bronche ; entre les deux on aperçoit une membrane qui est tendue dans toute la partie embrassée par le demi-cercle supérieur. La membrane qui réunit le demi-cercle supérieur et l'inférieur, forme un angle saillant en dedans ; les deux angles du côté opposé fermentla glotte. Quand on tire la bronche de bas en haut, l'angle devient plus aigu , et fait plus de saillie en dedans ; et comme les angles des deux côtés se rapprochent, la glotte devient plus étroite. Deux muscles servent à produire ce mouvement de la bronche. Lorsque les deux angles sont aussi rapprochés

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que possible , la glotte se trouve réduite à une fente trèsétroite. La dilatation de la glotte est opérée par un muscle qui tire de dedans en dehors les cadres semi-circulaires supérieurs de la membrane. Ces cadres semi-circulaires supérieurs forment, avec le bord inférieur du larynx , une sorte de fausse articulation , et se meuvent de dehors en dedans et de dedans en dehors, comme deux ventaux ; les membranes tendues dans leur intérieur suivent ce mouvement. Le bord que l'air frappe immédiatement est l'angle compris entre la membrane tendue du ventait demi-circulaire supérieur et la membrane lâche , jusqu'au premier cartilage semi-circulaire bronchial. A la face interne du bord de cet angle, on remarque, chez quelques Perroquets , une bandelette membraneuse , que le vent fait vibrer la première ; après quoi la contraction se communique aux membranes semi-circuulaire supérieure et inférieure qui forment le pli anguleux.

La trachée-artère des Oiseaux forme , avec le bec, le corps de tuyau ajouté au devant du larynx. Elle peut être singulièremeat raccourcie par le rapprochement de ses anneaux , et même par leur emboîtement les uns dans les autres. Les Jrachées-artères de quelques Oiseaux ont plus de longueur que le cou , à cause de leurs flexuosiiés ; telles sont celles du Coq de bruyère, des Pénolopes, des Hérons, Cigognes et Grues, surtout chez les mâles. Chez le Cygne sauvage, la trachée-arière décrit même une circonvolution dans la substance du sternum. Je renvoie à l'ouvrage de Cuvier pour la description particulière de cet organe. Il partage les trachées-artères eu quatre ordres, les cylindriques, les coniques , celles qui ont des lenflumens subits, celles qui se renflent et se rétrécissent par degrés insensibles. Le Héron et le Cormoran ont des trachées coni(|ues , qui s'élargissent peu à peu du côté de la bouche. La trachée est subitement renflée dans le Garrot, la double Macreuse, et aussi le Kamichi, d'après Humboidt. II. i5

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On trouve des renfleraens adoucis dans le genre des Harles et chez les Canards mâles.

Je ne suis entré ici dans les détails dé l'anatomie comparée des organes vocaux, qu'autant qu'il était absolument indispensable de le faire pour Tintelligence de la partie physiologique.

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