I. Voyelles
La situation de la bouche est la même que dans la prononciation à voix basse. Le son se produit dans le larynx , comme il arrive au bruit des voyelles muettes, et le son laryngien est modifié par le canal pharyngien , par le canal oral et par l'ouverture buccale , de manière qu'il en résulte a , e , i , 0 ^ oît , w , oe , ae , et les voyelles nasillardes graves a, ae, 0 , oe. Les diphthongues sont des associations de deux voyelles , et Rudolphi les confond avec les véritables voyelles w, oe , ae. Enfin il faut encore ranger ici Ve muet , qui se rapproche déjà beaucoup des voyelles à voix basse.
Ces voyelles à voix basse ne se rencontrent généralement point dans la parole à voix haute. Il y en a pourtant des traces dans les idiomes slaves, par exemple dans le polonais.
U. Consonnes qui restent muettes dans la parole à haute voix.
1« Explosives , ^, rf, g, et leurs modifications p , ^ , k^ Il ^i
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de toute impossibilité d'unir ces consonnes muettes avec Vintonaiion de la voix. Essaie-t-on de les prononcer à haute voix , rinloiialion vient après elles , et l'on n'a qu'une voyelle unie à i, (i, ^r ou à p, #, k.
2° Continues. La seule consonne continue qui soit absolument muette et incapable de s'unir avec l'intonation de la voix , est Vh. Si l'on tente de la prononcer à haute voix , l'éclat de la voix ne sort pas en même temps qu'elle , mais vient après , et l'aspiration s'éteint aussitôt que l'air produit un son en traversant les cordes vçcales.
m. Consonnes qui , dans la parole à haute voix, peuvent être aussi bien prononcées muettes , c'est-à-dire comme simple bruit , qu'avec intonation de la voix.
Elles appartiennent toutes à la classe des consonnes : /, ch^ $ch^ 8, r, /, 771, 71, ng. Les consonnes avec intonation qui font partie de cette série manquent dans beaucoup d'idiomes. La lanfjue française est celle où l'on en trouve le plus ; elle les exprime tantôt par des lettres particulières , comme le s et le j pour Vs et le sch avec intonation , tantôt par un e muet placé après /, m, ti, r. Un e bref et peu sensible venant après /, w, 71, r, ne remplit pas le même objet , car c'est une intonation simultanée à la prononciation de ces consonnes. Ve muet placé après d'autres lettres ne signifie rien , à moins qu'il ne serve à déterminer avec plus de précision un caractère d'écriture dont on se sert aussi pour peindre d'autres sons ; ainsi ge et che représentent le signe allemand sch , tandis que g suivi d'un a correspond au 7. La langue allemande n'a qu'un seul cas dans lequel elle distingue une consonne avec intonation de sa correspondante muette j c'est celui du 7, qui diffère du y français; car le y allemand est le ch avec intonation, et le y français est le sch avec intonation. Kempelen a très-bien connu plusieurs des consonnes avec intonation; il sait, par exemple , que le y allemand résulte de l'intonation du ch , le
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* français de rintonalion gazouillante de Ys , le j français de Fintonation du sch. Il range également /, m, n, r parmi les consonnes ; mais je ne puis partager son avis. Enfin il regarde b, d, g comme des consonnes avec intonation , tandis qu'elles sont absolument muettes, ainsi que/?, *, A;, qu'il déclare muettes de leur essence. Voici les séries correspondantes des consonnes soutenues , tant muettes qu'avec intonation : Muettes. Avec intonation.
Soutenues nasales.
m m. Dans l'écriture française, une muet
après m , mais sonnant avec lui.
n n. Dans l'écriture française, un e muet
après n , mais sonnant avec lui.
ng. ng. Peut être, à volonté, prononcé
avec intonation.
Les consonnes avec intonation peuvent aussi être formées un moment le nez étant bouché.
Soutenues orales, /et V v.Vf avec intonation sonne comme
un V avec intonation.
X , ch des Allemands ; manque en français, j. Dans le mot allemand ja , si Ton
prononce cha avec intonation, il en résulte y«. La langue polonaise la possède aussi dans le mot ja (je ). On ne le trouve, en français, que dans le cas de VI mouillée.
ich , che en français, j. Dans jamais en français. Prononce-
t-on schamais avec intonation de sch^ on 2i jamais. Les' polonais est le même son avec intonation.
l l. En français , un e muet après 1'/;
mais cet c sonue avec 1'/ et non après ; salie , sable , ville.
iaa DE Là PAROLE.
r r. En français , un e muet après Vr ;
mais cet e sonne avec IV et non * après ; verre.
s z. En prononçant zone^ zèîe^ avec un
« muet, on a sone, sèle; lorsqu'on > entonne légèrement Tj, on produit
zone , zèle. Le z polonais est dans le même cas.
L'emploi qu'on fait des consonnes soutenues muettes et avec intonation varie beaucoup suivant les langues. Les soutenues nasales w, n peuvent très -bien être muettes au commencement des mots, par exemple dans mond, narr^ tandis qu'à la fin elles sont presque toujours avec intonation , surtout lorsqu'elles viennent après d'autres consonnes , comme dans darm. Le ng peut bien être formé muet, et il est irès-prononcé dans magnus prononcé à voix basse; mais, dans la parole à haute voix , il est toujours un peu entonné.
Les soutenues orales r et / peuvent être complètement muettes au commencement des mois allemands, comme dans rand^ land. A la fin des mots, elles peuvent Têtre aussi , comme dans war ; mais elles sont la plupart du temps entonnées, même en allemand , où il n'y a point d'e muet qui indique l'intonation. Il peut arriver que des voyelles entières disparaissent entre des consonnes, quand on entonne celles-ci : ainsi mer pour mir, en allemand , n'est qu'une association d'un m et d'un r tous deux avec intonation , ou même d'un m muet et d'un r entonné. L'intonation de Yr peut, au reste , se rapprocher soit de Tw, soit de Vi. Un r absolument muet se rencontre quelquefois dans les langues slaves , comme dans le mot piotr en polonais. VI muet se voit aussi dans la langue polonaise , après d'autres consonnes , par exemple dans les mots kladl^ szbladl, szedl ; mais beaucoup de personnes ne le prononcent pas du tout.
L'intonation est parfois cherchée avec affectation, comme
lorsqu'on interpelle quelqu'un avec colère en lui disant Mon-
sieur... r!
Le X ^^ ^^ mviGt est propre à beaucoup de langues , de même que le x entonné ou / allemand. La langue allemande a le sch muet , et la langue française le sch entonné , ou le y français. Vs entonné , ou le ^ , est propre au français. On voit que la langue française se distingue par le nombre des sons entonnés. La langue allemande a peu de consonnes entonnées; elle ne possède que le 7 ou x entonné, l'r, 17 et r/';mais le français et les idiomes slaves , malgré leur grande diversité sous d'autres rapports , ont des consonnes dont l'intonation est plus prononcée ; ainsi , on trouve dans le français et le polonais Vs entonné ou ;s , le sch entonné ouy français , et même dans le polonais le x entonné, ou le 7 allemand. La langue française n'a pas le x t^^^^ \ on n'y trouve des traces du X entonné que dans Yl mouillé, qui n'est autre chose qu'un l entonné avec un x entonné.
Co qui caractérise la langue française , c'est le fréquent usage qu'elle fait des sons nasaux w, n, ng^ et surtout cette autre particularité qu'elle ne les unit qu'à des voyelles nasales a , o , ^ , leurs associations plus sonores avec «, i, ou lui manquant tout-à-fait. Dans les langues allemande et anglaise, toutes les voyelles se joignent à la consonne nasale ng : ang ^ eng, ing, ong.^ ung. Alors même que les Français écrivent em , in^, ils substituent, dans la prononciation, d'autres voyelles à celles de l'écriture , comme dans les mots empereur et singulier. De cet emploi restreint des sons nasaux possibles , qui oblige de multiplier l'usage de certains d'entre eux et leur association avec les voyelles nasales a, œ, 0^ résulte une sorte de monotonie nasale, tandis que la langue française se distingue si avantageusement sous d'autres rapports, notamment par l'abondance des consonnes molles entonnées. Ce qui frappe surtout, c'est le grand usage qu'elle fait du sona^^et de ses diverses modifications, dans les mots temps., évidemment., sang ^ etç,